Dans le cadre d’un projet pédagogique entamé l’an passé, 48 élèves de troisième prépa pro du lycée encadrés par leurs enseignants et des pros sont en train refaire toute la déco du lycée. Un super projet au résultat impressionnant.

La 3e prépa pro est une 3e préparatoire à l’enseignement professionnel, elle donne la possibilité aux élèves d’affiner le choix de leur parcours professionnel. À la différence d’une 3e générale, ils ont 3 stages d’une semaine et 4h de découverte professionnelle par semaine. C’est dans ce cadre que leurs enseignants leur ont proposé de reprendre un projet initié l’an passé : refaire la déco du lycée grâce à des fresques gigantesques. Pour cela, il aura fallu l’accord du chef d’établissement, un partenariat avec les graffeurs du groupe Sismikazot (venant de Toulouse) et un gros travail pédagogique des enseignants qui encadrent les jeunes.

Ce sont les élèves qui en parlent le mieux : « Notre projet consiste à réaliser une fresque et des peintures dans la salle de permanence, au foyer ainsi que des toiles abstraites qui seront exposées dans le lycée. Notre but est d’apporter notre touche personnelle afin de mettre en œuvre un projet original. Notre projet est un travail d’équipe qui permet d’apprendre autrement et de faire parler notre créativité tout en restant dans le cercle scolaire. Paul et Rémi nommés Sismikazot, nous font l’honneur de revenir dans le lycée pour la deuxième année consécutive afin de nous faire vivre la passion qui est devenue leur métier depuis maintenant 5 ans. Nous allons vivre leurs vies d’artistes avec les contraintes, le travail, les joies et tout ce qu’elle comporte. »

Dans ce projet, chacun a son rôle : calcul des coûts, peinture abstraite, figurative, graphes et même contact presse. C’est d’ailleurs Emma qui nous a contactés et nous a envoyé un superbe dossier de presse, très complet, réalisé par la classe. De vrais pros quoi !

Après un long travail préparatoire, les jeunes ont accueilli les deux Toulousains de Sismikazot, Paul et Rémi pour entamer le travail à la bombe aérosol le 12 mars. L’inauguration est fixée au 22, mais le travail avance à grands pas, comme le montrent les photos. De superbes fresques décorent maintenant les murs de l’établissement, mais, cerise sur le gâteau, chacun réalise un petit travail sur une toile sur laquelle il a peint des briques (travail qu’il pourra emporter en souvenir). Pourquoi des briques me direz-vous ? Ce sont là aussi les élèves qui répondent : « Une fois tous les tableaux terminés, nous pourrons les assembler pour former un mur. C’est un peu comme nous, quand nous travaillons ensemble, nous sommes un tout, nous sommes plus forts. Et puis, les premiers graphes sont apparus à New York sur des murs de briques rouges. De plus, Paul et Rémi sont de Toulouse, la ville rose, à cause des maisons en briques. C’est aussi un clin d’œil à leur région. »

 

Sismako, kézako ?

Sismako est un groupe d’artistes de Toulouse qui (entre autres) intervient dans le milieu scolaire pour faire connaître son art et pour partager une passion avec les élèves, les enseignants et aussi les parents.

« Nous avons une démarche artistique très simple, proche des gens et toujours basée sur des valeurs de partage. Nos fresques murales et notre identité picturale reposent sur trois éléments très importants…

• un élément figuratif, très souvent un personnage, mais cela n’est pas toujours le cas. Il donne une direction artistique à la fresque, mais reste très universel sur le message que nous portons et le thème abordé. La photographie réalisée nous est personnelle et souvent faite pour le projet en question, nous avons donc l’autorisation de réaliser celle-ci sans problème de droits. Nous n’aimons pas prendre une photo de banque d’image.

• un fond abstrait avec des coloris définis au préalable. L’abstrait est très instinctif, nous pouvons nous mettre d’accord sur peu de points, mais les couleurs font souvent tout le travail.

• Des écritures, des mots, des phrases, témoignages… ce qui fait la liaison entre l’élément figuratif et le fond abstrait. Ces éléments sont très importants pour nous, car ils donnent du sens à notre travail, ils permettent aussi de faire exister d’autres contributeurs à nos peintures, de donner la parole…On aime alors questionner au maximum les gens et les personnes qui travaillent autour du sujet, ou simplement qui vivent dans le quartier… Chaque projet est différent sur ce point-là… toujours est-il qu’il y a de l’écrit dans nos peintures. »

Au lycée, les trois éléments recouvrent maintenant les murs. Un très beau travail réalisé par des jeunes au demeurant très dynamiques et surtout fort sympathiques.

Contact Simakot :

Rémi & Paul – SISMIKAZOT www.sismikazot.com 06.23.43.00.89 sismikazot@gmail.com

Antoine Lukaszewski

Publié par Antoine Lukaszewski le 21 mars 2018
La Sagesse Valenciennes
(La Sagesse Valenciennes) Les murs n’ont pas d’oreilles, mais ils parlent
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