Dédicaces en série pour Alain Bocquet
Alain Bocquet : l’ami, le camarade
Il n’en finit plus de dédicacer. Alain Bocquet sillonne le Nord pour rencontrer son lectorat. Dernièrement, il est passé par Marly où l’attendaient son ami de 45 ans, Fabien Thiémé et une salle comble venue pour rendre hommage à l’homme, à son parcours et à Delphine Watiez, coauteur de « Un Marx et ça repart ! »

« Quel plaisir et quel honneur que de pouvoir recevoir ici même, à Marly, en tant que maire, l’ami, le camarade de 45 années de combat pour un monde meilleur, de justice et de paix. » C’est par ces mots que Fabien Thiémé a accueilli Alain Bocquet à la mairie de Marly. La salle silencieuse, c’est soudain mise à rire lorsque (lapsus révélateur ?) Fabien Thiémé a présenté son camarade : « Alain siège à l’Assemblée nationale, il est maire de Saint-Amand et président de l’agglo Valenciennes Métropole… » Rires dans la salle, Alain Bocquet sourit et intervient « pas encore ! ». Fabien Thiémé enchérit, « nous allons regrouper les communautés d’agglo et tu seras à la tête » le public applaudit.
Viennent ensuite les souvenirs des bons moments et des luttes communes aux deux élus. « Notre première rencontre a eu lieu à Fresnes-sur-Escaut avec Marie-Claude, Lucien, deux de mes frères et sœurs, mes parents et à l’époque ça se passait autour d’un petit blanc d’Alsace. Que de souvenirs nous unissent ! Mai 67 et cette grande manifestation à Valenciennes pour faire avancer les droits de la jeunesse. Les grèves de 68 auprès des lycéens et des étudiants. Le combat pour la libération de Nelson Mandela et la réception qui a suivi celle-ci à l’Assemblée nationale où nous étions ensemble le 7 juin 1990. Que de combats nous avons menés pour la formation des jeunes, l’emploi dans les mines, la sidérurgie et le textile. » « Alain a bénéficié d’une grande école : Gustave Ansart, Arthur Musmeaux, Georges Bustin, Henri Fievet, Gaston Poulain… pourquoi ne pas le retrouver candidat aux élections présidentielles de 2012 ? » Lança Fabien Thiémé.
Delphine Watiez et Alain Bocquet sont ensuite revenus sur l’écriture du livre, un pavé de 500 pages qui, faute d’être une autobiographie ni même une hagiographie, retrace à grands coups d’anecdotes et de témoignages le parcours du maire de Saint-Amand-les-Eaux. Partant du temps où le PCF comptait pour le Nord plus de 30 000 adhérents, où « Liberté » le quotidien des fédérations du Nord/Pas-de-Calais tirait à 100 000 exemplaires. À un moment de sa vie, Alain fut même pressenti pour remplacer Georges Marchais à la tête du parti communiste en 1994 (la femme de Georges Marchais témoigne dans le livre). Et si le déclin entamé n’a pas pu être enrayé, Alain Bocquet n’aura rien à se reprocher. À la lecture du livre, dont il affectionne le titre « Un Marx et ça repart », on prend toute la mesure du travail de partisan accompli par l’Homme. Aujourd’hui, il reste le dernier président d’un groupe communiste à l’Assemblée. Le parti communiste n’a récolté que 3% des voix aux dernières élections présidentielles, mais Alain veut y croire encore. Car plus qu’un parti, le communisme est une philosophie de vie.
Alain Bocquet prend la parole pour remercier son ami et le public, puis il répond aux questions : « oui, je pense que le marxisme est l’issue à ce monde qui court au chaos. Marx est tendance aujourd’hui, car on se rend bien compte que le capitalisme ne pourra pas répondre aux grands problèmes humains de demain. Il est temps de dépasser le capitalisme pour construire une société plus juste plus humaine. Je me suis battu, j’ai fait des choix et bien, chers camarades, les choix de ma jeunesse étaient les bons, j’en suis convaincu ! Le communisme, c’est construire le bonheur commun et jusqu’à mon dernier souffle je lutterai. »
Une soirée qui, à n’en pas douter, a regonflé le moral des troupes.
« Un Marx et ça repart » d’Alain Bocquet est édité aux Éditions Le Cherche Midi. Prix 19€ TTC.
Antoine Lukaszewski




















