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Justice 21/04/2010

Aide aux victimes

Le barreau et l’AJAR main dans la main

La maison de l’avocat, située au 21 rue Capron à Valenciennes, organise deux journées de consultations gratuites destinées aux droits des victimes les 28 et 29 Avril. Hervé Delplanque, membre du Conseil de l’Ordre en charge du Droit des Victimes et Sophie Planchon, chef de service de l’aide aux victimes de l’Association Justice Accueil et Réinsertion (AJAR) expliquent les bienfondés de leur collaboration et l’objectif de ces journées.

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Un partenariat interactif

Le barreau de Valenciennes a signé une convention avec l’AJAR le 9 décembre 2009, « c’est une avancée significative dans l’aide apportée aux victimes, c’est un réel partenariat, nous sommes pionniers », se réjouit Hervé Delplanque. Les victimes bénéficient désormais d’un « outil performant ». Toutefois pour parvenir à la signature de cette convention, « l’accouchement a été douloureux. Il y avait une sorte de concurrence entre le barreau et l’AJAR », à cause d’une méconnaissance. « Nous avons eu une réaction corporatiste, on chassait sur nos terres ». Les deux parties ont discuté sans avancer allant jusqu’à la rupture. Le président du tribunal et le procureur de la république ont renoué le dialogue. « On est parti d’un constat double : trop de victimes arrivaient à la barre sans être prêtes et le Service d’Aide aux Victimes qui traitait 1000 victimes par an, en a traité 8000 en 2002 suite à la création du Service d’Aide aux Victimes d’Urgence. Les avocats devaient retrouver la place qu’est la leur à côté des victimes, on est passé de la concurrence à la collaboration ». Pour cela il a fallu définir les rôles de chacun et apprendre à travailler ensemble. D’un côté l’aide et l’assistance du dépôt de plainte jusqu’à la procédure pour les avocats, de l’autre l’aspect accompagnement, information des victimes dans les démarches administratives, sociales ou judiciaires à entreprendre et le soutien psychologique pour le SAV. Le barreau et le SAV sont complémentaires, «la victime n’est plus seule à aucun stade de la procédure, elle a des professionnels autour d’elle ».

Le SAV de Valenciennes est composé d’une équipe pluridisciplinaire de dix membres. Sous l’impulsion de Jean-Louis Borloo, le SAVU est né. « Le but est d’aller vers les victimes », souligne Sophie Planchon. La police, la gendarmerie, l’hôpital, le SAMU et le tribunal font appel au SAVU, qui se déplace sur le lieu des infractions (accident de circulation, mort subite du nourrisson ou violences conjugales). Le SAV tient également une permanence au tribunal de grande instance.
La première mesure appliquée depuis le début de l’année concerne le téléphone portable il permet au SAV de joindre l’avocat de permanence. Une formation psychologique commune sera dispensée aux avocats et aux membres du SAV. Enfin un projet de création de plaquette d’informations commune est en cours.

La crainte de l’honoraire

« Il y a encore des loupés, c’est désagréable, il faut éviter ça ».  Maître Delplanque a un exemple à donner. Une personne, victime d’une arnaque à la véranda, s’est retrouvée seule à la barre parce qu’elle n’avait pas pris de rendez-vous lors de l’ouverture d’instruction et n’avait pas « osé ouvrir les différentes portes ». L’avocat sait que « l’honoraire est une barrière ». Pourtant le SAV accompagne la victime dans les démarches comme remplir un dossier pour une indemnisation : l’aide juridictionnelle, la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions ou le Service d’Aide au Recouvrement en faveur des Victimes d’Infractions.

Informer et briser les tabous

« Les journées d’information gratuites sont pour nous la continuité de ce qu’on a fait en 2009 », explique Hervé Delplanque. « La nouveauté, c’est l’association avec l’AJAR ».
A la maison des avocats, il y aura donc deux avocats et deux personnes de l’AJAR. « C’est une première ».
Les avocats du barreau et les membres du SAV de l’AJAR ont l’intention de faire plus ample connaissance. La matinée du 28 avril sera réservée à la rencontre des professionnels, « pour pouvoir mettre des visages sur des noms », précise Sophie Planchon.
Les objectifs sont « d’offrir une information la plus complète possible et de briser les tabous. N’ayez plus peur, des professionnels sont là pour vous aider ».  L’année dernière, Hervé Delplanque avait été « frappé par la détresse extrême d’une personne. Quand on est victime, ce n’est pas facile de déposer plainte et de raconter son histoire ». 140 personnes avaient consulté, « on a eu l’impression d’être utiles. C’est une grande satisfaction car la permanence n’a pas désempli ».

Consultations gratuites à la maison de l’avocat, le mercredi 28 avril de 14 h à 17 h, et le jeudi 29 avril de 9 h à 12 h, et de 14 h à 16 h. Prendre rendez-vous au 03 27 42 71 44.

Anne Seigner

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