Yuval Rozman, jeune metteur en scène de 33 ans, présentera les vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 novembre au Phénix, son « Tunnel boring machine », création du Next. Un sujet sensible et sombre, le conflit israélo-palestinien, sur une histoire d’amour interdite entre deux êtres, un israélien et un palestinien. Sans nul doute un grand moment de cette saison. 

En résidence au Phénix du 16 octobre au 12 novembre 2017, Yuval Rozman a annoncé « je suis israélien. J’essaie d’écrire comme un palestinien. Être lui. Être l’occupé. »  Après des études au Conservatoire National d’Art Dramatique de Tel -Aviv et à New-York, il crée l’ensemble Voltaire en 2010 et développe ses propres travaux présentés en France, en République Tchèque, en Suisse et en Israël. Lauréat d’un premier prix du C.A.T International Theatre Festival de Tel-Aviv pour Cabaret Voltaire (2011), l’artiste qui joue au théâtre et également au cinéma, collabore avec des chorégraphes, réalisateurs, metteurs en scène internationaux.

Qu’est-ce qu’être Israélien aujourd’hui ? « Qu’est-ce que ça veut dire pour moi, aujourd’hui en 2017, être israélien ? C’est être profondément inquiet. Je dois même dire tourmenté, attristé. Je suis attaché à ce pays et c’est pour ça que ce pays m’inquiète beaucoup. »

Souvent confronté à cette question depuis son installation en France, Yuval Rozman y répond à sa manière, poétique et politique, avec ce spectacle où, confie-t-il « en tant que représentant privilégié de l’occupation, j’ai voulu briser l’interdit et entrer dans la tête, le corps, la peau d’un occupé ».

Yuval Rozman imagine une rencontre passionnelle entre deux hommes, l’un juif et l’autre palestinien. Prénommé Khalil, ce dernier traverse le tunnel, lieu emblématique où s’entremêlent ombres et lumières, contrebandes et trafics, entre Ramallah et Tel Aviv. C’est une traversée de sentiments contradictoires : l’amour, la honte, la tristesse… Ils se rencontrent dans ce tunnel, grande structure métallique, lieu mystérieux de frontière, lieu de contrebandes et de rencontres interlopes. Au cœur de la passion surgissent des fantômes, sortes de doubles qui s’adressent à leur conscience. L’artiste israélien et metteur en scène brosse le portrait fragmenté et touchant d’un homme qui affronte deux camps, le sien et celui d’en face, qui l’empêchent de vivre sa sexualité comme il l’entend. Un spectacle à la fois intime et universel, traversé de ruptures dramaturgiques où l’humour, la musique et le chant seront les organes vitaux d’un regard acéré mais généreux sur une terre déchirée.

Dans ce spectacle en français, surtitré en néerlandais et anglais, Yuval Rozman transforme le plateau en lieu d’expériences et de partage et nous convie à y rencontrer l’Autre, en l’occurrence celui qui est censé être l’« ennemi », à travers un personnage en quête d’identité, pris en otage par le conflit israélo-palestinien mais aussi écartelé entre ses propres désirs et détestations.

Infos pratiques.

Vendredi 10 à 20h. Samedi 11 à 21h. Dimanche 12 à 17h.

Durée 1h30. En studio placement libre. Tarifs Next 15€ / 13€ / 8 €

Céline Druart Beaufort

 

 

Publié par Celine Druart le 7 novembre 2017

Next Festival : Tunnel Boring Machine au Phénix.
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