(Municipales 2026) Valérie Fornies, maire/candidate en conscience des difficultés d’une gestion municipale.
Dans le Pays de Condé, la collectivité locale de Fresnes-sur-Escaut occupe une place à part comme un trait d’union entre la ceinture valenciennoise et cette terre historique minière. La maire sortante, Valérie Fornies, repart pour un 3ème mandat électif dans un climat national anxiogène pesant même au niveau local. Pour autant, l’édile se présente sur la ligne de départ sereine, mais attentive face à cette projection démocratique difficile à imaginer.

Valérie Fornies : « Une équipe prête à s’engager dans la vie de la cité »
Pas le temps de jeter un oeil dans le rétroviseur d’un mandat unique et étonnant où l’enchaînement des crises a bouleversé l’ordre local, la gestion des deniers publics comme notre rapport aux services de proximité publics comme privés. Durant 2 ans, chaque commune française n’a plus pensé que son petit territoire était une île… !
Dans cette optique, « vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage », disait l’écrivain Nicolas Boileau constitue une vertu plus que nécessaire pour des colistières et colistiers d’une liste… en 2026. « J’ai réuni une équipe prête à s’engager dans la vie de la cité. Elle est renouvelée d’environ 1/3, mais je n’ai pas été excluante pour personne. Ceux qui ne sont plus sur la liste ont souhaité partir pour des raisons personnelles », précise la candidate. En résumé, une liste sans fracas, ni dissidence, de 29 + 2 colistiers (et 3 sièges à l’agglo), et « avec des convictions de gauche et de droite, même si mes valeurs sont à gauche. Par respect pour toutes et tous, la liste sera enregistrée sans étiquettes (sauf autre choix de la Préfecture) », commente la candidate.
Effectivement, l’engagement d’un(e) maire, d’un(e) adjoint(e), voire d’un simple conseiller municipal, n’a plus rien à voir avec le siècle précédent. Même si la loi sur le nouveau statut de l’élu local (31/12/2025) apporte des nouvelles protections au Premier magistrat, une hausse modérée de sa rémunération, mais elle ne règle pas « le sujet de sa disponibilité pour assurer la charge de maire, et plus encore dans le privé que le public », commente Valérie Fornies.
Une gestion prudentielle et ambitieuse
Comme toujours, l’opposition est essentielle dans une démocratie, mais elle réduit souvent l’exercice de gestion municipale a une équation simple, alors que nous sommes plutôt sur des algorithmes complexes. « Je ne vois pas comment l’opposition peut en même temps doubler l’effectif de la Police Municipale (3 agents actuellement), donc à travers plus de fonctionnement, et en même temps investir (massivement) dans l’église Saint-Martin pour laquelle nous n’aurons aucun partenaires ! », tance la candidate.
C’est pourquoi, elle pointe le dossier emblématique de la réhabilitation lourde de l’ancienne Gare de Fresnes-sur-Escaut, une pépite bientôt achevée. « Nous ne préférons pas ce site de l’ancienne Gare des mines à l’église, mais nous avions des subventions notifiées de nos partenaires », commente Valérie Fornies.
Effectivement, le dossier de la rénovation lourde de l’église Saint-Martin constitue un sujet de tension locale. « Ce projet est sur la table et (en cas de réélection), nous associerons largement la population à cette réflexion », poursuit-elle.
Certains dossiers enjambent deux mandats comme celui de l’arrivée d’une centaine de logements sur la commune : « La population est recensée environ à 7 350 habitants, mais nous espérons quelques centaines de plus avec ces réalisations. » Là aussi, les partenariats sont multiples et « nous avons bénéficié de l’accompagnement de la CAVM, de l’Etat pour les dossiers ERBM (Engagement pour le Renouveau du Bassin Minier), et autres partenaires. Mon mandat de VP à Valenciennes Métropole n’a pas servi à rien ! »
« L’opposition confond une ligne de trésorerie et un emprunt », Valérie Fornies
Toutefois, il faut distinguer les subventions comptabilisées, en un mot notifiées par les services financiers de la collectivité publique partenaire, et la caresse d’un retour positif d’une demande de subvention. « Là, nous avons ouvert une ligne de trésorerie, de 1,5 millions d’euros, afin d’avancer les fonds des partenaires non crédités à ce stade, mais notifiés (donc assurés) », commente Arnaud Bavay, le DGS de la commune. « L’opposition confond une ligne de trésorerie et un emprunt ! », pointe Valérie Fornies.
