Le souvenir est nécessaire
Inauguration du square Préfet Claude Erignac
Jeudi dernier le square face à la sous-préfecture a été inauguré en présence de Mme Erignac. Le conseil municipal a décidé par délibération du 25 septembre 2008 de donner le nom du préfet Claude Erignac au square, répondant ainsi à la demande de Marc Burg, sous-préfet. Homme de culture, de conviction et de foi, Claude Erignac a été assassiné en février 1998 à Ajaccio, il était dévoué à l’intérêt de la France.

Un hommage unanime
Autour de Mme Erignac, il y avait le maire de Valenciennes Dominique Riquet, le préfet de région Jean-Michel Bérard et le sous-préfet Marc Burg. Le recueillement était profond dans l’assemblée. Les élèves de CM2 de l’école Cariot ont chanté “il faudra leur dire” de Francis Cabrel et “la croisade des enfants” de Jacques Higelin. Les élèves ont également déposé une rose blanche devant le panneau commémoratif. Une fois le protocole terminé, Mme Erignac a eu un petit mot pour tout le monde : les enfants, les porte-drapeaux, les gendarmes, militaires et policiers.
Continuer à servir la France
Les discours furent prononcés à l’hôtel de ville. Dominique Riquet a souligné trois choses « le hasard du calendrier, lendemain du 11 novembre et de ceux qui sont tombés pour la France. Il y a plusieurs manières de tomber. Le Nord Pas de Calais est particulièrement attaché à la défense des valeurs de la République. Je suis très sensible à votre présence ici avec nous. Le temps qui passe n’efface rien. Je suis fier que nous puissions devant la maison du préfet évoquer la mémoire de votre mari. Il a été foudroyé dans sa mission ».
Marc Burg a ensuite fait « une entorse au protocole » prenant la parole alors que le préfet était présent. Directeur de cabinet du préfet de Corse de 1995 à 1997, Marc Burg est à l’initiative de ce square. « Ce qui m’émeut le plus c’est de voir la plaque, mon ancien patron est mort assassiné ». Les deux hommes se connaissaient bien et Marc Burg n’est pas avare d’anecdotes. « Il était attentif à ses collaborateurs et leur offrait un petit cadeau à Noël ». Désormais il soutient l’association Claude Erignac avec «la détermination d’être toujours à vos côtés ».
Jean-Michel Bérard a déclaré sa «profonde estime et attachement à Claude Erignac qui était une référence et un ami ». Le préfet de région a mis en avant « le grand serviteur de l’Etat. Il a assuré avec courage la fonction. Servir la France est un devoir lourd ».
Mme Erignac s’exprima enfin avec parfois quelques trémolos, signes de son émotion. Elle et son mari sont attachés au Nord. Il avait partagé la vie des Avesnois, lors de ses fonctions de sous-préfet de 1978 à 1981. « Claude était curieux, c’était un homme drôle, plein d’humour. Il détestait la violence. On lui a arraché la vie lâchement». Elle décrit ensuite son combat avec ses enfants pour que justice soit faite. « Justice Claude t’a été rendue. Je suis là pour mon époux, préfet de la République ». Elle termina par une citation que Claude Erignac avait dans son carnet de notes « oublier un crime est un crime ».
Anne Seigner




















