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Justice 13/05/2010

C'est arrivé près de chez vous...

Une loi nouvelle sur l’usurpation d’identité ?

Imaginez-vous allant à la mairie pour obtenir un acte de naissance afin de vous marier et là , on vous affirme que vous l’êtes déjà, mariée !! Seriez-vous schizophrène ? Il y a de quoi se poser la question. Mais non, vous êtes en bonne santé, enfin, jusqu’à maintenant ! Cette expérience presque incroyable, c’est ce qu’a vécu Dalila Bouhezila, il y a 12 ans. Et si les médias s’intéressent à son histoire c’est que Dalila, bien malgré elle, dénonce un vide juridique dans la loi française. C’est que son cas est unique !

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«  Je suis le seul cas recensé en France d’usurpation d’identité avec mention administrative », pour la jeune femme , intéressée par le droit depuis l’adolescence, c’est une raison de plus de mener un « combat » afin que cette mention soit effacée.

Bien sûr, la justice reconnaît que Dalila Bouhézila a été victime d’une usurpation de son identité et il y a eu annulation de ce mariage mais ce que désire Dalila avec ardeur, c’est que cette mention soit effacée : « Je n’ai jamais été mariée, on m’a volé mon identité ! », répète-t-elle. Or, comme l’explique son avocat, Jean Thévénot: «  l’article 99 du code civil ne prévoit pas la suppression des mentions sur un acte de naissance ».

Il faut savoir que depuis l’âge de 29 ans, Dalila qui en a aujourd’hui 41, se bat afin de « récupérer son identité ». Elle en souffre parfois même physiquement et pour cette fille d’ancien Harkis, en faire appel à la loi française, ce n’est pas rien ! « Au début,lorsqu’on m’a dit que j’étais mariée à un égyptien, un homme que je ne connais même pas, je n’y croyais pas, j’avais l’impression de couler à pic, de me noyer. Puis, j’ai porté plainte et j’ai vécu dans la peur: qu’aller faire mon usurpatrice ? S’octroyer des prêts en mon nom et me faire crouler sous les dettes ? Je savais être, par la Police de l’Air et des Frontières, sa troisième victime et je ne dormais plus ! »

Depuis qu’elle a entamé son combat Dalila y a laissé quand-même près d’un an de salaire en frais de justice, ce qui , là non plus, n’est pas rien pour une femme qui vit seule avec sa fille ! Au début, elle décide de poursuivre la mairie de Condé-sur-l’Escaut car c’est là que l’usurpatrice a obtenu l’acte de naissance de Dalila Bouhézila. Mais, on le comprend, «  les relations entre l’administration et les administrés sont présumés de bonne foi » et la demande de Dalila est déboutée. Il y a quelques jours, sa demande d’effacement des mentions en marge de son acte de naissance est à son tour déboutée !
N’empêche, des hommes et des femmes politiques s’intéressent au cas de Dalila ; « Alain Bocquet, Christian Vanesse, Cécile Gallet, Christine Vautrin... » entres autres. Le combat continue « il y a une loi à créer ».
A travers son histoire, Dalila Bouhézila se sent un peu comme une intermédiare, une médiatrice entre la Justice et la Politique pour créer cette loi nouvelle sur l’usurpation d’identité. Et pourquoi pas la nommer Loi Bouhézila...elle sourit, enfin !

Veronique Buisine

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