Voilà un vieux débat bien connu au sein des villes moyennes, l’accueil des enfants non résidents sur la commune bénéficiant des services de la municipalité, normal ou pas ? Pour le reste, ce Conseil municipal de Marly fut assez routinier à défaut d’une délibération attendue sur le futur restaurant scolaire du Groupe Scolaire Juliot Curie, reportée au prochain conseil (quartier de la Briquette).

Fabien Thiémé : « Nous avons mis en oeuvre une politique très sociale depuis que nous sommes en responsabilité »

En discours liminaire, le premier magistrat rappelle un rendez-vous commun de première importance le 14 mai dernier. En effet, Fabien Thiémé, accompagné du président de Valenciennes Métropole, et de multiples élus locaux, sont venus présenter un  dossier intégrant le quartier de la Briquette… au sein du fameux NPNRU (Nouveau Plan National de Rénovation Urbaine). « Dans quelques temps, nous connaîtrons (avant fin juin vraisemblablement) la décision du Comité National d’Engagement. Au programme, de nombreuses rénovations de logements, la réfection des espaces publics, et des espaces verts, sans oublier le volet « Ecoles-Enseignement », et celui concernant le développement économique du quartier », commente le maire.

Ensuite, il annonce le report de l’autorisation de signer les marchés relatifs au restaurant scolaire au sein de l’école Marie Curie. « Compte tenu d’un mois de mai avec de multiples jours fériés, les services n’ont pas eu le temps de réaliser le rapport d’analyse des offres reçues pour les 12 lots. Nous avons reçu 38 offres. Cette présentation est programmée pour le prochain Conseil municipal (20 juin) », explique le maire.

La charge équitable ou égoïste ?

Dans le cadre du renouvellement avec la CAF d’une convention encadrant les accueils collectifs de mineurs périscolaires, et extra scolaires de 2 à 17 ans, un débat s’est installé à l’occasion de cette délibération.

Assia Costanzo, de l’opposition municipale, soulève deux points : « La lourdeur des dossiers administratifs pour inscrire un enfant, se répétant à chaque vacances, est conséquente. De plus, ne pourrait-on pas dématérialiser ces inscriptions ? »

Marie-Thérèse Ledrole, 1ère adjointe, souligne « que le premier dossier contient des documents obligatoires. Ensuite, le deuxième dossier est plus léger »… « il est également possible de récupérer numériquement votre dossier », ajoute Laurence Morel, adjointe à la culture.

Ensuite, le sujet plus épineux est celui du tarif proposé aux mineurs non résidents sur la commune. « Certes, sur les repas, la différence est négligeable. Par contre, pour l’ALSH, le prix pour un Marlysien est de 11,60€ et 44,60€ pour un extérieur », souligne Assia Costanzo.

Comme réponse, Fabien Thiémé prend un accent rocardien « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Déjà avec la semaine de 4 jours, de nombreux  parents extérieurs sont venus chercher des services, à Marly, pour leurs enfants qui n’existent pas dans leur commune ».

« Pour autant, nous avons mis en oeuvre une politique très sociale depuis que nous sommes en responsabilité. Notre CCAS, notre action pour les personnes âgées, pour les personnes handicapées, une école de musique pour 30 € à l’année, les Grangettes permettant aux jeunes Marlysiens de partir à la montagne ou à la mer pour 90 € etc.», ajoute l’édile de la commune.

Les charges inhérentes à une commune dotée d’équipements, de services à la population, sont très sollicitées par des familles non résidentes, c’est une banalité coûteuse. Il faut intégrer ces sollicitations dans le contexte de réduction budgétaire des collectivités locales initiée sous Nicolas Sarkozy, confortée par François Hollande, maintenue par Emmanuel Macron. Dominique Riquet, en son temps comme maire de valenciennes, n’a eu de cesse de mettre en exergue les charges de centralité de la commune centre.

Dans cette optique, Marie-Thérèse Ledrole « préfère favoriser les Marlysiens qui payent leurs impôts sur la commune ». C’est une réflexion d’une logique partagée par de multiples maires quel que soit l’obédience politique, une certaine justice contributive sauf que le sous-jacent nous explose au visage…. !

En effet, la réduction des fonctionnaires dans les collectivités territoriales, la contraction budgétaire amène à penser que sous peu les communes « équipées » vont devoir porter le service public au delà de leurs périmètre initial. Le manque d’équité devant l’accès à certains services publics ne pourrait résister à terme à une politique de solidarité envers les autres populations, car au bout du bout, l’argent public a un canal majeur, celui des taxes directs ou indirects, c’est le votre, c’est le notre ! La frontière communale ne résistera pas à moyenne échéance à cette fracture sociale face à l’accès à certains services publics. Peut-on prôner le paritarisme, et en même temps le rempart administratif face à une demande d’une famille. Cette vision va s’éteindre mécaniquement avec la réduction des capacités budgétaires locales, ceux qui ont un peu partageront avec ceux qui n’ont plus aucun service public… faute de mieux pour le citoyen !

Après les « Resto du Coeur », les « communes solidaires » verront le jour quand les caisses locales seront encore plus vides… !

En bref :

Après le compteur Linky (EDF), le compteur communicant Gazpar (GRDF) arrive sur la commune de Marly, des autorisations sont nécessaires pour équiper les foyers de Marly entre fin 2018 et 2019.

Au 01 janvier 2018, la commune de Marly comprend 268 agents communaux, plus 4 agents au CCAS (titulaires, stagiaires, non titulaires, et contrats aidés).

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 25 mai 2018
Fabien Thiémé Marly
(Marly) Les charges de centralité au coeur de la politique sociale
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