Aymeric Robin réélu à la CAPH et accord sur les Vice-Présidences au forceps
Pour cette élection à la Présidence de La Porte du Hainaut, le candidat Aymeric Robin a remporté la majorité des suffrages communautaires face à l’autre postulant, Jean-Michel Michalak. Par contre, le choix des vice-présidences, 15 au total, a été beaucoup plus complexe avec une opposition frontale entre les deux parties jusqu’à un consensus permettant une gouvernance plus apaisée (visuel Président Aymeric Robin/crédit photos Nicolas Doit/Studio des Sources).

Aymeric Robin : « Plus de féminité (chez les VP), de l’expérience et des souffles nouveaux avec un respect des territoires ! »
Avec 89 élus communautaires en 2020, pour 46 villes, et 90 élus communautaires, pour 47 villes (+ Emerchicourt), l’hémicycle de La Porte du Hainaut était comble avec une présence du public assez inédite. L’arrivée de plusieurs élus du Rassemblement national, voire sympathisants, en sus des élu(e)s du Conseil municipal de Denain, constituait aussi un autre fait politique. D’ailleurs, les élu(e)s et parlementaires du Rassemblement National, voire sympathisants, ont réalisé une campagne remarquée chez les édiles de la CAPH contre la Présidence sortante.

Jean-Michel Michalak, maire de Sars-et-Rosières, avait fait acte de candidature dans la presse avec un travail de terrain qu’il a revendiqué dans son discours liminaire : « Je ne suis pas seul, c’est un projet, un collectif ! Nous devons passer du diagnostic à l’action. C’est pourquoi, nous devons nous recentrer sur les compétences du bloc communal et soutenir les projets locaux. C’est une candidature transpartisane sans aucun arrangement politique.»
Le candidat évoque évidemment le Budget de l’Etat 2026 où les collectivités locales et territoriales vont constater une baisse de 2 milliards d’euros des fonds dédiés aux collectivités publiques. Dans ce cadre, Jean-Michel Michalak ne pense pas « que le nouveau siège sur Raismes soit opportun, ni les aménagements sur le site minier de Wallers Arenberg. Ensuite, nous n’avons pas été cherchés suffisamment de fonds européens (50% du financement de la réhabilitation du site minier à l’inauguration en septembre 2015). Il faut aller chercher l’argent (les subventions) afin de réduire la TEOM », poursuit-il. Enfin, il insiste sur le regard bienveillant des politiques du bloc communal comme la santé, l’artisanat et le commerce, même si le Développement économique doit se traduire par une « meilleure mobilisation des fonds dédiés de la Région Hauts de France. » Il conclut son discours de candidat par son souhait d’une « agglo réaliste et ambitieuse. » D’évidence, il faudra toujours plus d’imagination pour trouver les niches subventionnées chez les partenaires à tous les échelons.

