Xavier Jouanin : « Il faut engager un débat communautaire sur l’eau, car son prix va s’envoler ! »
Dans la Voix du Nord, la publication du 19 juillet dernier sur le prix élevé de l’eau potable sur le Valenciennois a fait bondir le maire d’Onnaing. En effet, Xavier Jouanin est très engagé sur cette thématique au sein de Valenciennes Métropole comme sur le sujet du transport collectif gratuit au sein du SIMOUV.
Xavier Jouanin : « Il faut une régie publique de l’eau sur le Valenciennois »
Le comparatif du coût de l’eau potable dans le Nord, voire en France plus globalement, est piquant pour les consommateurs du Valenciennois. « Une famille avec 3 enfants paye 500 euros de plus à l’année que sur le Lillois ou le Dunkerquois ! », tance Xavier Jouanin.
Pour comprendre cette donnée, il faut revenir à la loi NOTRe et à son application sur le temps long. En effet, le transfert des compétences assainissement et eau potable au sein des intercommunalités, pour Valenciennes Métropole en janvier 2022, constitue le Big Bang financier que l’agglo traîne comme un boulet. Dans ce cadre, le maire d’Onnaing précise aussi ce que personne n’ose dire tout haut.
« Le Valenciennois paye la dette du SIAV (90 millions d’euros) », Xavier Jouanin
« Sur les 5 syndicats du Valenciennois, notamment sur Onnaing (SOVICA), la situation n’était pas si catastrophique. Par contre, nous payons la dette de 90 millions du SIAV ( Syndicat Intercommunal d’Assainissement de Valenciennes). J’étais contre cette fusion des syndicats », commente Xavier Jouanin en réponse à Véronique Dupire, la vice-présidente au cycle de l’eau sur la cAVM. Effectivement, l’absorption du SIAV par Valenciennes Métropole explique beaucoup du prix de l’eau sur Valenciennes et les villes environnantes.
Toutefois, le réseau de l’usine sous-urbaine vieillissant constitue également une réalité du Valenciennois comme le travail au long cours (et réussi) de la décarbonatation de l’eau potable dont le goût calcaire la rendait totalement impropre à la consommation au robinet.
En parallèle, sur la gestion privée de cette exploitation de l’eau potable, la marge est conséquente avec « aucune transparence sur la qualité de l’eau. L’eau devient rare. Il est évident que son coût va augmenter. Il faut engager un débat communautaire sur l’eau, car son prix va s’envoler ! », poursuit Xavier Jouanin.
Une régie publique de l’eau, bonne idée ?
Certes, ce sujet paraissait aussi désuet qu’un téléphone filaire il y a moins de dix ans. Pour autant, aujourd’hui, la gestion publique de l’or bleu devient central pour les intercommunalités. « L’eau est bien commun. Nous devrions à minima proposer 15 M3 gratuit, ou à un tarif très accessible, aux familles vulnérables et marquer une différence avec l’eau pour remplir sa piscine ! Je rappelle que le prix de l’eau est validé par les élus communautaires (sur proposition de l’exploitant) », poursuit Xavier Jouanin.
C’est pourquoi, on observe des grandes collectivités publiques (re)passer en régie après une très longue période en DSP (Délégation de Service Public), la tendance s’inverse et la prise de contrôle en direct de la gestion de l’eau devient un sujet éminemment politique.
Au bout du bout, la droite s’arcboute sur la limitation des frais de fonctionnement, par suite un appel à l’externalisation, pour la gestion de l’eau, voire pour éviter toute gratuité pour le transport public, car « quelqu’un paye la facture au final ! », disait l’ancien Président du SIMOUV. En fait, la gauche n’a-t-elle pas un coup d’avance avec cette idée d’une gestion de l’eau, accessible en terme de prix pour l’usager, voire pour la gratuité du transport, car seule ces initiatives permettront un meilleur contrôle de la dépense publique. La droite française et territoriale ne devient-t-elle pas la plus dispendieuse, la plus aveugle en terme de réflexion budgétaire, in fine la plus dépensière de l’argent public sans penser à moyen et à long terme sur des sujets aussi structurants… ? Contre toute attente, les poches publiques percées ne sont pas là où le commun des mortels pourrait le penser !
Daniel Carlier




















