Samedi dernier, les Journées Portes Ouvertes de l’ENTE ont connu un succès plus important que les éditions précédentes. Visiblement, des jeunes souvent accompagnés sont venus s’enquérir des formations distillées dans cette école d’Etat à Valenciennes.

La simple terminologie de développement durable n’est plus à expliquer, elle s’inscrit de fait dans la loi de transition écologique. Cette dernière mouture législative donne le « LA » sur l’émergence des nouveaux métiers verts, et par suite des formations dédiées dans les multiples domaines que recouvrent l’environnement dans sa globalité.

Sous la tutelle du Ministère de la Transition écologique et du Ministère de la Cohésion Sociale, l’ENTE (Ecole Nationale des Techniciens de l’Equipement) est un rouage du développement des bonnes pratiques, des approches appropriées d’un dossier d’aménagement en zone urbaine voire rurale. De fait, l’Etat devient mécaniquement un acteur de premier plan à travers la formation, la pédagogie qu’il va apporter aux apprenants fonctionnaires ou civils.

Djafar Bedrane, chef de projet des formations techniques à l’ENTE : « L’Etat a un rôle d’assemblier des compétences dans les collectivités territoriales »

Durant 15 ans sur Paris au sein d’un ministère, Djafar Bedrane est venu poursuivre sa carrière sur Valenciennes comme formateur « une suite logique dans mon métier », précise-t-il.

« En quinze ans, le public est devenu plus réceptif sur cette thématique. Il y a un changement de mentalité ». Autrefois, l’Etat était le seul aménageur. Aujourd’hui, depuis la 1ère loi de décentralisation en 1982, mais également la loi NoTRE en cours d’application, les collectivités territoriales sont au coeur de l’aménagement d’un territoire. Ce transfert de compétences locales vers des regroupements de communes est plutôt perçu d’un bon oeil. « Il y a une concentration des compétences et des moyens dans les intercommunalités. Le maire demeure toujours au final le signataire d’un permis de construire. Par contre, c’est la qualité de l’instruction qui change, et notamment pour les petites communes. Plus globalement, l’Etat a un rôle d’assemblier des compétences dans les collectivités territoriales. En 2018, l’Etat a plus une mission de conseil pour les territoires que d’aménageur», souligne Djafar Bedrane.

La pédagogie partagée

Les nouveaux métiers «Verts», voire l’évolution des métiers existants, apparaissent dans la mobilité, les énergies alternatives, l’urbanisme durable etc. Ce constat impose à une école nationale comme l’ENTE de distiller une pédagogie technique très pointue. En effet, le premier impact sur l’environnement est l’application des bonnes pratiques.

Il ne faut pas se voiler la face. Lorsque vous avez une commande publique, le cahier des charges est élaboré par des spécialistes publics, parfois privés, car ce n’est pas l’élu la personne référente dans le domaine. De facto, la formation des bâtisseurs techniques du développement durable devient tout simplement un pan complet de la loi de transition énergétique. Ils sont  des acteurs «  Verts » pour notre planète et surtout pas des perturbateurs, des experts trop pointilleux… le regard sur la compétence technique écologique doit changer, c’est vital pour un urbanisme durable sur l’ensemble de la métropole. Si dans les années récentes, la ligne de crête était ténue entre le choix d’un dossier moins coûtant pour un appel d’offre public et une solution plus aboutie en terme écologique, en 2018 l’hésitation n’est plus possible sur ce volet. Le choix doit nécessairement se porter sur d’autres critères qualitatifs, l’écologie urbaine ne se discute plus, ne se réduit pas, elle s’impose d’elle-même !

 » Nous avons une double culture de formation d’un urbanisme durable vers les fonctionnaires territoriaux, mais également vers les professionnels privés, cabinet d’études, urbaniste, experts etc. » , précise Djafar Bedrane.

Djafar Bedrane

Après la formation, la mission n’est pas aisée pour ces professionnels, car il existe encore des freins idéologiques solides. « Il faut changer les pratiques, comme sur l’usage de la voiture, la mobilité en général, la consommation énergétique dans les bâtiments, l’aménagement paysager etc. », ajoute-t-il. La portée d’un aménagement urbain, ou rural, en lien avec la loi de transition écologique est en partie une suite des formations à l’ENTE.

Les cursus à l’ENTE

Les deux formations de base pour les fonctionnaires de catégorie B, à Valenciennes et Aix-en-Provence, sont celles de technicien supérieur principal de développement durable, mais également de secrétariat administratif et de contrôle du développement durable.

Une autre filière existe afin de préparer ces deux concours pour les civils avec deux classes préparatoires intégrées (CPI), ouvertes aux demandeurs d’emploi, voire étudiants, en difficulté sociale ou pédagogique durant leur cursus d’études.

Enfin, le concours CPADT ( Chargé(e) de projet en aménagement durable des territoires) est ouvert aux étudiants titulaires d’un BAC, chercheurs d’emploi, et salariés du privé (voir le lien http://www.ente.developpement-durable.gouv.fr/concours-national-externe-de-technicien-superieur-a397.html).

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 23 janvier 2018
ENTE
La double culture du développement durable
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