Pour sa part, Aymeric Robin félicite, comme le maire de Sars et Rosières, les 13 nouveaux maires (ou leur représentant) et une entrée « dans une communauté de vie. » Le Président sortant revendique une « recherche du consensus tout en faisant des choix (La TEOM très contestée), donc des renoncements. Pour autant, je sens pour la 1ère fois la tentation d’une alliance partisane. Ici, nous n’avons jamais été dirigés par des étiquettes politiques. ».
Ensuite, le Président sortant rappelle l’adage d’Alain Bocquet « pour une égalité et équité de traitement. En résumé, c’est stop ou encore ou une autre orientation, un projet alternatif où les choix étaient possibles hier et justifiés, et plus possible demain. » Ensuite, il égrène les politiques déjà lancées à travers le Projet de Territoire : « Elles sont opérationnelles. Sur le Plan Climat, nous sommes prêts, sur la stratégie numérique également ; sur la santé, notre Contrat Local de Santé et Contrat Local de Santé Mentale sont concrets avec des actions comme la manifestation « village santé. » Enfin, il marque une divergence avec son concurrent : « Il ne faut pas renoncer aux compétences obligatoires, car allez-vous demander à la Région ou au Département de réduire leurs compétences obligatoires ? »
En dezoomant un peu, comme les collectivités locales et territoriales, les Régions et les Départements vont goûter à la réduction de la dette publique de l’Etat, il faudra donc se battre plus encore pour obtenir quelques deniers sur le Développement économique. C’est pourquoi, un renoncement au développement économique comme pour les Pierres Blanches sur Denain hier ou les Soufflantes sur Escaudain demain (DATA Center) par l’intercommunalité pose une question centrale. Qui va s’en occuper si vous n’êtes pas un site de calibre national, comme sur Dunkerque ou le Canal Seine Nord Europe ? Comme toujours, on sait ce que l’on perd, mais jamais ce que l’on gagne… !
Le vote pour la Présidence…
En 2020, Aymeric Robin avait succédé à 20 ans de Présidence d’Alain Bocquet avec 51 voix favorables contre 38 à Anne-Lise Dufour. Cette fois, le maire de Raismes rassemble sur sa candidature 49 voix contre 40 au bénéfice de Jean-Michel Michalak et un vote nul. Par contre, le moment de tension était beaucoup plus palpable qu’en 2020, les deux candidats étaient au coude à coude durant le dépouillement bulletin par bulletin. Comme un dénouement incertain, c’est sur la fin que le Président sortant a pris une avance décisive avec au final neuf voix de plus ; un moment électoral électrique expliquant aussi la suite de ce Conseil communautaire… !
Vote des Vice-Présidences, première partie avortée !
Tout juste réélu, Aymeric Robin propose 15 vice-présidences avec « un respect des équilibres, presque la parité, et tous les territoires représentés (Ostrevant absent dans le Précédent mandat). Dans les 15 VP, nous avons 5 hommes et 5 femmes dans les 10 premiers VP. La ville de Denain est représentée par Valérie Carta, la commune de Wallers par Bernard Caron, Jean-Claude Messager conserve sa vice-présidence et Eric Blondiaux intègre l’exécutif. » Il justifie ce choix dans son discours public (et post conseil) par un alignement suite à une élection municipale « où vous ne prenez pas comme 1er adjoint votre opposant (voire dans une immense majorité d’agglo comme à Douai, Lens, Maubeuge… ) ; en résumé exit, Anne-Lise Dufour, maire de Denain, Salvatore Castiglione, maire de Wallers et ville hôte du site minier, voire le candidat à la Présidence Jean-Michel Michalak d’où le courroux des trois personnalités politiques de ce territoire même si chacun rappelle avec force que ce n’est pas une histoire de personnes !
Là, c’est le clash ! Jean-Michel Michalak fustige « un Président pas rassembleur, mais diviseur. Je regrette cette situation. Je suis déçu de cette décision. » Anne-Lise Dufour ajoute que « les élu(e)s Denaisiens ne sont pas candidats dans ces conditions. » Enfin, Salvatore Castiglione rappelle un exécutif « présent pour te défendre contre la ville de Saint-Amand-les-Eaux sur la TEOM. Nous serons donc une opposition présente durant les 6 ou 7 ans. » Concrètement, gérer une agglo avec 40 ou 41 élus communautaires hostiles sur 90 est absolument intenable sur la durée d’un mandat de 6 ou 7 ans.
Evidemment, le sénateur Joshua Hochart, élu d’opposition de Denain, ne rate pas l’occasion de souligner « un moment lunaire ». De son côté, Gérald Thuru, maire de Millonfosse, commente tout haut « son malaise de petit maire. On compte pour pas grand chose ! »
Vote des Vice-Présidences, deuxième partie conclusive !
Face à cette fronde, les parties ont repris le chemin de la négociation. « On s’est dit les choses, on s’est expliqué sur les différents sujets. Sans doute la tension, je prends ma part de ce moment de flottement. C’était une chambre de décompression. Il faut une loyauté sur les choix d’investissement, une même voix. Cette première proposition n’était pas une histoire de personnes, mais nous devons nous rassembler derrière des projets. Au final, nous avons plus de féminité (chez les VP), de l’expérience et des souffles nouveaux avec un respect des territoires ! », conclut le Président réélu de La Porte du Hainaut.
Dans la suite de cet accord, Anne-Lise Dufour confirme une loyauté, mais « une démission immédiate (de l’exécutif) en cas de désaccord sur un projet. »
La liste des VP 2026/2033
1er Vice-Président : Arnaud Bavay, maire d’Hordain, 65 voix sur 87 votants.
2ème Vice-Présidence : Isabelle Denizon, adjointe sur Roeulx, 62 voix sur 87 votants
3ème Vice-Président : Jean-François Delattre, maire de Haspres, 68 voix sur 88 votants
4ème Vice-Président : Nathalie Colin, maire de Rosult, 61 voix sur 88 votants
5ème Vice-Président : Pascal Jean, maire de Neuville-sur-Escaut, 53 voix sur 87 votants
6ème Vice-Président : Dalila Duwez-Guesmia, maire de Lourches, 56 voix sur 86 votants
7ème Vice-Président : Patrick Dufour, adjoint Saint-Amand-les-Eaux, 5è voix sur 87 votants
8ème Vice-Président : Anne Lemay, adjointe sur Nivelle, 54 voix sur 88 votants
9ème Vice-Président : Romain Merville, maire de Douchy-les-Mines, 48 voix sur 86 votants
10ème Vice-Président : Ludovic Aiguier, maire de Mastaing, 65 voix sur 86 votants
11ème Vice-Président : Anne-Lise Dufour, maire de Denain, 55 voix sur 86 votants
12ème Vice-Président : Salvatore Castiglione, maire de Wallers, 58 voix sur 86 votants
13ème Vice-Président : Eric Blondiaux, maire de La Sentinelle, 55 voix sur 87 votants
14ème Vice-Président : Jean-Claude Messager, maire de Lecelles, 55 voix sur 85 votants
15ème Vice-Président : Jean-Michel Michalak, maire de Sars-et-Rosières, 54 votants sur 85 votants
Suite à ce vote, VP par VP, Joshua Hochart met en exergue « un moment suspendu, un moment de tambouille politicienne. » Dès ce samedi 11 avril, le Conseil communautaire se réunit pour le Débat d’Orientation Budgétaire 2026 avec sans suspense un échange soutenu sur le sujet.
Daniel Carlier




















