Marie-Thérèse Hourez/Christian Chatelain, un binôme indépendant et de gauche à Marly
Pour cette joute électorale sur Marly, la dernière liste a validé officiellement son départ est celle de l’ancienne 1ère adjointe de Fabien Thiémé, Marie-Thérèse Hourez accompagnée par Christian Chatelain et d’une équipe de colistières/colistiers 100 % renouvelée. Cette annonce boucle un paysage politique avec 3 listes de gauche et celle de la majorité sortante de droite. Pour autant, un regard trop simpliste pourrait y voir une bonne vieille opposition gauche/droite, mais c’est beaucoup plus subtil que cela, car l’humain change considérablement l’équation de ce scrutin local très éruptif.

Une élection « très ouverte sur Marly ! »
Evidemment, cette annonce a débuté par une explication sur les tenants et aboutissants de cette candidature de rupture à gauche dans l’opposition marlysienne. En fait, tout aurait pu s’arrêter pour Marie-Thérèse Hourez le 05 avril 2025 et un vote de la section PCF de Marly défavorable : « J’ai failli tout laisser tomber, mais je me suis souvenue que j’aurais pu être tête de liste en 2020, mais j’ai préféré la cohésion (avec Jérome Leman). Ensuite, j’ai reçu beaucoup de témoignages qui m’ont touché afin de me remobiliser. Au final, je ne voulais pas renoncer une 2ème fois ! »
A l’endroit de Virginie Melki-Tetitni, elle rappelle « quatre bonnes années où nous avons bien travaillé ensemble. Ensuite, elle a fait de la politique politicienne pour obtenir la majorité au vote de la section PCF de Marly. Mme Tettini m’a fait très mal amicalement et politiquement. »
Concernant l’ancien maire de la commune durant le 1er confinement, Marie-Thérèse Hourez répond du tac au tac : « Un DGS est là pour appliquer les décisions du maire, il ne décide pas ! Certes, nous avons besoin de bons techniciens, mais cela ne veut pas dire qu’il serait automatiquement un bon maire. Enfin, si Jérome Leman avait la capacité de rassembler, nous ne serions pas trois listes à gauche. Je suis tout à fait légitime à me présenter ! »
La suite s’inscrit dans une rupture avec son parti de coeur : « Je ne suis plus carté au PCF, ni ailleurs, mais je conserve évidemment mes valeurs de gauche ». Pour sa part, Christian Chatelain, membre de l’opposition municipale, carté au P.S, a rejoint Marie-Thérèse Hourez pour lancer une alliance de gauche : « Marie-Thérèse est venue vers moi, nous nous connaissons de longue date. Après un temps de réflexion, j’ai décidé de rejoindre sa candidature (comme tête de liste)! », commente Christian Chatelain.
Avec une « équipe 100% renouvelée avec une grande diversité de profils, soit 33 colistières/colistiers + 2 suppléants, nous sommes libres et indépendants et soutenus financièrement par aucun parti politique. Chaque membre de la liste contribue financièrement aux frais de campagne », déclare Marie-Thérèse Hourez. « Je retrouve ma liberté, nous co-construisons notre programme sans aucune orientation dictée par un parti politique. Ensuite, une liste totalement renouvelée apporte un regard nouveau sur le programme. C’est l’année zéro, tout est à plat ! », poursuit Christian Chatelain.
Toutefois, l’expérience du tandem, plus d’autres aguerris sur cette liste, serait précieuse en cas de succès compte tenu de la difficulté de l’exercice de maire… en 2026 !
« Marly appartient aux Marlysiens », Marie-Thérèse Hourez
Bien sûr, sur le terrain, ce binôme de proximité a constaté l’amertume des administrés : « Les gens sont écoeurés par la politique nationale. On comprend très bien que beaucoup ne veulent plus s’investir dans la politique même locale ! », indique Marie-Thérèse Hourez.
C’est pourquoi, l’important est de répondre aux attentes locales et de réaliser des projets portés par les habitants. « Marly appartient aux Marlysiens », commente Marie-Thérèse Hourez.
