Pour cette 3ème édition de la Soirée des Faiseux, le Conseil de Développement de la Porte du Hainaut a voulu frapper fort. Dans ce cadre, quatre focus à travers des tables rondes ont éclairé la problématique au coeur de tout, la relation entre l’entreprise et la jeunesse.

Motivation de l’un et reconnaissance de l’autre

Didier Cousin, président du Conseil de Développement de la Porte du Hainaut, plante le décor en propos liminaire : « La jeunesse et le monde de l’entreprise sont trop éloignés malgré un destin commun ». Ce constat est chiffrable avec un taux de chômage de 23% des jeunes dans les Hauts-de-France. « Pourtant,  le recrutement est au coeur des problématiques du chef d’entreprise comme dans les métiers de l’industrie voire l’artisanat/commerce. Cette absence de candidat est même un frein au développement économique des entreprises », ajoute-t-il.

Retour d’expérience des jeunes et des chefs d’entreprise

Cette première table ronde était une série de témoignages illustrant l’enjeu du moment, comment trouver un jeune pour une entreprise et réciproquement ?

Les messages du coté entreprises sont limpides. « Soyez motivés. Travailler votre CV et la lettre de motivation, votre entretien téléphonique, votre entretien avec notamment une connaissance du métier… », lance le DRH de chez PSA Valenciennes. D’autres traits de caractères intéressants sont importants, mais peuvent se diluer dans le temps, alors que la motivation est assez palpable immédiatement « vous devez savoir vous vendre », ajoute le DRH de PSA.

Ensuite, le contact « et surtout le 1er avec le jeune en direct pour un contrat d’apprentissage, voire de l’alternance, est essentiel », ajoute un chef d’une entreprise d’électricité.

Puis, les jeunes insistent sur le besoin d’informations. Océane, jeune à mobilité réduite, regrette que « la majorité des entreprises ont des locaux inadaptés ». D’autres témoignages viendront sur la 4ème table ronde.

Le Conseil de développement de la Porte du Hainaut a travaillé à l’élaboration d’un Livret entreprise, et d’un livret jeune avec toutes les informations indispensables sur l’apprentissage, l’alternance etc.

Livret entreprise : https://fr.calameo.com/read/0048017911f0a8f030bec

Livret jeune : https://fr.calameo.com/read/0048017911191fd633b67

Le système éducatif

Animée par Vanessa Roland, un autre temps fort de cette soirée fut le zoom sur l’Education nationale, le 1er budget de l’Etat, une machine complexe habituée à travailler en silot. Une vidéo très éclairante d’un youtuber dynamite le vieux système des filières. « Tout le monde est un génie. Mais si on juge un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide »,  disait Albert Einstein.

«  Un mouvement est sur les rails. La suppression des filières va laisser place à un enseignement à la carte », explique un CIO. Aucun doute, remplir des cases pédagogiques avec les bons vieux tiroirs, L,S,E, ES, pour ne pas dire A,B,C,D si on remonte plus loin dans le temps, ne correspond plus aux envies de la jeunesse. Par quelle fatalité l’Education nationale voulait-elle ranger invariablement les savoirs dans des casiers extrêmement hiérarchisés comme si l’intelligence était unique. Non, elle est plurielle avec des variétés infinies de talents aussi divers que les étoiles.

Un inspecteur de l’Académie nationale évoque quelques chiffres troublants : « En France, nous avons environ 460 000 élèves en 1er cycle (primaire), 370 000 dans le secondaire (collège, lycée), et 220 000 dans le cycle supérieur universitaire etc. Si je comprends la perte dans les études supérieures, elle s’avère plus problématique entre le primaire et le secondaire, 90 000 jeunes perdus en route ».

Toutefois, avant cette réforme voulue par le nouvel exécutif « des passerelles existent déjà entre les filières », souligne le CIO.

Cette table ronde a mis en lumière l’impérieux besoin de répondre aux aspirations de la jeunesse… !

La génération Z

L’enchaînement avec la table ronde suivante était fort à propos. En effet, elle visait à parler de la génération Z, celle des 15-25 ans. Une génération baignée dans le net, connectée en permanence. « Cette génération est critiquée, qualifiée d’anti-sociale, le nez en permanence sur le smartphone », explique Charline Peris, de l’UVHC. Une jeunesse multi-tâches ne faisant que très peu la différence entre le monde professionnel, et le personnel.

Tour à tour, les jeunes témoins soulignent le besoin de rencontrer un manager, mais pas un éducateur, un besoin d’autonomie…encadré. Leurs aspirations ne sont pas celle des générations précédentes. « La carotte du salaire n’est pas une fin en soi. Ils veulent donner un sens à leur travail », ajoute Charline Peris. Ce comportement pourrait se qualifier d’iconoclaste par rapport aux générations précédentes !

Retour de vécu

La dernière table ronde consistait par le retour d’expérience des jeunes tout comme les chefs d’entreprise. L’Epide, école sur Cambrai redonnant une chance à des jeunes décrocheurs, était présente à Wallers. Ensuite, une lauréate des pépites de l’alternance, un MAF (Meilleur Apprenti de France) des Hauts-de-France, ces exemples positifs sur l’apprentissage, l’alternance… ont pointé cette voie d’excellence.

Pour conclure cette soirée instructive, Alain Bocquet, le président de la CAPH, met en exergue le passé industriel « turbulé » de ce territoire. « Pour autant, il demeure 40% d’emplois dans l’industrie, contre 20% au niveau régional, sur le Valenciennois », souligne Alain Bocquet prouvant si besoin est que les métiers sous tension ont recours à l’alternance et l’apprentissage avec à la clé bien souvent un CDI. Dire qu’un bon soudeur/fraiseur etc. a un emploi à vie, quel que soit l’employeur, n’est pas un mensonge ! Ensuite, il parle d’un manque de communication véritable avec des citoyens qui ne se parlent plus. Comme toujours, la contre-mesure arrive des Etats-Unis avec une conduite plus rationnelle de l’utilisation des outils connectés : c’est le temps de la « phone Life balance ». En clair, un mode équilibré ente le temps connecté ou pas !

Enfin, Le Sous-Préfet de Valenciennes, Christian Rock, était assez bluffé par ces Faiseux «  au cours d’une soirée exemplaire. L’apprentissage, c’est l’avenir, mais il est vrai qu’il faut le réformer. Nous n’avons que 7% d’apprentis en France contre 15% en moyenne en Europe. C’est pourquoi, il est essentiel d’affirmer que tous les métiers peuvent faire l’objet d’une alternance ».

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 5 juin 2018
Charline Peris Conseil de Développement de la Porte du Hainaut Didier Cousin Vanessa Roland
L’Apprenti’Stage en 3 mots, motivation, motivation, et motivation !
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