Zoom sur les métiers de l'artisnat
Joël Liénard, artisan du bois : retrouver les gestes d’antan
Installé à Erre depuis l’an 2000, Joël Liénard est un artisan du bois passionné par les techniques anciennes. Après s’être formé en Angleterre, il vit aujourd’hui de sa passion en animant des démonstrations dans les fêtes médiévales au nord de Paris. Aujourd’hui, il cherche des idées pour faire partager plus largement le goût pour les techniques anciennes, dans un esprit développement durable qui amène à prendre conscience des gestes que l’on pose au quotidien.

Oser changer d’orientation
Après un DUT de génie électrique et d’informatique industrielle, Joël travaille dans les travaux publics en Ile-de-France sans s’y épanouir. «J’ai mis deux ans à me décider puis je suis parti en Angleterre pour faire quelque chose de mes mains.» Il apprend le métier de tonnelier, prend des cours de menuiserie pendant 4 ans, découvre les étapes de transformation du bois comme ouvrier forestier, c’est le début d’une passion qui ne fera que grandir. «Mon souhait était de travailler à l’ancienne, avec de vieux outils, voire même avec un biotope que j’entretiendrais moi-même.»
Faire vivre son projet
Aujourd’hui, Joël Liénart n’a pas encore planté la forêt dont il rêve, mais il se procure du bois brut pour faire vivre son projet. Il vit aujourd’hui de la démonstration du travail du bois, seul moyen de faire découvrir au grand public sa passion : «Pour accrocher le badaud, je propose de mettre en scène la fabrication d’une quille. Je pars du rondin brut, je hache, j’équarris, j’arase, je travaille avec un tour qui fonctionne sans moteur avec une énergie 100% développement durable : l’énergie musculaire ! » commente-t-il. Beaucoup de ses « collègues » sont passés au tour électrique. Mais c’est pour Joël une mauvaise idée : «On rend le travail plus facile, mais on n’invente rien ! On savait déjà tout faire à l’époque, il suffit de retrouver les bons gestes,… et les bons outils.» Un obstacle cependant, la difficulté à trouver des outils, que Joël fait faire sur mesure par des forgerons.
Retrouver le goût du travail manuel
«L’objectif de mes animations est bien sûr d’étonner et de distraire le public, mais plus encore de les amener à se poser des questions sur leur mode de vie marqué par le tout technologique. On peut ainsi retrouver le plaisir d’utiliser ses mains pour transformer une matière, c’est à la fois thérapeutique et très agréable ! » De là l’idée de développer les hobbies à partir d’activités manuelles, mais avec une vraie création, « pas du collage de serviettes ! », se défend Joël. Ce serait une façon de contribuer à la préservation de savoir faire ancestraux… Ils ne sont qu’une vingtaine en France à faire ce métier, Joël Liénard le regrette. Transmettre les gestes précis, savoir pourquoi fendre une bûche avant de la tourner, comment affûter chaque outil… Des échanges à développer aussi avec les passionnés d’autres régions, en montagne par exemple, pour découvrir d’autres essences de bois. Et pourquoi pas une Fête du bois comme en Angleterre ? En attendant, vous pouvez rencontrer Joël Liénard aux Féron arts de Féron, aux fêtes médiévales de Bellaing ou aux euro médiévales de Condé sur Escaut. Ces fêtes à l’ancienne montrent que les badauds sont toujours friands du Moyen Age, cette période où, d’après Joël, « on utilisait ses bras et sa tête ! »
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