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(Valenciennes) L’équipe d’Isabelle Desoil se retire… sans appel à voter, mais pas pour les extrême(S) !

L’agitation est à son comble sur la ville-centre et les surprises continuent. Cette fois, cela concerne la liste portée par Isabelle Desoil dont l’annonce du retrait pur et simple surprend à plus d’un titre. De surcroit, les explications pour justifier cette décision lourde pour les électrices et les électeurs 13,07% (1781 voix) sont en mode claires et obscures en même temps… ! Il faut reprendre le fil de l’histoire pour essayer de comprendre, mission difficile, mais on s’y colle !

En amont, la tête de liste considère que les échanges avec les citoyennes et citoyens montrent « que Valenciennes, son territoire et son agglomération doivent être protégés des extrêmes. » Sur le fond, comme des milliers de listes, le discours est assez classique, mais si vous retirez un peu le vernis à la surface…

Pour la liste « Union de la Gauche » portée par Luce Troadec

Il faut mettre du contexte, car nous ne sommes pas dans une alliance, ou en l’espèce un retrait, en faveur d’une liste d’une obédience proche en l’occurrence, Isabelle Desoil, ancienne adjointe de Laurent Degallaix, voire Jean-Michel Pottier, soutien de Jean-Louis Borloo et Christian Peretti, ex adjoint du Ministre d’Etat. Non, nous sommes dans une démarche construite par Christian Peretti depuis 18 mois pour dénoncer les pratiques de la majorité sortante « et libérer la parole. J’ai donc aidé l’opposition sur des recherches, fait des enquêtes… J’ai beaucoup échangé avec Quentin Omont, j’apprécie sa rondeur », explique-t-il. Des publications de qualité, comme sur le stationnement, et même assez récemment sur un comportement potentiellement délictuel du maire, sans oublier le budget de la ville en question au dernier point presse programmatique au local de campagne.

Et tout d’un coup cette même opposition est « devenue une gauche dure. Leur communiqué a montré leur véritable visage après les résultats », assène Isabelle Desoil.

A quoi fait allusion Mme Desoil ? En effet, comme dans des milliers de communes, des négocations de deuxième tour se déroulent à la sortie du Bureau de vote central. Cela a été le cas entre la liste portée par Luce Troadec et celle de Pascale Durieux dimanche soir, mais également une amorce de contact en soirée et un rendez-vous pris lundi 7H00 du matin au local de campagne de la liste de Mme Desoil. Pour la délégation de « l’union de la gauche », le numéro 4 vient, Eric Veron, la numéro 5 vient Bénédicte Dupont, et Pierrick Colpin, numéro 6 et Directeur de Campagne, mais « Luce Troadec n’était pas là (enseignante à Watteau en cours). Nous, on ne discute qu’avec la numéro un. Celle qui prend les décisions », poursuit Christian Peretti. Point final pour une tentative d’une négociation pour mettre sur pied une liste républicaine et une alternative crédible à Laurent Degallaix.

Ensuite, le propos se durcit par Jean-Michel Pottier qui interpelle la presse : « Vous avez vu dimanche soir, Raquel Garrido à la télé ( Ex LFI et aujourd’hui l’Après comme Luce Troadec). C’est l’extrême gauche ! » En résumé, on fournit des éléments de contenu à l’opposition de gauche, la dangereuse Nathalie Lorette, l’effrayant José Pressoir, et la démoniaque Luce Troadec, et l’affable Quentin Omont pendant 18 mois et on découvre qu’ils sont des dangereux gauchistes extrémistes… en une soirée ! Alors, pourquoi l’accueil de ces personnes pour négocier ? « Nous voulions discuter avec toutes les listes républicaines ! », réplique Isabelle Desoil. Cherchez l’erreur !

Mme Desoil souligne également (dans un communiqué de presse) « l’idéologie et les méthodes insupportables de celle-ci (LFI) persistent ». En résumé, la liste Desoil dans une démarche totalement clean a toujours eu un comportement respectueux de ses adversaires politiques. Diable, alors pourquoi Thomas Cacheux et Christian Peretti ont harcelé la presse locale afin que les médias (ou un média) diffusent la présence, sur la liste du maire actuel, d’une personne condamnée au Tribunal de Valenciennes pour un détournement de fonds, très classe comme méthode !

