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Saint-Saulve subit une réduction massive de ses recettes fiscales en 2026 (Pas un poisson d’avril)

Pour ce premier conseil municipal dans le dur de l’exercice local, sur le fond le Débat d’orientation Budgétaire a révélé une réduction massive des recettes fiscales 2026 du côté de Saint-Saulve, ça commence fort le mandat ! En effet, un changement des bases a reconfiguré le prévisionnel en la matière avec une très mauvaise surprise. Sur la forme, l’opposition portée par Virginie Hochart, composée de six membres, a pris ses marques pour ce 1er exercice copieux.

Yves Dusart : « Nous sommes 5 points (nombre d’agents publics) en dessous des ratios des villes de même strate (11 000 Habitants) »

Afin de planter le décor de  l’hémicycle local, Yves Dusart rappelle que « la Police de l’Assemblée locale est bien assurée par le maire. » A première vue, cette remarque donne un aperçu d’un hémicycle plus bouillant que de coutume sur Saint-Saulve, symptomatique d’un corpus social à fleur de peau.

Ensuite, le maire défend les dépenses l’externalisation comme le nettoyage, entretien, et vitrerie avec AGEVAL, mais également Vitaservices… « cela nous coûte nettement moins cher d’externaliser ces prestations que d’internaliser ces services. Nous avons fait les simulations avec le pôle financier », explique-t-il en réponse à Sherrazad Aouadi suggérant cette prestation par les services de la ville.

Une fermeture de classe primaire à la rentrée 2026

Ensuite, dans les informations au Conseil municipal, Pascal Coupez confirme une baisse démographique en France, dans le Département et dans l’arrondissement de Valenciennes. Concrètement, cela se traduit en 2026 dans le Valenciennois par « moins 840 élèves en primaire en 2026, moins 719 élèves en 2027, et moins 727 en 2028. Sur Saint-Saulve, l’Académie nous a informé d’une suppression d’un poste (donc d’une classe) pour la rentrée 2026. Nous sommes sur le début d’un cycle de baisse. » L’édile saisit la balle au bond pour afficher de nouveau une politique dynamique pour ne pas « descendre sous la barrière des 10 000 habitants, car cela représente moins de ressources, et par suite moins de services à la population. »

Un label qui rapporte

Pour sa part, François Ducatillon met en exergue le travail de fond sur la recherche de partenaires divers et variés comme à travers le label « Ville amie des aînés ». Grâce a ce label issu du réseau de la francophonie, obtenu en 2024 par la commune, l’aménagement de la Centr’Halle avec « du mobilier urbain adapté pour les seniors a été financé à hauteur de 40 000 euros (par ce réseau ville…) pour un investissement global de 46 800 euros », commente-t-il.

La commission d’accessibilité

Bien sûr, le 1er conseil exécutif post installation débouche invariablement sur une série de nomination au sein des commission internes, voire les nombreuses représentations hors les murs. Pour les commissions internes, le maire annonce un gros changement : « Nous avions des difficultés pour mobiliser les membres des 6 commissions. C’est pourquoi, nous réduisons à 2 commissions, mais avec plus de thématiques, le lundi ou le mercredi. » Plus globalement, la participation aux commissions constitue un véritable sujet de démocratie dans les collectivités locales. D’ailleurs, là où elles sont le plus délaissées par l’opposition, vous remarquez que les hémicycles locaux sont les plus décalés en plénière sur le fond !

Evénement important dans le cadre des installations des différentes commissions, celle de l’accessibilité, car en public le maire confirme une collaboration étroite avec l’association LEA afin de travailler sur toutes les thématiques du handicap dans la cité. L’initiative de cette association prend écho dans la région avec près de 5 communes (dont Saint-Saulve) partantes pour ce partenariat gagnant gagnant.

Les indemnités en question

Comme à chaque fois, l’installation du conseil municipal apporte son lot de contestation sur l’enveloppe des indemnités dédiés aux élus de la majorité. A cet effet, le Sénat (chambre de représentation des collectivités locales et territoriales) a revalorisé les indemnités des élu(e)s et plus ostensiblement dans les très petites communes. « En France, nous connaissons une crise de la vocation. Je maintiens cette augmentation compte tenu de l’investissement tout au long de l’année des élu(e)s de la majorité », déclare Yves Dusart.

