Communiqué des syndicats SNES, CGT, SUD du lycée Watteau de Valenciennes

 » Mardi 6 octobre, le gouvernement a annoncé vouloir instaurer dès le 7 octobre un « temps de parole et de démocratie interne » au sein de chaque lycée suite aux mobilisations lycéennes. Un timing que le SNPDEN, syndicat majoritaire des chef·fes d’établissement jugeait « irresponsable » et « irréalisable » en l’état. Répondant à la commande ministérielle, la direction du lycée Watteau a décidé, le mercredi 7 octobre en fin d’après-midi, d’organiser le lendemain un « temps d’échange » avec les élèves dont l’objectif était de « recueillir la parole des élèves sur leur vécu au lycée, leurs difficultés et leurs propositions d’améliorations ».

Les représentant·es des syndicats SNES, SUD et CGT, s’associent à des enseignant·es du lycée Watteau pour refuser ce simulacre de démocratie. Les élèves qui se mobilisent depuis la fin du mois de septembre pour exprimer leur mécontentement et leurs inquiétudes face à l’avenir méritent mieux que des violences policières, des arrestations et du mépris. Ils et elles méritent mieux qu’une mascarade visant à leur faire croire qu’on tend l’oreille tandis qu’on espère, seulement, faire taire leurs revendications. Nous qui les côtoyons au quotidien et avons tissé avec elles et eux un lien de confiance, nous n’avons pas attendu la pseudo-consultation du ministère pour entendre leur parole, comprendre leurs inquiétudes et leur malaise. Nous ne refusons pas le dialogue avec les élèves, bien au contraire, mais nous refusons de leur laisser croire que la démocratie consiste à les laisser émettre des propositions citoyennes qui resteront lettre morte. Nous ne savons que trop comment ont fini les cahiers de doléances des Gilets jaunes ou les recommandations de la Convention citoyenne pour le climat.

Nous apportons notre soutien aux élèves qui se mobilisent, comme nous l’avons fait mardi 6 octobre en les accompagnant pour manifester dans le calme et l’apaisement. Nous nous associons à leurs revendications, qui pour une grande part sont également les nôtres, et dénonçons la répression violente des manifestations, qui relève d’une réponse sécuritaire là où la situation réclame un véritable courage politique et budgétaire.

Nous refusons également de nous prêter à un jeu qui fait des fonctionnaires – personnels d’encadrement ou enseignant·es – les instruments destinés à éteindre les braises en prétendant pouvoir apporter des réponses qui ne sont pas de notre ressort : la plupart des revendications portées par nos élèves – sur l’état des locaux, les dotations des établissements – relèvent de l’État ou des collectivités territoriales, et aucun temps d’échange entre élèves et professeur·es ne pourrait y apporter un quelconque changement sans action politique d’envergure.

Notre rôle d’enseignant·es dans l’École de la République est aussi de former des citoyen·nes éclairé·es. Nous refusons de contribuer à éteindre la lumière.« 

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