Et les travaux !
Les deux compères analysent certains projets de Jean-Noël Verfaillie. « Très bien l’Avenue Henri Barbusse et c’est tant mieux, mais il manque des places de stationnement. C’est avant qu’il fallait réaliser ces poches de parking. De plus, vous n’avez plus de places pour accéder aux commerces. On le voit, il n’y a plus de vie sur cette avenue », tance Marie-Pierre Hourez.
Sur la Place Gabriel Péri, là également les critiques fusent : « Tant mieux, il fallait la refaire. On ne va pas tout casser pour faire des places de parking, mais nous pouvons faire des aménagements sans trop dépenses. On fait attention à l’argent public ! »
Enfin, sur le volet travaux, la rue Jean Jaurès en plein chantier, où se situe la permanence durant cette campagne municipale, n’est pas gérée, selon l’ancienne 1ère adjointe, comme il le faut : « Il fallait faire tronçon par tronçon. C’est trop lourd en continu pour les riverains, il y a un manque de concertation en amont ! »
Le social/culturel/concertation en souffrance ?
Là où la tête de liste critique le plus la gouvernance locale, c’est le champ social comme pour la jeunesse « où il n’existe plus de services dédiés, LALP, Service ado », explique-t-elle. En l’espèce, les centres sociaux gérés par l’ACSRV ont vu leur contrat revu à la hausse, sur Marly, dans les prestations à fournir pour la commune.
Sur la culture et l’événementiel, il y a concrètement un alignement négatif des planètes. En effet, la « Maison des Asso » n’est plus opérationnelle pour un problème bâtimentaire structurel, plus de salle des fêtes pour les asso, la FLAC occupe Chez Oscaar et par suite une salle en moins. « Mise à part l’historique brocante et deux animations lancées par le maire, vous n’avez plus rien sur le plan culturel à Marly, une ville de 12 000 habitants. Les gens font la fête et autres réunions de familles ailleurs », commente-t-elle. « Venez le week-end, c’est mort dans le centre-ville », poursuit Christian Chatelain.
La tête de liste constate les conséquences d’une réduction des agents communaux : « C’est une diminution drastique des effectifs de la commune. Certes, elle était nécessaire, mais pas dans ces proportions. Il y a eu beaucoup de diminution dans les services aux administrés. Par exemple, cette ville est sale. Les caniveaux sont en herbe, l’élagage des arbres n’est pas fait, etc. ! »
Ensuite, plus de démocratie participative est l’autre reproche majuscule de cette équipe. « J’ai appris le déplacement du Monument aux Morts par des riverains ! », déclare Marie-Thérèse Hourez.
« Un équipement culturel évolutif », Marie-Thérèse Hourez
Dans un tract distribué toutes boites aux lettres à la suite duquel « nous avons eu des candidatures spontanées », souligne Christian Chatelain ; l’équipe trace un chemin programmatique sur la « sécurité autre que la vidéo-verbalisation », l’action sociale du tout-petit au grand âge, la politique éducative, l’environnement et le cadre de vie, le commerce et l’artisanat, le tissu associatif, sans oublier « un tissu associatif mis à mal à travers des diminutions importantes des subventions, des associations ont cessé leur activité faute de local, voire faute de moyens ! », commente Marie-Thérèse Hourez.
Enfin, sur le volet culturel, elle dévoile partiellement un projet « pour un équipement (conséquent) culturel évolutif. D’ailleurs, nous proposerons aussi à la FLAC d’y venir, afin de libérer le site Chez Oscaar », précise-t-elle, mais aussi pour mettre fin « aux nuisances sonores dans le voisinage », ajoute Christian Chatelain.
Pour conclure sur cette élection de proximité majeure sur la ceinture valenciennoise, avec 4 listes sur la ligne de départ, cette respiration démocratique sera terriblement indécise sur Marly. « C’est une élection locale très ouverte », affirme Christian Chatelain.
Daniel Carlier




















