Echanges sur l’immense difficulté financière, l’ambiance était grave au sein du comité syndical du SIMOUV, mercredi dernier, le transport scolaire, les obligations de la nouvelle DSP en terme d’investissement étaient également au menu…

Le SIMOUV doit payer les droits de succession du SITURV

Le Rapport d’activité

Pas d’information nouvelle sur la situation financière extrêmement contractée en 2015 avec une lueur d’espoir tout de même « sur les 9 derniers mois d’exploitation, la RATP Dev avait un objectif de coût à respecter et il le fut à 2 000 € près sur plus de 30 millions d’euros, c’est prometteur pour la suite« , constate Gérard Delmotte, vice-président au SIMOUV.

Cette donnée permet une nouvelle projection budgétaire. Au lieu d’un désendettement sur 82 ans, elle est réduite à l’horizon 2022 à 14 ans. De nombreux élus ont mis en exergue « un héritage très lourd » même si les frais d’actes notariés de la succession du SITURV ont donc un peu baissé grâce à cette nouvelle exploitation du réseau de transport public.

Néanmoins, la présidente rappelle que la marge de manoeuvre est très limitée voire quasi nulle en terme d’investissement, le Versement Transport est au plafond (2% de la masse salariale) et les subventions des agglos, déjà à 12 millions d’euros cumulées, sont énormes dans une période de réduction des dotations de l’Etat.

Un constat que Pascal Vanhelder, vice-président, a voulu poursuivre sur plusieurs aspects et notamment « le rôle des Parkings Relais quasiment vides alors qu’ils devraient participer à une politique de délestage. Ensuite, il faut réduire la fraude activement« . Un acte délictueux dont le coût abyssal pour la collectivité concerne chaque habitant du Valenciennois.

A ce titre, la présidente du SIMOUV a indiqué que la loi SAVARY était en vigueur « avec le zéro fraude » . Toutefois, Jean-Claude Dulieu souligne que l’on est passé d’ aucune présence dans le tramway à un contrôle soutenu « et les usagers ont pris une mauvaise habitude, nous sommes en partie (les élus) responsables« .

Certes, ce territoire en souffrance aurait pu dès le début bénéficier d’un transport collectif gratuit. Tel n’a pas été le cas et par suite, l’emprunter gratuitement c’est fraudé. Anne-Lise Dufour répond dans la foulée « quand on ne paye pas son transport en commun, on fraude« . Le nouveau design de bus de Transvilles, d’une couleur rouge très punchy, n’a pas oublié la phrase clé « je monte, je valide  » tout est dit !

L’audit financier

Un audit financier externe a confirmé le coût singulier de la ligne 2, phase 3, vers le Pays de Condé.   » Elle a été beaucoup plus chère que prévue et a dégradé notre capacité d’investissement pour l’avenir. Il faut dire les choses clairement, nous n’avons pas les moyens de financer la ligne Valenciennes/Quievrechain« , souligne Anne-Lise Dufour. Il faut tout de même rappeler que le maillage complet du territoire constituait un engagement à la base pour l’obtention des fonds européens pour la phase 1… Espérons qu’il n’y est pas un contrôle sur le sujet !

Néanmoins, l’ensemble de l’hémicycle est d’accord pour constater une situation financière inquiétante, voire déplorable, mais également un réseau existant de grande qualité.

Transport scolaire et…ligne 2 phase 4 !

Sujet récurrent depuis le choix par le Conseil départemental de ne plus financer le transport scolaire. Par contre, cette somme d’1,5 millions d’euros a été comblée par le SIMOUV afin de permettre une bonne rentrée scolaire. Bien sûr, l’échange est reparti sur le sujet longuement débattu dans des réunions précédentes. Le Conseiller départemental, Jean-Noël Verfaillie, souligne toute de même « que cela vous choque que le Conseil départemental indique qu’il n »a pas l’argent pour assurer cette dépense alors que vous indiquez très naturellement que le SIMOUV n’aura jamais les moyens de réaliser la ligne vers Quiévrechain !! »

Anne-Lise Dufour prend la balle au bond « il y a une différence entre ce que l’on fait et ce que l’on ne fait plus« . La présidente du SIMOUV ajoute pour l’aspect pratico-pratique que « cette ligne BHNS (Bus à Haut Niveau de Service), entre Valenciennes et Quiévrechain, pour un coût de 19 millions d’euros, aurait permis de diminuer le temps de trajet seulement de 7 minutes entre Quiévrechain et Valenciennes dont 6 minutes sur la ville centre« . C’est pourquoi les services de l’ancien SITURV se hâtassent, avant les élections municipales de 2014, de faire valider les tracés dans les communes concernées par ce nouveau tracé vers Quiévrechain, voire aux portes de l’élection, car 7 minutes de plus c’est beaucoup, beaucoup, beaucoup trop !

Sur le transport collectif, Fabien Thiémé et Jean-Noel Verfaillie se sont rejoints pour demander aux services du SIMOUV de revoir la non prise en charge des élèves de la Briquette se rendant dans les établissements scolaires sur Marly. En effet, ces derniers doivent passer par Valenciennes en bus afin de rejoindre Marly… le coût serait de 27 000 € pour le SIMOUV. « Je comprends très bien cette demande mais je n’ai pas cet argent. De plus, cela ferait une jurisprudence en la matière pour toutes les communes« , répond Anne-Lise Dufour.

Un débat infini sur le transport scolaire qu’Eric Renaud et Pascal Vanhelder commentèrent presque sur le même ton : « Le 01 janvier 2017, la région conformément à la loi NoTRE, va devoir statuer sur la compétence transport intercités et le 01 septembre 2017 sur le transport scolaire. Nous serons seulement à cette date qu’elle sera la politique régionale sur le sujet« . Il est fort à parier qu’avant 2 élections majeures en 2017, nous assistions à une omerta totale sur les intentions de la région…

Le ticket moins de 3 km

A défaut du Conseil départemental, le titre de transport plus de 3km a été mis en place par le SIMOUV au premier semestre 2016. Néanmoins, un oubli est revenu tel ou boomerang avec celui pour une distance de moins de 3 km. « Fin juillet, nous avons décidé en urgence de concevoir un titre de transport scolaire pour les jeunes qui habitent à moins de 3 km. C’est un succès, nous avons doublé le nombre d’abonnement de transport scolaire en septembre 2016 par rapport à 2015« , précise la présidente. Toute la nouvelle grille tarifaire sur www.transvilles.com

Aymeric Robin, maire de Raismes, exprime un satisfecit à toutes les équipes du SIMOUV et de Transvilles pour « leur efficacité dans l’élaboration de ces titres de transports. A la rentrée 2015, j’étais submergé de demandes, en septembre 2016, rien du tout » et le changement d’un service qui ne se remarque pas est la marque de fabrique d’un excellent travail administratif derrière…

Zone de retournement

La nouvelle DSP avec la RATP Dev implique dans le cahier des charges quelques investissements porteur économiquement. « Nous devons réaliser une zone de retournement du coté de la zone de loisirs, proche station Vosges, c’est dans la DSP« , souligne Anne-Lise Dufour.

Cet aménagement visant à réduire le nombre de km parcourus va démarrer aux vacances de Toussaint, avec une interruption du réseau entre la zone de loisirs et l’UVHC pendant les vacances scolaires, puis une poursuite de travaux pour une mise en fonction de cet espace de retournement à la rentrée 2017.

Publié par Daniel Carlier le 6 octobre 2016
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Anne-Lise Dufour « Nous n’avons pas les moyens de financer la ligne Valenciennes/Quiévrechain »
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