Ce vendredi 19 juillet, une nouvelle étape de la vie tumultueuse de l’aciérie ASCOVAL se passera du coté de Strasbourg, En effet, une nouvelle audience se déroulera au sein de la Chambre commerciale. Malheureusement, elle ne scellera pas encore l’avenir de cette industrie locale.

Nacim Bardi : « La direction locale doit faire attention aux conditions de travail qui se dégradent »

Dans ce jeu de dominos, la poursuite de l’activité sur Saint-Saulve repose aujourd’hui sur les outils industriels complémentaires à ASCOVAL. Clairement, les données financières sont stables « le plan financier bougera très très peu par rapport à la version initiale. Par contre, on attend un plan industriel B, notamment avec la récupération des sites de Hayange et des Pays-Bas », précise le représentant syndical CGT.

Malheureusement, cette donnée clé ne sera pas délivrée ce vendredi 19 juillet. « La réponse de l’administrateur judiciaire (ou l’équivalent en Angleterre) ne sera connue que mi-septembre 2019. Donc, ce vendredi, c’est l’énoncé d’un projet industriel B, mais nous ne le connaissons pas dans le détail », précise-t-il. En clair, la proposition financière d’Olympus STEEL concernant le rachat des deux sites en Moselle et aux Pays-Bas sera-t-elle suffisante pour les liquidateurs anglais ? Tout est là, les Etats français et anglais doivent ou peuvent-ils intervenir plus ? L’actionnaire principal d’Olympus Steel sera-t-il satisfait ?

Ensuite, Olympus Steel, avec comme actionnaire Greybull, doit présenter un projet alternatif. « En effet, la modification technique de l’outil industriel ASCOVAL ne sera effective qu’en 2021 environ. D’ici là, il faut fabriquer les produits habituels « , ajoute-t-il. Charge à la force commerciale de retrouver des clients, anciens et nouveaux, afin d’assurer du travail pour les salariés d’ASCOVAL

« Il faut éviter un drame humain», Nacim Bardi

Clairement, après 4 ans, les salariés d’ASCOVAL ne font plus de plan sur la comète. « On travaille 2 semaines en juillet, une semaine en août, et on verra en septembre. On n’est ni optimiste, ni pessimiste, mais nous travaillons au jour le jour. Par contre, nous sommes 268, il y a eu des démissions.  La direction locale doit faire attention aux conditions de travail qui se dégradent, elles sont parfois catastrophiques. Il faut faire très attention pour éviter un drame humain », conclut-il.

Au niveau des institutionnels, l’Etat, la région Hauts-de-France et Valenciennes Métropole (le 11 juillet dernier) ont validé leur soutien financier en faveur de l’aciérie ASCOVAL. « Ils seront particulièrement vigilants sur l’utilisation de ces fonds », conclut Nacim Bardi.

Durant ce conseil communautaire de Valenciennes Métropole, Xavier Jouanin, au nom du PCF, s’est exprimé :  » Nos inquiétudes sont d’autant plus légitimes que British Steel a été mis en liquidation judiciaire. Nous entendons bien les propos rassurants quant à l’absence de conséquences pour le site d’Ascoval. Mais le projet de reprise s’appuie sur une nouvelle filière de fabrication de rails haute performance en lien avec deux autres sites : Hayange en Moselle et FN Steel aux Pays Bas qui eux font partie du périmètre de British Steel liquidé. Quelles garanties nous apporte-t-on ? « 

ASCOVAL, c’est le jour le plus long de la reprise industrielle, plus de 4 ans et affaire en cours !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 17 juillet 2019
Ascoval Nacim Bardi
Nacim Bardi « nous travaillons au jour le jour chez ASCOVAL »
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