Maison de l’emploi de Valenciennes
12 minutes pour convaincre, le job dating pour les seniors
Jeudi matin, au musée des Beaux-Arts de Valenciennes, des hommes et des femmes sont dans l’attente de leur entretien. Malgré leur expérience, la tension est palpable. Ils ont en effet douze minutes pour convaincre le recruteur. 30 candidats se sont présentés pour 24 offres émanant de 13 entreprises des secteurs de l’industrie, des services à la personne, du commerce, de l’assurance et du transport.

Un coup de pouce pour les demandeurs d’emploi
A leur arrivée, les candidats sont chouchoutés par le personnel de la Maison de l’Emploi, reconnaissable par leur veste rouge. L’accueil est soigné : sourires, café et même des croissants. L’appel est fait et sans surprise tout le monde est là. Trouver un travail, c’est difficile, ça l’est encore plus après 50 ans. Jean-Jacques est un licencié économique. Ce commercial est sur le marché du travail depuis neuf mois. « Moyennement stressé », il a bien conscience de l’enjeu, « savoir se vendre en douze minutes, ce n’est pas évident ». Il n’a pas d’avis favorable ou défavorable sur la formule en elle-même, son objectif est de « retrouver un emploi ». Les douze minutes se sont écoulées, une cloche retentit. L’entretien s’est bien passé. Après avoir eu les détails sur le poste à pourvoir, Jean-Jacques sait que ce poste « diverge un peu » de son poste précédent, mais la motivation reste intacte, « je prendrai ce que je trouverai ». Marie, aide-soignante, souligne la « très bonne initiative ». Quant à Christine, auxiliaire puéricultrice, elle a bien l’intention de saisir sa chance. « C’est une opportunité, je n’ai rien à perdre ». Face aux demandeurs d’emplois, un représentant de l’entreprise qui est également gagnant en participant à cette matinée d’entretiens. Pour Grégory Meunier, responsable de secteur de la société L’Ucie Services, « ça nous convient, nous sommes toujours en recherche de personnel ». Le profil recherché est « une aide à domicile diplômée, avec un véhicule et de l’expérience ». Ça tombe bien tous les candidats en ont ! Malade un chef d’entreprise a du renoncer à se déplacer, Henri sur la liste des sélectionnés est déçu. Au chômage depuis 2006, ce cadre comptait sur ce rendez-vous. Des étudiantes de l’IAE étaient là pour échanger sur les conflits au sein des entreprises dus à l’écart intergénérationnel. D’autres de l’Université étaient là pour observer, elles envisagent d’organiser un job dating pour les étudiants.
Un solide partenariat
La Maison de l’Emploi de Valenciennes organise pour la deuxième fois ce job dating car la première édition fut un succès. « 29% des candidats ont accédé à un emploi après deux heures d’entretien » s’enthousiasme, Alice Ferraï, responsable du Pôle Entreprise et Formation. L’opération est innovante en elle-même mais le lieu du déroulement l’est aussi. En effet Emmanuelle Delapierre, conservatrice du musée des Beaux-Arts, a ouvert les portes du musée. Non seulement les entretiens ont eu lieu dans les ateliers mais les candidats ont également pu visiter ce lieu culturel qui accueille en ce moment l’exposition sur Jean-Baptiste Vanmour. D’autres partenaires se sont mobilisés : Pôle Emploi, le MEDEF du Valenciennois, l’UIMM Valenciennois et le Relais Malakoff. Afin d’optimiser l’opération, le Relais Malakoff a préparé les chefs d’entreprises et les demandeurs d’emploi en simulant des entretiens. Les candidats ont été proposés par le PLIE de Valenciennes, Pôle Emploi, le CTP et Pôle Position. La Maison de l’Emploi avait déjà fait une première sélection sur CV puis par entretien individuel pour valider l’ensemble des pré-requis souhaité par l’entreprise. Seuls les candidats correspondants aux profils recherchés ont été présentés.
Anne Seigner




















