Portrait de la directrice du Boulon
Virginie Foucault : passeuse de rêves (r)éveillés
Bienvenue ! Les artistes, à Vieux-Condé, sont particulièrement bienvenus. Circassiens, marionnettistes, acteurs et autres musiciens peuvent passer les portes de la cité et venir s’y installer un jour, un mois, un an…A charge pour eux de « garder les yeux de la population ouverts » et éventuellement d’y accrocher un sourire. Entre les deux, la population et les artistes, il y a le Boulon, fabrique des arts de la rue, avec à sa tête Virginie Foucault. Zoom sur une femme « gourmande de rencontres ».

Elle en a parcouru des milliers de kilomètres avant de venir déposer ses valises, ici, dans le pays de Condé, à peu de distance, finalement d’où elle est née, à Croix. Une grande boucle d’un an à travers les Etats-Unis après une solitaire escapade londonienne. « Un jour, j’ai pris le bus… », dit-elle, et finalement on n’en sait pas beaucoup plus sinon qu’un autre jour, quelques années après, elle s’est retrouvée dans un café de Vieux-Condé postulant face à Georges Bustin, alors maire, et Pierre Lemoine, adjoint, pour un poste de chargée de communication. Ceux-ci vont lui accorder « une belle confiance » .Petit à petit, Vieux-Condé, devient le port d’attache de la jeune femme qui, de par son métier, fit connaissance avec l’âme de la ville : son passé, son histoire ouvrière. A titre bénévole, elle s’investit à l’office culturel qui existe depuis 1981 et qui deviendra l’Espace Boris Vian en 1993 avant d’être le Boulon, la fabrique d’arts que l’on connaît.
Difficile, d’ailleurs, de dissocier Virginie Foucault de cette fabrique peu ordinaire. Sa vie, c’est le Boulon. « J’aime le symbole que porte cette pièce métallique qui assemble, qui relie » et de poser la question « Où sont, aujourd’hui, les espaces de rencontres dans notre société qui prône la consommation et où la télévision s’impose dans les foyers ? » Alors « même si les indicateurs sociaux sont au rouge dans notre ville, je veux que chacun puisse être initié à la culture, à la réflexion. C’est la base de mon engagement. Comment ? En faisant que les espaces publiques deviennent le rendez-vous des artistes. » La directrice du Boulon prend alors sont bâton de pèlerin et part à la rencontres des compagnies d’artistes, face aux institutions elle va défendre des projets artistiques, gérer financièrement les programmations. Le courage ne lui manque pas ; jeune maman, elle a même passé un DESS à l’observatoire de politique culturel de Grenoble. Son mémoire de recherche s’intitule : « De l’ouvrier à l’oeuvrier » Là encore le symbole est présent. Sa récompense, elle la montre sur des photos prises lors des Turbulentes ; ce sont les regards et les sourires du public. Sa phrase résume son combat : « Maudits soient les yeux fermés » Vous pourrez bien être aveugle, vous y entendrez toujours quelques choses…
Veronique Buisine




















