Comme depuis plusieurs années, le syndicat intercommunal en charge de la valorisation des déchets, mais également de la collecte, achève son budget avec un solde très très positif. Ainsi, l’année 2018 s’annonce inéluctablement comme celle des choix d’investissements lourds au service de la population.

2018, une année charnière pour le SIAVED

En prélude de ce comité syndical du SIAVED, Daniel Tison, DGS, précise « que des salariés du SIAVED, grévistes aujourd’hui, sont présents ce soir pour assurer ce comité syndical important ».

Dans son propos liminaire, le président du SIAVED, Charles Lemoine, insiste sur l’existence « d’un fort excédent budgétaire essentiellement dû à la non réalisation d’opérations lourdes. Toutefois, cet excédent nous a permis durant plusieurs années de diminuer le coût demandé à nos adhérents ». Si une entreprise privée pourrait se féliciter d’un bénéfice de près de 10 millions d’euros au cours de l’exercice comptable précédent, un acteur public au service de la collectivité ne le peut pas. Les élus doivent prendre leurs responsabilités dès cette année ! La gestion de l’argent public exige un engagement envers la mission pour laquelle ils ou elles sont élu(e)s, si c’était simple les choix politiques… cela se saurait !

Un séminaire pour investir !

Le vote du budget primitif d’un établissement public comme celui du SIAVED est particulièrement complexe compte tenu de ces compétences obligatoires et optionnelles. Cette dichotomie s’articule entre un budget principal inhérent à son activité régalienne liée à la valorisation énergétique des déchets, et un budget annexe relatif à la récente compétence collecte du SIAVED.

Au niveau du budget principal 2018, celui-ci s’élève à 39 168 665 €. Si les recettes et dépenses sont équilibrées, certains points sortent du lot comme la vente d’énergies pour une recette présumée de 2 350 000 € (+6%) « avec une perspective importante de développement sur le réseau de chaleur », souligne Daniel Tison. Ensuite, les déchets hospitaliers devraient augmenter de 2%, soit  950 000 €, mais la nouvelle chaîne DASRI très performante impose (presque) une captation de nouveaux marchés. Par ailleurs, même avec une baisse des cotisations des adhérents, les recettes des 3 EPCI adhérentes (dont CAPH) s’élèvent à 52% du budget total de la compétence obligatoire, soit 20 350 000 €. En marge de ce budget principal, une délibération a validé le choix d’une AMO (Assistance à Maîtrise d’Ouvrage) pour la création d’une DSP (Délégation de Service Public) d’un réseau de chauffage urbain sur la ville de Denain, une source future de ressources financières très porteuses pour le SIAVED.

Ensuite, le budget annexe concerne la compétence collecte dont il faut souligner que le financeur principal est la Porte du Hainaut conservant depuis des années une taxe sur les ordures ménagères à zéro. Factuellement, c’est un gain de pouvoir d’achat pour l’administré, mais une charge extrêmement lourde pour cette collectivité territoriale. Ce budget annexe 2018 est à hauteur de 13 277 554 €.

Charles Lemoine conclut ce vote budgétaire par une suggestion : « Je propose en septembre prochain la tenue d’un séminaire pour l’utilisation de ces fonds, le choix de nos futurs investissements ».

Attribution de plusieurs marchés

Ce comité syndical est d’autant plus important qu’il a désigné les futurs bénéficiaires de marchés publics majeurs. En effet, le syndicat ECOVALOR ( le pendant du SIAVED sur Valenciennes Métropole) a été retenu afin de traiter les déchets principalement issus de deux secteurs, l’ex CCRVS et l’Amandinois. L’entreprise Suez fut retenue pour la partie centre d’enfouissement. Enfin, ECOVALOR est également bénéficiaire d’un marché de compactage, et mise en balles des déchets.

Sur ces attributions, l’une est passée avec le sourire coincé de certains élus. Le lot 1 attribué au syndicat ECOVALOR fait jaser. En effet, le coût du traitement des déchets ménagers par incinération s’élève « à près de 90 € HT ce qui fait un écart avec notre prix proposé aux autres collectivités d’environ 20 €, notre offre tarifaire est de 70€. Nous ne pourrons plus maintenir un tel écart, nous allons peu à peu retirer nos tonnages d’ECOVALOR. Il serait presque plus rentable pour nous de choisir l’enfouissement », précise Charles Lemoine… ce qui serait le comble car la gestion des déchets, en France comme ailleurs, est de tendre vers le zéro enfouissement !

Ensuite, les lots ont été attribués aux entreprises pour la réalisation du nouveau siège administratif pour un montant global de 3 331 549 €. Ce nouveau bâtiment vient en remplacement, sur le même site, de l’assemblage de portakabin ô combien vétuste. Les travaux devraient démarrer vers juin-juillet 2018.

D’autres marchés furent attribués notamment avec le projet d’électrification des déchèteries de Denain, Douchy-les-Mines, Erre, Hérin et Caudry compter tenu des dégradations récurrentes sur ces équipements. L’entreprise Sofratel a été retenue pour un montant de 246 723 €.

Dans la continuité, la déchèterie de Saint-Amand-les-Eaux est très attendue. Ce comité syndical du SIAVED a validé la mise à disposition d’une déchèterie fixe dans le secteur de l’Amandinois. Toutefois, on peut souligner que le délai de réalisation d’un équipement de ce type était de 4 à 6 mois auparavant. Aujourd’hui, compte tenu des nouvelles mesures administratives, les délais incompressibles pour l’installation d’un tel équipement sont passés à 2 ans et demi… Bien sûr, le coût d’une déchèterie est passé également de moins d’un millions d’euros à une fourchette entre 1,2 et 1,4 millions d’euros. Ainsi va la vie administrative d’une collectivité publique.

La nouvelle version du site internet du SIAVED est en ligne www.siaved.fr

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 23 mars 2018
Charles Lemoine Siaved
(SIAVED) Un excédent budgétaire bien encombrant !
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