A l’occasion de cette fin d’année pour les apprenants, l’IPAG a convié élus et collaborateurs des collectivités pour un exposé sur le champ des possibles au sein de cette institution pédagogique. Didier Lhomme, son directeur depuis une année, ne fut pas avare de propositions prouvant que l’administration publique n’est pas figée.

(Visuel Didier Lhomme, directeur de l’IPAG)

Kafka + Confucius = Modernisation de l’Etat

Décrire l’IPAG (Institut de Préparation à l’Administration Générale.) a un simple catalogue de formations, à la Francis Lefebvre pour les initiés, serait très réducteur. D’évidence, l’ambition première est beaucoup plus large. « La citoyenneté communale doit se retravailler », explique Didier Lhomme ; la phrase n’est pas anodine. En effet, elle définit l’enjeu de tous les transferts, les changements, les nouveautés liées aux compétences dévolues historiquement à la commune. Quelles sont les attentes de l’élu par rapport à son administré ? Quel est le partage possible des compétences avec une intercommunalité ?  Bigre, que de questions déterminantes en lien avec l’essence même de la fonction publique.

« Jusqu’où va la mutualisation des services entre les communes ? », indique le directeur. Après des services, des plates-formes communes en terme comptable et communication, passera-t-on à des chefs de service commun entre plusieurs communes avec inévitablement à la clé… la question de la fusion de ces dernières !

Tout serait limpide si les élections municipales n’existaient pas. Ce n’est pas le cas, car le citoyen entretient un lien indicible avec son maire, surtout dans les communes plus modestes en population. Par renversement de la preuve, la justification même d’une commune réside dans le bulletin de vote mis dans l’urne ne devant surtout pas se réduire à une coquille vide de compétences. Force lui revient encore d’être le meilleur pompier du quotidien pour sa population. Eradiquer toutes les compétences liées au fauteuil majoral serait une lourde erreur pour le maintien de cette élection de proximité, celle du trottoir d’en face, celle les yeux dans les yeux !

« Je n’aime pas le mot simplification, il faut parler de modernisation de l’Etat », Didier Lhomme.

L’IPAG comprenait en 2017/2018 413 apprenants de BAC + 2 à BAC + 5 « dont 150 en MASTER ce qui fait de l’IPAG de Valenciennes un dès plus important de France. D’ailleurs, nous sommes le seul IPAG de France a proposer un parcours complet en MASTER « , ajoute Didier Lhomme, directeur depuis septembre 2017 suite à la démission d’Emmanuel Cherrier, toujours enseignant à l’IPAG au demeurant.

Les sujets de transformation des outils de l’Etat sont multiples, problématique du handicap, marchés publics locaux, fiscalité locale, management des fonctionnaires et contractuels, compétences décentralisées voire transférées, voire du coaching pour la prise de parole en publique… « l’Etat est en mode projet ! Je n’aime pas le mot simplification, il faut parler de modernisation de l’Etat », souligne Didier Lhomme.

Si l’IPAG s’adresse aux trois grands corps de fonctionnaires, de l’Etat, territoriaux et hospitaliers, il forme également les contractuels travaillant avec l’Etat. La tendance est sans doute dans la multiplication du recours aux salariés contractuels pour une mission donnée, mais c’est un autre sujet. « Nous offrons le même bagage de compétences pour le fonctionnaire, comme pour le futur salarié dans l’administration publique », insiste le directeur.

Mise à niveau des élus

Philippe Baudrin, maire de Maing

Autre aspect moins connu, la formation des élus, voire des DGS, attachés de cabinet, est assurée dans de multiples domaines. Philippe Baudrin, maire de Maing et président d’Ecovalor, a suivi un cursus de formation afin de valider un Master. « Chaque commune peut bénéficier de stagiaires très compétents en fin de cycle à l’IPAG. Alors, je me suis dit, pourquoi pas moi ? C’est long et cela représente du travail, mais vous avez une satisfaction avec cette validation de diplôme. Ayez le réflexe IPAG pour votre commune », commente le premier magistrat.

Pour arriver à bonne fin, Didier Lhomme propose une initiative anglo-saxone, le « Mind Lab ». « C’est une expertise partagée sur des compétences, une boite à idées sur des thématiques précises entre les élus, les DGS etc.  Je rappelle que l’IPAG est composé d’enseignants/chercheurs. Nous avons l’obligation de chercher. C’est pourquoi, associer les élus pour partager leurs expériences me paraît intéressant dans la perspective d’un meilleur ancrage territorial », explique le directeur de l’IPAG.

Voilà en perspective un relief imparfait de la maison IPAG, mais il est tout comme la pédagogie enseignée, en pleine mutation… !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 5 juillet 2018
Didier Lhomme IPAG
L’IPAG au coeur de la modernisation de l’Etat
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