Pour sa part, l’opposition rappelle leur proposition « de réduire de 50% les indemnités des élu(e)s afin d’éclairer les rues la nuit. » La réponse fuse : « C’est purement démagogique et populiste, juste un effet d’annonce. Ensuite, lorsque la Chambre Régionale des Comptes (magistrats indépendants) est venue, elle a été très surprise de constater qu’aucun frais de représentation n’est engagée sur Saint-Saulve. Il n’y a jamais eu cette pratique (habituelle et légale) sur les autres communes. Enfin, je ne veux pas éclairer les étoiles. Les statistiques démontrent que 85% des cambriolages se déroulent de jour. »

Le ROB 2026 douloureux

Pour ce premier opus budgétaire du mandat 2026/2032, Jean-Marie Dubois annonce une très mauvaise nouvelle, et sans doute pas la dernière pour les budgets suivants. En effet, le Budget Primitif 2026, voté le lundi 27 avril prochain, doit digérer « une baisse des recettes de la taxe foncière suite au changement des bases (fiscales) de l’Etat. Ensuite, la baisse des allocations compensatrices est de 19,3% », explique l’adjoint aux finances.

Cette double mauvaise nouvelle réduit de 1 280 000 euros, en terme de recettes, le budget de la commune. « Nous verrons fin avril que nous ne pourrons consacrer que très peu sur les investissements », ajoute Jean-Marie Dubois. Plus concrètement, hors chantiers engagés, le Groupe Scolaire du Bas Marais, l’aménagement de l’îlot mairie, et l’aménagement de l’Ecovillage du Bas Marais, les autres investissements seront limités… !

Sur la critique d’une masse salariale trop importante (242 agents) plombant les dépenses de fonctionnement, Yves Dusart veut éteindre toutes velléités en la matière : « Nous sommes 5 points (nombre d’agents publics) en dessous des ratios des villes de même strate (11 000 Habitants) avec les services à la population que nous proposons (piscine…)

La protection fonctionnelle

Avant d’évoquer la délibération en question, la réforme sur l’évolution du statut de l’élu en décembre 2025 a octroyé la possibilité de la protection fonctionnelle pour un élu de l’opposition. Avec étonnement, le citoyen lambda pouvait s’étonner qu’un élu(e) de l’opposition ne pouvait pas bénéficier de la protection de la puissance publique de proximité comme un(e) élu(e) de la majorité. Une voix, un vote implique un engagement de l’élu(e) dans la collectivité locale s’il atteint le seuil d’entrée au sein de l’hémicycle de la cité. On ne peut pas d’un côté regretter la crise de la vocation et de l’autre faire un tri sur la qualité d’un(e) élu(e). Ce dernier fait partie de cette respiration démocratique, point. Le Sénat a réparé cette anomalie, mais comme toujours avec un temps infini de retard, une fois que la crise est devenue un véritable phénomène de société.

Sur l’objet de cette délibération, Mme Aoudi a demandé la protection fonctionnelle suite à des propos présumés « humiliants et insultants durant le conseil du 02 février 2026. » Cette protection fonctionnelle a été accordée de Droit par la Sous-Préfecture le 12 mars dernier. A cet effet, l’élue de l’opposition demande son maintien et son extension de cette dernière à des faits précédents durant l’année 2025.

L’élu de la majorité, Loïc Ruol, ex bâtonnier du Barreau de Valenciennes, indique que pour les faits en 2025 « la protection fonctionnelle n’existait pas pour les élu(e)s de l’opposition. » Ensuite, pour les faits présumés en 2026, ce dernier indique que le Conseil municipal constate, ou pas, « une exigence probatoire ». La preuve de la qualité de victime est de fait au centre de cette décision. Dans ce cadre, la majorité du Conseil municipal a refusé le maintien de cette protection fonctionnelle et a voté son retrait à ce conseil du 30 mars 2026.

Daniel Carlier

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