Le projet de stade Nungesser 2 sur les rails
Nouveau projet Nungesser : les questions et les réponses
Depuis mercredi 24 février et jusqu’au 27 mars, une nouvelle enquête publique est ouverte avec pour objectif un redémarrage des travaux en mai prochain. Il est donc possible aux pro- stade et aux opposants d’aller consigner leurs remarques dans des registres aux heures d’ouverture des 35 mairies de la communauté d’agglomération. Mercredi soir se tenait d’ailleurs la première réunion de concertation.

Dans le chapiteau VIP du stade Nungesser 1, il n’y avait plus une place libre. La foule des grands jours, supporters, cafetiers, riverains, acteurs du projet avaient fait le déplacement pour cette première rencontre. La réunion a débuté par une présentation de la procédure. Quatre commissaires enquêteurs nommés par le Tribunal Administratif vont recevoir les doléances de la population de la communauté d’agglomération. Trente cinq registres déposés dans les 35 communes de Valenciennes Métropoles peuvent dès aujourd’hui être remplis aux heures d’ouverture des mairies. Une fois l’enquête close (le 27 mars), les commissaires délibèreront en vue de donner leur avis motivé à l’issue de l’enquête publique. Le projet et la procédure peuvent être consultés sur le site Internet de Valenciennes Métropole.
Vint ensuite le tour des maîtres d’œuvres qui ont commenté les modifications apportées au projet initial. Comme tout le monde s’y attendait, la configuration spectacle était abandonnée. Interrogés à la sortie de la réunion, des supporters ne perdent pourtant pas espoir d’assister à des concerts dans le futur stade. « Lors d’une réunion de concertation, Monsieur le maire, Dominique Riquet avait expliqué qu’il suffisait qu’il prenne un arrêté à chaque fois qu’il souhaitait organiser un spectacle ».
D’autre part, une enveloppe dont le montant pourrait approcher 3 millions d’euros devrait servir à aider les riverains dont les maisons se trouvent dans un certain périmètre à isoler leurs fenêtres. D’un point de vue technique, un système de micros de surveillance des décibels sera installé dans le stade et autour de celui-ci, un peu comme c’est le cas autour des aéroports. Dans la même lignée, le stade sera revêtu d’une couverture multi-peaux pour assurer isolation et absorption acoustiques, des enceintes seront également prévues pour envoyer le son vers la partie basse du stade.
La troisième partie de la réunion fut plus animée. La parole fut donnée au public. C’est Michel Vermeersch, porte parole de l’association Citoyens à Nungesser qui prit le premier la parole pour rappeler que les riverains ont toujours dit que le stade n’avait pas sa place à cet endroit. Monsieur Vermeersch déclare : « Votre aide financière, c’est un artifice ! Nos maisons seront de toute façon à moins de 25m de l’enceinte, le code de la santé publique ne sera toujours pas respecté, de plus vous détruisez notre environnement. Nous n’avons plus de soleil dans nos maisons, à la place du ciel bleu, nous ne voyons plus que ferraille et béton ! » Une riveraine montre une photo du stade avec en contrebas sa maison. Un supporter s’écrie « on va vous construire des logements sociaux ! » Le ton monte, les commissaires sont obligés d’appeler au calme.
Le coût du stade fut longuement abordé, Valenciennes Métropole répond : « Le budget est évalué à 75 millions d’euros (il y aura 6 millions de provisions non affectées). Le niveau d’emprunt est de 27 millions, la Région finance 20 millions et Valenciennes Métropole, 27 millions sur fonds propres. Le reste viendra du loyer payé par le VAFC. »
C’est ensuite à la présidente du comité de quartier de prendre la parole : « Les supporters se garent n’importe où, y compris devant les garages des riverains. Il faut les aider à apprendre la politesse ! » Monsieur Marchant qui représentait le maire, Dominique Riquet, retenu par ailleurs, expliqua que de gros efforts avaient été faits par la police municipale et la police nationale mais que des rues avaient pu « passer à travers les mailles du filet ».
Au club des supporters d’Abscon de prendre la parole « Vous n’allez pas nous empêcher de construire un stade parce qu’une fois tous les 15 jours les décibels dépassent un peu les normes ? » Le porte parole des Citoyens à Nungesser prend la parole calmement : « Il existe juste des règles que tout le monde doit respecter et un code de la santé publique ! Une compensation financière n’y fera rien ! »
Un habitant des Jardins de la Rhônelle s’exprime : « En 1995, M. Borloo était favorable à la construction d’un grand stade au Mont Houy ! Depuis que le stade est sorti de terre, je n’ai plus de soleil, je ne vois plus le ciel. Y aura-t-il des dédommagements pour ces nuisances visuelles quotidiennes ? »
A la question portant sur l’avenir de l’ancien stade, Monsieur Marchant a rappelé la promesse faite par le maire de Valenciennes, d’y implanter un « poumon vert ». La question importante de la sécurité a bien évidemment ressurgi « La sécurité sera-t-elle assurée dans l’enceinte ? », demande un riverain ? Ce à quoi il se vit répondre « la commission de sécurité a déjà donné son accord. » Et au riverain d’enchérir « je mets au défi une grande échelle des pompiers d’arriver à atteindre les petites rues autour du stade ! Les soirs de matchs, les voitures se garent des deux côtés et la circulation y est autorisée… »
Un riverain a été applaudi par les supporters lorsqu’il a demandé à Valenciennes Métropole de porter plainte contre le maître d’ouvrage pour obtenir le remboursement des indemnités inhérentes à l’arrêt des travaux. « Ce n’est pas à nous de payer les erreurs des autres ! » Les architectes ont répondu qu’ils se sentaient insultés par cette remarque, qu’ils avaient répondu aux demandes et que le permis de construire avait été délivré.
Si les cafetiers présents venaient soutenir le projet, d’autres commerçants plus inquiets se posaient des questions « les jours de match, l’Avenue de Reims est fermée à 14h ou à 16h. Ma clientèle baisse considérablement. Si le nouveau stade est construit, l’avenue sera-t-elle toujours barrée ? » Réponse de Valenciennes Métropole « oui, c’est une question de sécurité. Mais il semblerait que plus de matchs soient programmés le dimanche la saison prochaine. »
Un riverain de la résidence des Jardins de la Rhônelle prend la parole « en 2001, Monsieur Borloo et en 2004, Monsieur Riquet nous ont garanti qu’aucune voirie ne passerait sous nos fenêtres. Ils nous ont même annoncé une coulée verte. Or, je vois sur le plan qu’une voirie est prévue ! » « Oui, appelons un chat un chat, c’est bien une voirie. Son profil sera discuté en réunion avec les riverains et le mur qui s’y trouve sera reculé », répond un émissaire de Valenciennes Métropole.
La soirée s’est terminée à 21h après que les commissaires ont invité le public à aller consigner ses remarques dans les registres déposés en mairie. Un groupe de supporters attendait les riverains à la sortie pour les raccompagner sous des noms d’oiseaux et les inviter à déménager à la campagne.
Tous les documents relatifs au projet et les modalités concernant l’enquête publique sont disponibles sur le site de Valenciennes Métropole.
Antoine Lukaszewski




















