Lundi soir, la CCI Grand Hainaut a organisé une manifestation dont le point d’orgue était une conférence d’un journaliste indépendant, Olivier Razemon, sur le phénomène de désertification des centres-villes. Après avoir battu le pavé, de villes en villages, de communes en bourgs, il a présenté son analyse pertinente des maux de nos villes !

Didier Rizzo et Alexia Baudoux, élus au commerce et au tourisme, ont présenté cette soirée XXL devant une assistance de 400 personnes dans le somptueux auditorium de la Serre Numérique sur Anzin.

En plat de résistance, Olivier Razemon, journaliste indépendant collaborant notamment avec Le Monde, auteur du livre « comment la France a tué ses villes »,  a livré son Tour de France du monde du commerce, et balayé quelques idées reçues !

Olivier Razemon « on peut habiter une ville sans jamais y mettre les pieds »

Le premier constat clair du locuteur est que la carte de la vacance des commerces, en centre-ville, est presque homogène. « On entend ici et là, c’est dans le Nord et dans l’Est, et sur Paris, dans l’Ouest, et le Sud… tout va bien. C’est faux, on retrouve partout ce phénomène », déclare Olivier Razemon. En effet, cette caractéristique d’étalement urbain a paupérisé l’implantation de commerçants en centre-ville. A travers les logements en zone périurbaine, les centres commerciaux, et les services associés, l’offre commerciale déserte le centre-ville. La ville se construit en dehors avec l’étalement urbain ; la traduction concrète est simple « on peut habiter une ville sans jamais y mettre les pieds. En fait, on organise la ville en dehors de la ville », souligne le conférencier.

Carte de France des commerces vacants

Carte de France des commerces vacants

Pourtant, les commerces de proximité en centre-ville « sont un lieu de sociabilité. Aujourd’hui, vous avez des friches commerciales, nombreuses, en centre-ville », précise-t-il. Il étaye ses propos avec des retours de vécus partout en France.  » Sur Albi, certes, c’est une ville avec un label Unesco, sa cathédrale; mais vous avez des commerces vacants à coté « , explique-t-il.

Les boucs-émissaires !

OLYMPUS DIGITAL CAMERALe stationnement demeure LE sujet pour le monde du commerce, mais « personne ne chasse la voiture de la ville. Par contre, en province, pas Paris ou les grandes métropoles, dans ces villes moyennes, les transports publics sont vides. Pourtant, vous avez 31 % des personnes sans voitures sur Valenciennes, et 36% sur Denain », explique Olivier Razemont. Il pousse le sujet plus loin «  à quoi sert l’objet voiture dans une ville ? ». Il joint à son raisonnement un sondage très sérieux sur les attentes des commerçants et des clients « 75 % des commerçants attendent plus de stationnements, mais 25% des clients seulement. Ces derniers attendent plus d’animations, de services », précise-t-il.

Quelles solutions ?

«  Il n’y a pas une ville à copier, mais des solutions en place dans certaines villes », indique-t-il. Dans les éléments positifs pour le commerce en centre-ville, il a observé l’impact d’un manager de ville, une taxation sur les commerces vacants permettant parfois de renouer avec le propriétaire, exploiter les petites surfaces, valoriser le transport en commun « et d’ailleurs, je suis surpris en arrivant de voir la station de tramway dans le centre-ville fermée».

« La ville est un patrimoine, le creuset de notre société, il faut redonner l’envie aux citadins de revenir habiter en ville », conclut-il.

Professionnels de qualité…

A la suite de cette présentation magistrale, Didier Rizzo a remis le label régional « Qualité Commerce » a plusieurs professionnels, tout comme Alexia Baudoux le label national « Qualité Tourisme » pour d’autres commerçants et artisans.

Ensuite, trois maires sont venus exposer leurs actions en faveur du commerce de proximité, Bouchain, et Le Quesnoy notamment. « Nous avions plusieurs commerces vacants l’un à coté de l’autre dans un axe commerçant principal. Je n’ai pas hésité une seconde à faire acheter par la commune un local, le rénover. Depuis, les autres locaux vides sont occupés », souligne le premier magistrat de la commune de Le Quesnoy.

Enfin, l’équipe Commerce de la CCI a fait un point d’étape sur le portail en ligne, depuis le 8 mars dernier, le Market place local www.mescommercantsdugrandhainaut.com. Plus de 100 commerces connectés, 3 500 produits en ligne. « avec une présentation le 20 juin prochain devant la CCI France », précise Didier Rizzo.

Publié par Daniel Carlier le 15 juin 2017
CCI Grand Hainaut Hauts-de-France
Olivier Razemon « on organise la ville en dehors de la ville » 
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