Forcément, sur l’autre face de la pièce, vous avez des projets en attente. « Nous avons 1,7 millions d’euros en attente d’un retour des partenaires sur d’autres projets », ajoute le DGS. « C’est pourquoi, nous restons attentifs à l’évolution de certains dossiers dans l’éventualité d’une réélection, nous sommes ambitieux, prêts pour lancer certains dossiers si nous recevons des réponses positives, mais prudents au final ! », ajoute la candidate.
Une gestion locale maîtrisée
Quelques chiffres cernent assez correctement les contours d’une gestion budgétaire. En effet, la capacité de désendettement d’une collectivité publique demeure un juge de paix parlant. Cette donnée se situe « à 5,2 années fin 2025, puis 11,3 fin 2026 dans le sillage d’un investissement lourd (classique) et redescend de deux points en 2027 suite à la fin d’un prêt », commente Arnaud Bavay. Sur ce mandat de 7 ans, 3 emprunts sur 6 devaient s’éteindre avec un solde à payer de 6,5 millions d’euros comme dette de la collectivité locale au 31 décembre 2025.
Les services publics, le patrimoine de tous, est très surveillé sur Fresnes-sur-Escaut : « Nous avons remplacé le bureau de La Poste afin de conserver ce service à la population. Nous sommes indemnisés de 16 000 euros par an par La Poste, mais nous mobilisons 3 agents de la commune (donc le coût est plus conséquent). Ensuite, nous avons une agence France Services pour laquelle nous sommes indemnisés à hauteur de 50 000 euros par l’Etat (là également compensation insuffisante) », commente Valérie Fornies. Pour autant, la mise en oeuvre de cette décentralisation des services de l’Etat constitue une réponse positive de proximité, on entend peu de critiques, preuve politique que le rendu satisfait les élus locaux.
Sur les dossiers pour un prochain mandat espéré, Valérie Fornies énumère les sujets de questionnements des administrés, la sécurité et notamment routière, le logement, l’emploi, le pouvoir d’achat, la propreté de la cité, et « nous avons près de 70% de la population non imposable avec un salaire médian de 11 000 euros annuel. C’est pourquoi, je fais particulièrement attention à notre politique sociale ! », indique la maire. « Dans les consultations des habitants, la question du patrimoine constitue aussi un véritable sujet », indique la Première magistrate.
Des atouts et des faiblesses
Il faut jouer avec ses atouts, car Fresnes-sur-Escaut a très peu de foncier disponible pour le développement économique. « Toutefois, avec les services de l’agglo, nous avons identifié une petite zone économique de 10 hectares », explique-t-elle.
Par contre, la prochaine mise en service du nouvel écrin de l’ancienne Gare de Fresnes-sur-Escaut sera « un nouveau pôle d’attractivité pour notre commune. Par ailleurs, nous avons un patrimoine minier remarquable classé UNESCO et de fait suivi par les architectes des Bâtiments de France », souligne la candidate. De même, l’écrin vert sur certains sites de cette collectivité locale peut contribuer à cette attractivité accrue.
Quelles sont les listes sur la ligne de départ le 26 février prochain ?
Si la candidature de Valérie Fornies n’a jamais été un mystère, la liste du Rassemblement National a été investie officiellement par le député Guillaume Florquin et l’opposant historique, Fabrice Zaremba, au Conseil municipal aurait quelles velléités en la matière. Elue au second tour en 2020, Valérie Fornies attend la réalité de l’opposition pour cette respiration démocratique très attendue !
Daniel Carlier




















