La 9e édition du Next Festival démarre ce jeudi à l’opéra de Lille, et se poursuivra sur un territoire culturel élargi, l’Eurométropole, allant de Valenciennes à Lille, puis Courtrai, Tournai. Deux structures valenciennoises sont partenaires, l’espace Pasolini et le Phénix, pôle Européen de création qui officialise son partenariat.

«Venir au Next, c’est se questionner sur ce monde où l’on ne s’entend plus, où l’on ne se parle plus.»

Ce festival franco-belge novateur est porté par six structures de l’Eurométropole : les deux Valenciennoises précédemment citées, La rose des vents de Villeneuve d’Ascq, scène nationale Lille Métropole, le Schouwburg et le Kunstencentrum BUDA de Courtrai ( B) et la Maison de la Culture de Tournai (B). Elles vous proposent de découvrir les spectacles qui vont faire battre le cœur de l’Europole durant les prochains jours. 17 jours, 66 représentations, 33 compagnies, 22 nationalités, des créations uniques, fortes et parfois aussi dérangeantes, portées par des artistes venant du monde entier.

«Dans un monde de plus en plus réglementé, le Next Festival est essentiel aujourd’hui. Y jouent des artistes qui nous permettent d’oublier ce cadre rigide . Les artistes, ces combattants anti-Daech. Aujourd’hui nous vivons dans un monde de peur. Aller voir un spectacle, c’est s’ouvrir au monde. Venir au Next c’est se questionner sur ce monde, où l’on ne s’entend plus, où l’on ne se parle plus », annonce Nathalie Le Corre, directrice de l’espace Pasolini. Il est vrai que l’année dernière, le soir de l’inauguration du Next, les attentats de Paris ont coûté la vie à des centaines de personnes, et très rapidement les impératifs sécuritaires ont réactivé les frontières, au cœur même de l’Eurométropole. Mais la culture…

Choc. On ouvre la brochure et en première page, une photo d’artiste, de dos, accroupi sur la scène, entre ombre et lumière, le poing levé. S’il fallait résumer, ça c’est fait.

Le Next Festival, projet sur l’Eurométropole, ne bénéficie plus des Fonds Européens.

Le partenariat avec le Phénix, scène nationale et pôle européen de création, au sein de ce festival connu et reconnu, aide à peser plus lourd dans la balance. Seulement depuis deux années, le festival Next ne bénéficie plus des crédits européens Interreg. On le sait trop bien, dès qu’il est question de baisse de subventions, c’est la culture qui trinque! Bah voyons, quel mauvais choix que celui-ci ! La culture, ce vecteur visible et spectaculaire du sentiment d’appartenance à un territoire commun, à une identité commune. Voudrions-nous nous faire croire qu’elle n’est pas absolument nécessaire ? Elle est juste vitale.

L’artiste Dries Verhoeven, qui présentera l’installation vidéo Guilty Landscapes, explique dans ces propos sur l’Europe «ce qui manque c’est une âme partagée (…)nous pouvons essayer de faire lever aux gens les yeux de leurs écrans. Nous pouvons essayer de pirater leurs téléphones portables et y programmer des miroirs. D’une main douce ou dure nous pouvons les ramener dans le monde réel. Ce n’est que quand ce désir de liens sera ressenti qu’il sera effectif et qu’on aura à nouveau la perspective d’une forme organisée de ce sentiment».

Résister. Ouvrir. Bouger. Penser. Changer. Échanger. Rêver…

Résister à ces frontières qui se referment. Ouvrir les esprits et l’ espace culture. Bouger sur le territoire de l’Eurométropole. Penser différemment. Changer les mentalités. Changer les idées. Changer le monde. Échanger tous ensemble sur la culture, le monde, la vie. Et rêver…ensemble.

Car au Next, c’est aussi, comme le rappellent Nathalie Le Corre et Hermann Lugan, directeur adjoint du Phénix, la diffusion de la culture à tous. Des navettes gratuites qui emmènent les spectateurs au théâtre, mais c’est aussi un surtitrage des spectacles pour faciliter l’accès au plus grand nombre. Le surtitrage vous pose question ? Au souvenir de celui des Bienveillantes au Phénix, le roman de Jonathan Littell, adapté et mis en scène par Guy Cassiers, dans une pièce en néerlandais, surtitrée en français. Une valeur ajoutée, on peut vous confirmer l’adaptabilité de celui-ci, la langue de la version originale colle à la perfection à la dureté et à la rugosité de la pièce. Il n’aurait pas fallu y toucher autrement.

