Jean-Baptiste Eymeoud, le directeur général d’Alstom France fait une tournée des 12 sites sur le sol français du groupe Alstom. Bien sûr, celui de Petite-Forêt est incontournable sur l’échiquier de l’industriel français, et notamment sur son rôle pivot dans la production du matériel roulant dans l’hexagone.

Jean-Baptiste Eymeoud : « Le site de Petite-Forêt est un des 4 sites intégrateurs en France »

Présent depuis 18 mois à la fonction de directeur général d’Alstom France, Jean-Baptiste Eymeoud vient expliquer aux équipes d’Alstom la stratégie industrielle sur le terrain. En quelques chiffres, Alstom est composé de 32 000 salariés dans le monde, dont 8 500 en France. L’activité de ce Groupe industriel, où l’Etat reste actionnaire, se décline sur le matériel roulant, la signalétique, les systèmes, les services, la pose de rail… La position du site de Petite-Forêt est prépondérante dans la galaxie Alstom. « Le site de Petite-Forêt est un des 4 sites intégrateurs en France », souligne Jean-Baptiste Eymeoud. En clair, l’unité du Valenciennois est à la fois un site de production, mais également de Recherche & Développement, et plus encore demain.

Concrètement, plusieurs commandes sont sécurisées, une commande de 20 rames avec la RATP, le métro d’Hanoï, une série de tram/train en île de France, et puis la très médiatisée signature du contrat du siècle pour la fabrication du RER NG.

En effet, fin 2016 et début 2017, la concrétisation du contrat avec le STIFF (Syndicat des transports Urbains île de France), en partenariat avec Bombardier, a redonné de l’oxygène à la production de matériel roulant. Concerné au premier chef à travers la production, mais également la section R&D (Recherche et Développement), le site de Petite-Forêt peut voir un avenir radieux à long terme, mais pas avant 2019. Pour l’heure sur Petite-Forêt, l’outil productif « va connaitre une baisse de production, avec une fin de cycle de 3 projets. Il y aura une phase de sous-production en 2017/2018 », explique Jean-Baptiste Eymeoud.

La conséquence directe sera le recours « au chômage partiel, mais également des salariés détachés sur d’autres sites de productions, voire détachés chez des unités de clients », précise le directeur général.

Pour autant, le site de Petite-Forêt est un au coeur du réacteur de la R&D pour le Groupe Alstom. 80 % de cette dernière est basée sur le Valenciennois dans le domaine du matériel roulant, métro, tramway, tram/train etc. Dans ce domaine « le site de Petite-Forêt a une expertise mondiale. Ici, nous recrutons des ingénieurs actuellement », poursuit-il.

Autre montée en puissance sur le Valenciennois, un atelier dédié à l’aménagement intérieur d’un matériel roulant. « Il récupère cette compétence sur quasi tous les projets de matériel roulant. A ce titre, nous recrutons également en ce moment ».

Cette journée d’échanges avec les équipes de management, les syndicats etc. s’est bouclée par une heureuse nouvelle. La signature d’un contrat avec le Canada, à hauteur de 355 millions d’euros, pour une commande ferme de 355 millions d’euros.

Appel d’offres et transfert de compétences

Un contrat signé n’est que la partie émergée de l’iceberg. En toute logique, les équipes d’Alstom travaillent d’arrache-pied sur d’autres grands contrats, le métro Grand Paris, le métro de Marseille, voire le très convoité renouvellement de la gamme phare de la SNCF. « Le TGV du futur constitue un marché important. Une centaine de rames sont à renouveler sur 450 existantes. La SNCF est un client stratégique pour Alstom », indique Jean-Baptiste Eymeoud.

Il ne faut pas oublier la baisse de trafic sur le Thalys, et de l’Eurostar suite aux attentats, voire une stratégie low cost de la SNCF, sans oublier le poids de la dette du réseau ferré. « Tout le monde le sait, il y a un vieillissement du réseau français », confirme le directeur général.

Le marché international est particulièrement virulent. L’arrivée des Chinois et d’Hitachi pour le Japon pose le problème de la taille critique d’une industrie ferroviaire compétitive. Bombardier, Siemens, Alstom, des mouvements de consolidation vont s’opérer, tôt ou tard, face à la concurrence.

Pour autant, le marché international se distingue en deux blocs. « Beaucoup de pays nous imposent une unité de production locale, un transfert de compétences comme en Inde, aux Etats-Unis, en Chine, voire en Afrique du Sud. Nous avons également des usines dans les grands pays européens, une unité de production par pays. Par contre, historiquement, nous en avons 12 en France. Enfin, il y a les pays comme le Moyen-Orient et l’Afrique où aucun transfert de compétences n’est demandé », explique le directeur général d’Alstom.

Alstom est à la croisée des chemins. Des marchés immenses s’ouvrent en France et dans le monde. Dans le même temps, la concurrence mondiale s’affûte et le défi d’un fleuron national est de grossir encore pour exister au plus haut niveau mondial demain.

Publié par Daniel Carlier le 14 mai 2017
Alstom Jean-Baptiste Eymeoud
La gestion du temps long par le Groupe Alstom
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