Toujours dans le même quartier dans le centre-ville de Valenciennes en pleine mutation avec la Caserne Vincent revisitée en Résidence Nouvel Art, l’Hôpital Général devenant le Grand Hôtel du Hainaut, et fin 2019 le prochain passage de l’Arsenal va succéder à l’historique Arsenal, retour sur une existence très mouvementée !

Coup de rétro sur l’Arsenal

Comblant une verrue urbaine depuis 2008, le fameux passage de l’Arsenal va relier le futur Grand Hôtel du Hainaut à la Place Général de Gaulle, une voie royale jusqu’à la Place d’Armes. Pourquoi ce nom de galerie a-t-il été choisi ? La réponse est dans l’histoire de cet espace urbain tourmenté.

Durant des siècles, l’Arsenal communal fut situé dans la Tour Saint-Nicolas à Valenciennes, derrière le couvent des Dames de Beaumont, il portait les noms « de la Municion, l’artillerie, le magasin ». Plus près de nous dans le temps, les bâtiments de l’arsenal de Valenciennes datent de 1823, voici la genèse de cet édifice.

Sitôt la prise de la ville par les troupes de Louis XIV (17 mars 1677), Magalotti, le premier gouverneur de la nouvelle conquête, s’occupa de chercher un local pour mettre à l’abri le matériel de guerre que devait avoir la nouvelle garnison (douze bataillons et dix escadrons), et cela en dehors des magasins militaires que pouvait posséder le Magistrat.

En 1698, cet arsenal se trouvait provisoirement rue du Boudinet. Deux ans après, on transportait engins, armes, et munitions dans les bâtisses nouvellement construites au coin de la rue de Piécepain (devenue Percepain), et de la rue de Monsieur le Gouverneur ou de l’Intendance depuis 1717 (dénomination actuelle).

Le local de la rue du Boudinet fut un moment une caserne de cavalerie. Puis, elle fut démolie pour devenir, nombre d’années plus tard, la Place du Boudinet, dite Place Pater, puis Place Hon-Hon en 1897.

Le siège de 1793

Pendant ce siège de 1793 par les Coalisés, l’Arsenal prit feu le 19 juin, au moment où le lieutenant colonel Monestier, le directeur, se faisait sauter la cervelle. Quantité de bombes, de grenades d’obus chargés, de caisses, 14 036 fusils chargés, et beaucoup de matériaux en bois furent la proie des flammes. Quant aux bâtiments, il n’en restait qu’un monceau de ruines dont on n’osait approcher.

Quand tout cela fut déblayé, l’emplacement de l’arsenal devint un jardin, dit de Maingoval, de 1806 jusqu’à 1821 à l’angle des rues de l’Intendance et Percepain.

Mais à cette date, un autre événement vint frapper de terreur les paisibles habitants de Valenciennes. En effet, le 21 juin le feu prenait à la porte de Lille, ou de Tournaisienne, construite entre 1358 à 1364. Alors, l’Arsenal provisoire de l’époque la détruisit en partie, car poudres, obus, grenades, balles… commirent de grands dégâts.

(L’Arsenal au début au XXème siècle, et aujourd’hui)

Le gouvernement dut s’occuper de reconstruire un arsenal. On posa la première pierre le 25 juin 1821 sur l’emplacement de l’arsenal d’Etat qui sauta le 17 juin 1793, il fut achevé le 30 octobre 1823. Son concepteur fut Charles Lebrun fils, entrepreneur en maçonnerie.

Vous retrouvez à travers les acteurs de l’époque la dénomination de certaines rues de Valenciennes en 2018. Cette histoire est un peu à l’image de cette future réalisation du Passage de l’Arsenal, un projet tumultueux, noyé en 2008 par la crise financière malgré une présentation en février 2008 par le maire de Valenciennes, mais qui devrait voir le jour d’ici fin 2019 avec de nouveaux acteurs. Ce Passage de l’Arsenal, attenant à la rue de l’Intendance et aux portes de la rue Percepain, pourrait tirer vers le haut l’hyper centre de Valenciennes et plus si affinités… !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 5 décembre 2018
Arsenal Valenciennes
L’Arsenal, une histoire valenciennoise
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