Les spectacles Valenciennois et les navettes

NEXT approche à grand pas et le plus difficile aujourd’hui c’est de choisir parmi les spectacles de danse, de théâtre et les performances ! L’ouverture, c’est le 17 novembre à l’opéra de Lille, avec Nicht Schlafen d’ Alain Platel / les ballets C de la B (B), des navettes sont au départ de Valenciennes.

A Valenciennes, au Phénix, le 18 novembre à 18h00, MDLSX de Motus (I) compagnie italienne connue du Next, déjà accueillie à La rose des vents. Cette ode explosive à la liberté, la diversité et la confusion des sexes sur fond de musique endiablée. C’est une réflexion sur le genre avec une écriture très engagée. L’auteur est parti du livre Middlesex , de Jeffrey Eugenides, prix Pulitzer 2003. Comment se situer lorsque l’on ne rentre pas dans les cases imposées? L’actrice, Sylvia Carderoni, et son physique androgyne, emmène le public dans un monologue, une véritable performance.

Le 18 novembre, à l’espace Pasolini, à 20h00, Arranged by date de Lenio Kaklea, la chorégraphe grecque définit cette pièce comme « une radio-danse » avec à l’origine une anecdote : l’oubli du code de sa carte de crédit. A 21h00, l’artiste poursuivra sa soirée Next, avec Margin Release, un univers en trompe l’oeil, rempli de masques et de chirurgie plastique verbale. Puisé dans les pratiques de la Rome Antique, où le visage du mort était fixé à l’aide d’un masque de cire, la pièce voit la danseuse et sa partenaire, Katerina Andreou, jouer un « bas les masques » authentique.

next 3 775 425Le 19 novembre à 20h00, Katerina Andreou revient avec A Kind of Fierce, un solo danse sur lequel elle se révolte et reconquiert sa liberté sur scène. La question du rapport entre la loi et l’autonomie, entre l’autorité et le libre-arbitre est la base de ce spectacle.

La soirée du vendredi 25 novembre s’annonce riche en réflexions, avec à l’espace Pasolini, à 19h00, Man anam ke Rostam bovad pahlavan ( c’est par Rostam que j’hérite de ma gloire) d’Ali Moini. L’idée du double est au cœur de ce projet de l’artiste Iranien. Sur scène, attaché par un système de poulies à une marionnette de taille humaine, le performeur interroge sur la question de la volonté, de la manipulation. La machine peut prendre le pouvoir? A 20h30, au Phénix, Five easy pieces de Milo Rau / IIPM / Campo. Estampillée interdit aux moins de 16 ans, cette pièce du metteur en scène très engagé Milo Rau est jouée par des enfants candides qui reconstituent des moments clés de l’affaire Dutroux. Âgés de 8 et 13 ans, ils incarnent différentes personnes qui ont gravité autour du monstre. Un spectacle joué par des enfants mais qui ne s’adresse qu’aux adultes. Ne vous y trompez pas! Milo Rau montre à sa manière comment les rêves d’enfants viennent se fracasser sur le monde des adultes. Un spectacle qui bouscule les tabous!

Le 1er décembre, à Pasolini, L’étonnement ne s’attend pas d’Elisabete Francisca et Teresa Silva. Une litanie absurde pour deux déesses et miettes de meringues. Elles broient les meringues au rythme du monde qui se désintègre.

Allez on embarque,  en vélo, en voiture, en train et même en navette, on part pour l’aventure NEXT FESTIVAL.

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Départ imminent pour une aventure culturelle et artistique qui nous promet des montagnes d’émotions, comme seule la culture sait faire. Des personnes ressources sont là pour vous guider ou vous aider à faire votre choix. Cette année, nouveauté, un lieu central pour refaire le monde, le Next Café, basé à Courtrai, est ouvert tous les jours de 11h à 20h. Véritable lieu de rencontres intéressantes avec le public et les artistes, de conférences inspirantes, l’installation de Dries Verhoeven y sera.

La culture comme antidote, des petites lumières, comme celles allumées lors de la fête des lumières à Lyon, des petites lucioles pour éclairer l’obscurité. Au Next, la culture n’a pas de frontières. L’Eurométropole va vibrer aux sons et aux images du festival. Ici, on voit ce que l’on ne pourrait voir ailleurs, on ressent des émotions que l’on ne pourrait ressentir ailleurs, c’est toute la magie du Next Festival. Alors laissez vous entraîner, envoûter, dans l’aventure. L’ouverture d’esprit entraîne celles des yeux et du cœur…

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Renseignements : Du 17 novembre au 3 décembre 2016.

Programme complet sur www.nextfestival.eu

Publié par Celine Druart le 16 novembre 2016
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Le NEXT, le festival qui repousse les frontières.
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