Premier ROB du nouveau mandat, première contestation sur Marly !
Comme de nombreuses collectivités locales, la commune de Marly enchaîne post élections l’examen d’un ROB et de son Budget Primitif 15 jours plus tard minimum. Compte tenu du contexte national politique assez instable, c’est le choix d’une immense majorité des maires sortants afin de laisser le nouvel exécutif travailler sur leur budget 2026. Evidemment, cet exercice était attendu de pied ferme par la nouvelle opposition issue du second tour de ces Municipales 2026.

Jean-Noël Verfaillie : « Ce sont des orientations budgétaires, les données chiffrées sont pour le vote du Budget Primitif ! »
Quelques délibérations de routine ou technique, l’ordre du jour de ce 1er conseil municipal ne reposait de facto que sur le Débat d’Orientation Budgétaire. Pour le maire sortant, la trajectoire budgétaire n’est pas modifiée avec 3 axes forts et liés financièrement pour « une ambition forte pour la ville », indique Jean-Noël Verfaillie.
Son nouvel adjoint aux finances, Serge Moreau, traduit ce choix politique : « Nous allons continuer à contenir les charges de fonctionnement, construire une forte capacité d’autofinancement, baisser les impôts locaux et poursuivre notre PPI (Plan Pluriannuel d’Investissement). »
Evidemment, Marly n’est pas une île et la géopolitique rend toute prévision compliquée sur les dépenses publiques énergétiques. Compte tenu que les BP 2026 doivent passer au vote avant le 30 avril prochain, il est évident que la prudence sera de mise face à cette incertitude, une enveloppe « coup dur », ou autre appellation, pourrait même s’intégrer dans les budgets des collectivités locales françaises afin de ne pas revivre la queue de budget 2022, traumatisante !
Concernant la masse salariale, il y a 170 agents, mais Jean-Noël Verfaillie ne fait pas une idée fixe sur un nombre d’agents idoine, mais « plus descendre sous la barre des 50% la part de la masse salariale dans les charges de fonctionnement. » Une donnée qui ravit les organismes bancaires pour prêter de l’argent aux collectivités locales.
Sur le volet investissement, l’adjoint compare « 14,6 millions d’euros sur les deux derniers mandats d’investissement sous Fabien Thiémé et 35 millions d’euros sur le dernier mandat. »
Pour cette année 2026, les choix en la matière sont la poursuite de la rénovation de la rue Jean Jaurès (et en 2027). Dans l’épisode précédent, le Conseil départemental était intervenu sur le réseau d’assainissement, l’usine sous-urbaine toujours sous-estimée en coût et en durée de travaux. « Là, nous rénovons les voiries et les trottoirs, mais également certains aménagements paysagers, voire le parvis de l’église Saint-Jacques », précise le maire à l’occasion d’une question de l’opposition, car « deux ralentisseurs pour casser la vitesse seront financés par le département. Ensuite, le Conseil Départemental solde ses comptes sur cette RD73 qui passera en route communale, compte tenu de son rétrécissement et de sa sécurité renforcée (et position en centre-ville). Cela représente un coût de 6 millions d’euros pour la commune », poursuit l’édile.
Si l’heure des grosses dépenses n’est pas encore pour le Parc Urbain, Marly va, comme ses collègues, travailler à l’efficacité thermique de ses bâtis publics. « Nous devons réhabiliter l’hôtel de ville et la salle des fêtes. Au 1er étage, nous sommes encore en simple vitrage », précise le maire. Assurément, un chantier avec peut-être un fonds d’Etat associé pour diminuer le reste à charge (même si un assouplissement du Décret Tertiaire se dessine pour les initiés).
Et enfin, une poche de stationnement de 17 places, grâce à un aménagement de la rue Jules Guesde, devrait voir le jour en 2026 ; voilà pour les investissements saillants de cette année déjà bien entamée.
« Un débat a eu lieu, mais pas celui du ROB », Jérome Leman
Evidemment, forte de huit membres, Elodie THIEME, Marie Christine MINCHILLI, Laurent JEANNAS, Virginie MELKI TETTINI, Ludovic MORTAGNE, Malika LERICHE, Jérôme LEMAN et Karim BERBACHE, l’opposition marlysienne a voulu marquer immédiatement son empreinte et ses critiques face aux choix de la majorité sortante !
C’est Laurent Jeannas qui décoche la 1ère flèche avec un focus sur les dépenses de fonctionnement : « Certes, vous avez diminué le poste de la charge des salaires sur le fonctionnement, mais vous avez alourdi le coût des prestataires pour des services externes. En fait, votre bouée de sauvetage est le ratio fiscal avec une hausse globale des recettes. Cela vous permet de conserver une capacité de désendettement à 4,25 années (contre 4,35 en 2020). »
Ensuite, l’élu s’inquiète du financement de ce PPI 2026/2033 : « Comment allez-vous financer tout ce que vous avez promis sans faire exploser la dette ? C’est effrayant et je lance un appel à la raison ! »
Pour sa part, Jérome Leman, tête de liste du second tour et élu communautaire, demande des données concrètes : « Nous faisons un débat sur des chiffres, je souhaiterai que chaque adjoint présente ses budgets liés à ses délégations. » Le maire lui répond que « ce sont des orientations budgétaires, les données chiffrées sont pour le vote du Budget Primitif ! » L’ancien maire durant la Covid ne lâche pas le morceau : « Un débat a eu lieu, mais pas celui du ROB. » Dans cette optique, Jérome Leman a alerté le Sous-Préfet de Valenciennes « afin qu’il demande un réexamen du ROB à Marly. »
Enfin, Virginie Melki liste les dossiers « en souffrance comme certains quartiers oubliés, les salles des sports, l’école de musique, le reste de l’Avenue Barbusse sans oublier la salle culturelle qui vous aviez promise durant le dernier mandat. »
Ça promet pour le budget primitif d’ici deux semaines… !
Daniel Carlier




















