Suite de ce point d’étape avec le Sous-Préfet, le chômage et ses outils pour y remédier, le développement économique, la politique de logement…

Chômage de masse

Le nombre de personnes sans activité demeure très important sur cet arrondissement. Le chiffre brut est de 15,2% au dernier trimestre 2016 « ce qui représente une baisse de 2,40% par rapport à 2015. Toutefois, cela reste 2 points au dessus de la région Hauts-de-France, elle-même 2 points au dessus de la moyenne nationale », souligne le sous-préfet.

Pour lutter contre ce fléau, un comité de surveillance, baptisée SPELOF, est en place sous la co-présidence de Valérie Létard, 1ère VP de la région des Hauts-de-France, et de Thierry Devimeux, le sous-préfet. Les participants sont tous les acteurs de la formation, des services de l’Etat, de l’emploi pour personnes valides ou handicapées etc., une réunion est prévue toutes les six semaines et 5 sujets ont été ciblés « l’employabilité des jeunes, le diagnostic du territoire, le frein à la mobilité, le besoin de formations, et pourquoi les TPE ne recrutent pas », déclare le Sous-Préfet qui précise « que Toyota n’arrive plus à recruter sur le Valenciennois, il doit se tourner vers d’autres territoires ».

Développement économique

Bien sûr, le dossier Vallourec occupe tous les esprits. «L’entreprise joue le jeu et s’appuie beaucoup sur les services de la Dirrecte. Au final, le nombre de licenciements secs sera très réduit », précise le sous-préfet.

La surprise 2016 avec l’arrivée de Safran «  et le dossier technique est en avance sur leur calendrier. Le bâtiment devrait être achevé fin 2017 », ajoute-t-il.

Le dossier de l’abattoir de Valenciennes est pris très au sérieux par les services de l’Etat, mais « également la ville de Valenciennes, le maire considère que c’est un outil important pour le territoire. Afin de poursuivre son activité, il doit se moderniser. La gouvernance (l’actionnariat) est en train de changer », précise Thierry Devimeux.

La vétusté et le coût de l’abattage ont plombé l’attractivité de cet abattoir, aux portes du centre-ville. Les professionnels se sont rabattus, pour certains d’entre eux, sur la Belgique avec un coût inférieur, déplacement compris.

Une entreprise peu médiatique est mise en exergue par le Sous-Préfet. Amival produit des aérosols, c’est une entreprise classée SEVESO, avec de fait des produits dangereux, voire très explosifs. « Elle connaît un développement et a décidé de déménager vers la Z.I de Prouvy-Rouvignies. Nous avons accompagné cette entreprise, avec les services de la DREAL, ce dossier a nécessité de l’intelligence collective », précise le Sous-Préfet très satisfait qu’elle quitte le Faubourg de Paris.

Le sujet A2/A23 est à conjuguer au passé, les bouchons notamment sur la Sentinelle sont terminés grâce à ce raccordement salvateur.

Le canal Condé Pommeroeul commence sa phase de dragage en 2017

Axe connexe au CSN (Canal Seine Nord), le raccourci fluvial Condé-Pommeroeul est en phase active. «Les aires de stockage des boues sont achevées en 2016. Pour cette année, la phase de dragage va démarrer et se terminera en 2018». Cet axe fluvial est fondamental pour le lien avec la Belgique, voire plus largement l’Europe du Nord.

Et voici de retour, devinez quoi, la ligne ferroviaire Valenciennes-Mons ! En effet, les 11 km de cette voie ferrée, pour un coût de 15 millions d’euros, reviennent sur le devant de la scène. La SNCF revient à la charge car son potentiel Fret sur le Lillois est totalement saturé. Par ricochet, cette ligne franco-belge redevient attractive.

Mardi dernier, le secrétaire d’Etat aux transports était présent sur Denain pour annoncer un financement de 2 millions d’euros, sur 4,5 Millions d’euros, d’un raccordement à l’A21. « L’habitude sur ce type de projet routier est une participation à hauteur de 10% de l’Etat », précise le Sous-Préfet.

Le logement et politique de la ville

Après un volet ANRU 1, le plus important sur l’hexagone, le nouveau plan national va bénéficier aux 2 agglomérations à travers sa nouvelle mouture.

Au niveau des enveloppes financières pour la politique de la ville, l’année 2017 sera faste « avec pour le logement social, un passage de 420 000 € en 2016, nous passons à 1,2 millions d’euros en 2017. Ensuite, pour le logement privé, une avancée de 4,6 millions d’euros à 6,5 millions d’euros, ce sont des fonds destinés la rénovation, l’efficacité thermique etc.« .

Dans cette optique, Bernard Cazeneuve sera présent le 07 mars prochain dans le Pas-de-Calais pour présenter le plan minier, en faveur de l’habitat sur l’ensemble du corridor minier, fortement présent sur le Valenciennois.

Ensuite, la thématique du logement indigne est extrêmement sensible, cette lutte contre l’insalubrité a une résonance toute particulière sur le Hainaut. En effet, en 2016, le Denaisis a été particulièrement visé avec un service, de 8 personnes à Denain, sur ce thème toute l’année. Des opérations de contrôle ont été menées avec la mise en exergue de propriétaires indélicats « pour lesquels, je signe un arrêté d’expulsion des locataires avec une obligation de relogement des occupants, dans l’attente de la mise en conformité du logement », précise le Sous-Préfet.

Toutefois, un sujet reste délicat car sur près de 70 arrêtés de péril, donc départ immédiat pour une mise en sécurité des occupants, il y a un 1/3 de propriétaires occupants. « C’est très difficile à gérer humainement lorsque vous devez expliquer à des personnes qui ont habité un logement depuis toujours, que ce dernier est devenu dangereux pour eux », commente Thierry Devimeux. La réalité du cordon minier est que des propriétaires occupants vivent, parfois, dans une précarité terrible. Aucun dispositif n’est encore en mesure de sécuriser, à tous les niveaux, le maintien des occupants à domicile. Le choix se porte sur un logement social, certes attribué, mais le maintien dans l’habitat initial n’est-il pas l’essence même d’une politique sociale éclairée ? Des annonces seront peut-être intéressantes dans le domaine, mardi prochain, avec le Premier ministre à l’occasion de l’annonce du Plan minier.

Les fonds de soutien

L’Etat de proximité dispose de deux fonds pour soutenir les investissements locaux. La DETR, pour les villes de moins  de 20 000 habitants, concerne 75 communes sur les 82 du Valenciennois. « Sur 70 projets présentés, 35 ont été sélectionnés autour d’une enveloppe d’1,6 millions d’euros ».

Ensuite, le FSIL (Fonds de Soutien aux Initiatives Locales) a abondé 20 dossiers à travers une enveloppe globale de 3,8 millions d’euros.

Enfin, la FCTVA est remboursée, 21 millions d’euros en 2016, aux communes qui ne récupèrent pas la TVA. Le délai peut passer de 2 ans à 1 an sous certaines conditions.

Le sujet de l’UNESCO sera abordé dans l’article de ce mardi 07 mars, suite à l’habillage des transports en commun du réseau Transvilles.

Publié par Daniel Carlier le 5 mars 2017
Thierry Devimeux
Un territoire écartelé entre développement et chômage de masse
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