Des centres de réinsertion pour les enfants et les adolescents, ex-soldats, du Congo
(Anzin) Zoom sur l’association “Mains Tendues”
Enrôlés de force par les milices lors de la dernière guerre civile au Congo, des enfants et des adolescents se sont retrouvés, après la fin de la guerre, désœuvrés, sans formation et sans travail. “Mains Tendues”, une association d’Anzin, travaille pour la réinsertion de ces enfants en construisant des centres d’apprentissage.

Beaucoup d’enfants, y compris des filles, ont été laissés à l’abandon après le retour d’une paix, jugée encore fragile, au Congo. Ces enfants de 8 à 14 ans ont été contraints par des milices de tuer, de piller et de se prostituer. La région du Nord-Est, dont la capitale est Goma, est particulièrement concernée par ce drame humain. Des centaines d’enfants sont forcés à l’errance après avoir passé des mois, voire des années loin de leurs familles, sans aucune scolarisation et dans des conditions difficiles. Le chemin du retour vers une vie normale est long et nécessite un accompagnement. Suzanne Kielo, présidente de l’association Mains Tendues, le reconnait, «les enfants se sont tellement endurcis par la guerre ; ils ne peuvent pas rester dans leurs familles ou aller à l’école. Si on est là c’est pour éviter qu’ils tombent dans le banditisme». Créée en 2002, l’année de la fin des hostilités, “Mains Tendues” dirigée, par une congolaise ayant fui la guerre, tente d’apporter un soutien à ces enfants. Son action consiste à récolter des fonds et du matériel : des livres, des ordinateurs et des machines de menuiseries pour construire des centres de réinsertion. Le but final étant d’offrir une chance à ces enfants pour apprendre un métier et suivre une scolarité.
Une demande d’urgence
Les enfants soldats constituent un sujet très urgent que ce soit pour le gouvernement congolais ou pour les ONG. Plusieurs organisations internationales œuvrent sur le terrain afin de permettre une démobilisation de ces enfants et un retour, sans heurts, au sein de leurs familles. L’UNICEF a mis en place des centres qui offrent des soins médicaux et un suivi psychologique. De son côté, le gouvernement congolais à pris nombre de mesures dans ce sens ; il a notamment signé une convention sur les droits de l’enfant et lancé une campagne en 2001 pour la fin de l’utilisation des enfants pour des finalités militaires. “Mains Tendues” s’inscrit dans cette prise de conscience et compte avec ses propres moyens apporter une contribution si attendue.
Un gospel pour la cause
Les moyens d’action de l’association sont multiples. Ils sont d’abord humains, l’association compte sur le volontarisme de ses bénévoles et le soutien de plusieurs personnes à travers des dons. Elle dispose d’un mandat des autorités locales, ceux de la région du Nord-Kivu, pour récolter des fonds à travers des manifestations.
Mohamed Bedraoui




















