Après les sites d’Anzin et de Maubeuge, l’Ecole de la 2ème Chance Grand Hainaut poursuit son déploiement dans le sud du département. Cette fois, elle pose ses valises pédagogiques sur la commune de Fourmies et par ricochet dans un secteur géographique assez enclavé en terme de mobilité (visuel de l’antenne E2C/rue Leo Lagrange sur Fourmies).

(Visuel Cathy Ducrocq à droite, directrice E2C Grand Hainaut)

Fondée en 1997, l’école de la 2ème chance a déployé 46 écoles en France, sur 110 établissements. Sur le Grand Hainaut en 2010, 2 sites se sont ouverts en même temps avec Anzin et Maubeuge. Aujourd’hui, c’est une nouvelle étape avec l’arrivée d’une antenne sur la commune de Fourmies. « Un site accueille plus de 50 jeunes par an au sein de ses cycles de formation et une antenne moins de 50 chaque année », précise Cathy Ducrocq, la directrice de cette E2C Grand Hainaut depuis l’origine.

«L’E2C n’est pas une école comme les autres»

Pas de vacances scolaires, pas des élèves, mais des apprenants car « l’E2C n’est pas une école comme les autres. Nous apportons notre propre pédagogie d’accompagnement. Il n’y a pas de professeurs, mais des référents, et ils sont en capacité d’aborder individuellement les problématiques de chaque participant», explique-t-elle. Elle concerne exclusivement, à l’inscription, des jeunes de 18 à 25 ans, avec une coupure scolaire de plus 6 mois, sans qualification et sans diplôme. Le « contrat » inclut une formation, voire plutôt « une remise à niveau des jeunes durant 9 mois dont le niveau scolaire est très bas, notamment dans les matières de base. Par contre, nous ne sommes pas une structure de lutte contre l’illétrisme. D’ailleurs, les titulaires du Brevet des Collèges sont acceptés maintenant », poursuit-elle.

Ensuite, après ces 9 mois, une période d’accompagnement s’étale sur 15 mois supplémentaires durant lesquels, les E2Ciens participent à un stage en entreprise. « Nous avons au sein de notre Conseil d’administration, et c’était ma volonté initiale, des entreprises comme PSA, GRDF, EDF, Auchan Louvroil etc. » , déclare Cathy Ducrocq. Ces multiples partenaires permettent un résultat probant, presque logique puisque «nous avons 50 % de sortie positive après 9 mois, et plus de 70 % après 2 ans ; c’est à dire en formation qualifiante, en CDD de plus de six mois voire en CDI», poursuit-elle. Cela démontre clairement que le lien éducation/apprentissage d’un métier constitue le moteur d’un accès à l’emploi pour tous quel que soit son parcours de vie. « Les échecs (abandons etc.) au sein de l’E2C sont exclusivement liés à des problèmes périphériques, familiaux, logement, santé, financier etc. Nous essayons de résoudre ces derniers dans la mesure du possible. Il n’y a pas une journée sans un problème social ! », explique la directrice de l’E2C Grand Hainaut.

e2CLe public visé est de facto celui des décrocheurs, celui d’un jeune dont l’échec est le miroir imparfait de notre système éducatif. Une initiative plus que pertinente en 2017, mais qui toutefois va devoir s’adapter à une nouvelle donne. En effet, le décrochage scolaire démarre dès le collège, même en 6ème, et parfois en primaire comme le soulignait le proviseur du Lycée Watteau, Régis Dufour Lefort, dans un entretien début janvier 2017. La fourchette fermée d’accueil  18-25ans va devoir être repensée tôt ou tard au sein de l’E2C.

Voilà le décor cadre d’une structure en cours de développement avec, en 2017, déjà 103 stagiaires sur Anzin, 57 stagiaires sur Maubeuge et 40 en prévisionnel sur Fourmies dès cette année.

Des décrocheurs… aussi sur Fourmies !

Bien évidemment, la problématique de taille sur le secteur de Fourmies, commune de 13 000 habitants, méconnue, très verte, avec un tissu de commerçants de proximité développé, est son enclavement très sévère. A 1H15 en voiture de Valenciennes, le déplacement en train demeure coûteux, rien n’est simple lorsque l’on parle emploi sur ce secteur géographique !

D’ailleurs, c’est symptomatique, la réunion d’informations technique de l’E2C, du jeudi 16 février dernier au sein de l’hôtel de ville de la commune de Fourmies, fut un grand succès. On voit cela sur le Valenciennois avec un ministre voire une invitation du Sous-Préfet, mais jamais pour une réunion technique d’informations. « Je suis impressionnée par le nombre de partenaires présents à cette réunion », commente Cathy Ducrocq. Elle peut le dire car une trentaine de personnes étaient présentes, issues de toutes les structures partenaires potentielles comme le département, la commune, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat, la communauté de communes, Pôle Emploi, et tous les autres organismes d’insertion concernés etc., comme la mission locale « qui représente 75% de nos participants à ce jour », précise-t-elle. Pas de doute, sur Fourmies, la main tendue est attendue et désirée par tous les acteurs locaux. Ensuite, Cathy Ducrocq s’exprime directement aux entreprises « testez ces jeunes. Il faut avoir un regard différencié, ils sont capables de… ».

Les jeunes décrocheurs de ce secteur géographique, entre 18 et 25 ans, pourront intégrer, sur sélection, cet organisme E2C. « Envoyez des candidatures dans les meilleurs délais car notre premier comité de sélection se déroulera le 04 avril prochain »,  indique la directrice générale E2C Grand Hainaut. Ensuite, les comités suivants se dérouleront le 30 mai et le 31 octobre sur Fourmies.

Cette antenne locale va s’articuler avec le prochain recrutement de 5 collaborateurs, dont un(e) directeur(e) spécifique pour cette structure dans l’Avesnois. Voilà, une implantation très ciblée qui devrait répondre à une carence parfaitement identifiée… !

Publié par Daniel Carlier le 19 février 2017
Cathy Ducrocq E2C Fourmies
L’E2C avait des « Fourmies »  dans les jambes !
Facebook Twitter Linkedin
Print Friendly, PDF & Email