Pour le Rassemblement National

Dans le communiqué de presse, Isabelle Desoil fustige Tanneguy Adriencense : « La tête de liste a souhaité nous rencontrer en ouvrant la porte de notre local, porte qui a été immédiatement et poliment refermée, personne ne doutera de la sincérité de nos valeurs. »

Sur le Rassemblement National, Thomas Cacheux poursuit le raisonnement politique : « Il faut faire barrage aux extrêmes, nous ne pouvons pas prendre le risque de déstabiliser la ville, le territoire, voire pour la circonscription. Nous sommes une liste Anti-Extrémiste (S). Il n’est question de perdre ce bastion du centre droit. »

Pour Pascal Durieux

Le contenu est assez court, mais piquant dans le communiqué de presse : « Pascal Durieux, fidèle a son inconstance politique, 1 coup à gauche, 1 coup à droite, apparaît plus creux que sérieux. » Pour autant, toute la presse avait relaté les épisodes précédents et de ce départ raté de la liste début novembre 2025 en compagnie de Pascal Durieux, « mais nous ne connaissions pas…! », précise Thomas Cacheux et on connait la suite.

La majorité sortante

Sans doute le moment le plus croustillant de la part d’une liste d’une virulence inouïe à l’endroit d’un « système Degallaix » et du comportement du maire au global. Le coeur du moteur de cette équipe où pendant 18 mois, à travers de publications, puis via une liste, a été de déconstruire la gouvernance locale.

Un journaliste pose la question : « Avec votre charte sur la probité et l’exemplarité, cela vous pose problème de faire (indirectement) un appel à voter pour Laurent Degallaix ? » Thomas Cacheux répond « il ne sera plus là le 30 avril ! ». Pour Christian Peretti « ses colistières et colistiers l’accompagnent jusqu’au cercueil… » Pour sa part, Isabelle Desoil rappelle (via le CP) « que l’équipe municipale sortante, avec qui nous avons parlé, ne nous apparaît pas correspondre totalement au sens que nous voulions donner à notre engagement. »

A l’autre question : « Avez-vous eu une contre partie pour votre retrait (favorable à Laurent Degallaix in fine) ? » Christian Peretti, comme Jean-Michel Pottier, soulignent avec force « aucune ! ». Certes, sans être élu, pas de fonction d’adjoint (ville) ou de vice-présidence (agglo), mais il faudrait surveiller, complètement par hasard, de près les embauches d’un Directeur de Cabinet, voire d’un Directeur de Communication, dans une grande institution territoriale du Valenciennois (relire la chronique du procès de la prise illégale d’intérêt (https://www.va-infos.fr/2026/02/21/le-procureur-de-lille-requiert-contre-laurent-degallaix-5-ans-dineligibilite-avec-execution-provisoire-1-an-demprisonnement/)

Ensuite, il faut admettre que même dans l’hypothèse où Laurent Degallaix, présumé innocent, est condamné… son équipe n’a pas changé ou si peu. « Nous pensons qu’avec le départ de Laurent Degallaix, cela va libérer la parole et il y aura plus d’échanges en Conseil municipal, et un autre comportement ! » , déclare Isabelle Desoil.

Pourquoi ne pas y aller tout seul ?

Voilà tout le monde est servi, mais la question qui taraude est pourquoi ce retrait ? Certes, une négociation ratée arrive, mais visiblement il y a eu une intention de… avec ces extrémistes de gauche. Bizarre, on nous sert en même temps un vote anti-extrême, mais on cale un RDV pour négocier le lundi matin…  Bien sûr, un communiqué aurait révélé leur véritable nature, remarquablement masquée durant 18 mois… ! La question posée sans réponse, si les scores avaient été inversés (Desoil 24% et Troadec 13%), la liste Desoil aurait-elle trouvé ces dangereux extrémistes de gauche aussi infréquentables ?

Et pour le non choix du maintien de la liste, nous revenons à l’argumentation sur le danger du Rassemblement National !

Isabelle Desoil conclut son propos comme dans le Communiqué de Presse : « Toutefois, retenez une chose, rien ne sera jamais plus comme avant ! » Certes, la volute d’un front Anti-Degallaix, avec 3 listes républicaines (à l’époque) hors RN, n’était qu’un mirage. Concrètement, le Front anti RN est mort rue du Quesnoy dans le Valenciennois un 17 mars 2026, car on a coupé le micro… des convictions à Valenciennes*

Daniel Carlier

* Référence à Laurent Degallaix coupant le micro d’Isabelle Desoil en plein conseil municipal de Valenciennes

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