Portrait de Frédéric Lescieux
(Rétro/Portrait) Défendre les valeurs d’un métier
Depuis le 19 avril dernier, Frédéric Lescieux, pâtissier à Valenciennes et à Raismes, a été élu comme président national de la Confédération des pâtissiers, chocolatiers, glaciers et traiteurs de France. Assurément, une fonction prestigieuse mais surtout essentielle pour défendre des professions dont la qualité constitue la réponse la plus efficace face à une fabrication sans goût, sans vie et sans passion !

Chaque métier est fédéré à travers une confédération nationale. Prendre la tête de ce type de structure n’est pas une démarche anodine “ cet organisme regroupe 5 000 professionnels pour 28 000 salariés. Elle pilote tous les accords de branche sur les volets sociaux et de la formation notamment. C’est un paquebot important avec 12 salariés, un journal réputé, diffusé à 7000 exemplaires, avec une mission de défense de l’artisanat qui ne faiblit pas “, souligne le président.
Un Ch’ti aux commandes
Cette confédération existe depuis 1903 et c’est pourtant le premier président Ch’ti. Une erreur de casting que ce professionnel reconnu du Valenciennois a réparé. Depuis cette date, malgré qu’il soit toujours en activité, il consacre 2 à 3 jours par semaine pour la Confédération. Elu pour un mandat de 4 ans, il s’est donné plusieurs objectifs de taille : Réfléchir à l’avenir de la pâtisserie avec une clientèle dont le comportement de consommation se modifie sans cesse, rester fidèle à la base et proche des professionnels, booster plus encore une formation… “ Je suis très heureux de cette présidence car c’est épanouissant avec des projets importants comme la création d’un salon national du chocolat mais aussi dès animations plus insolites, pour faire découvrir ces métiers, comme notre participation pour le futur “Top Chef en pâtisserie” de M6 dont le casting s’est achevé le 13 juillet dernier “.
Force de proposition
Les projets ne manquent pas et surtout votre voix est entendue lorsque votre groupement incorpore 7 000 apprentis chaque année par exemple, vous avez une légitimité et de facto une écoute ! ” Nous craignons véritablement des remises en cause de certaines exonérations relatives à l’embauche des apprentis dans le budget 2011 du gouvernement “, ajoute le nouvel homme fort de la profession. Même si cette organisation ne pèse pas directement sur la politique. Elle peut jouer son rôle à travers l’UPA qui constitue le bras politique de toutes les confédérations.
Bien sûr, la mission au dessus des autres, au dessus de la mêlée, dépassant toutes les manifestations ou nouvelles réglementations est la défense de la production par l’artisan. “ Nous sommes à l’heure du point chaud. L’ouvrier dans ce type de commerce connaît le temps de cuisson de la boule préparée qu’il a sorti du congélateur et rien de plus...Nous, un jeune découvre à quoi sert 100 gr de farine, il apprend à travailler les bons produits “, explique, furibond, Frédéric Lescieux. Indubitablement, la corde sensible est touchée !
Le président doit incarner la profession et sa vigueur à défendre un métier qui séduit les jeunes, notamment les jeunes femmes en chocolaterie, est sans concession ! Cette grande mission constitue le credo de cette fonction et la planche de salut d’une profession toute entière. Seule le verbe haut et les mains pleines de métier permettront de maintenir un savoir faire dont la planète entière est encore jalouse !
Daniel Carlier
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