Comme depuis le début de cette mandature, les Conseillers départementaux issus de la majorité organisent une cérémonie de voeux commune. Cette année, sur la commune de Bruay-sur-l’Escaut, le quartier Thiers, et sa Place d’Eglise superbement rénovée, était à l’honneur au sein de la salle des fêtes Goguillon, accessible et spacieuse !

Le Conseil départemental du Nord écartelé entre le financement des politiques sociales et un nécessaire investissement dans l’aménagement du territoire.

Geneviève Mannarino, Béatrice Descamps, Sylvia Duhamel absente en raison d’un deuil familial, Yves Dusart, Jean-Noël Verfaillie et Fabrice Zaremba, les Conseillers départementaux des 3 cantons de Valenciennes, Marly et Anzin remportés en mars 2015, ont organisé une cérémonie des voeux afin d’expliquer les choix politiques du Conseil départemental.

«  Oui, une année comporte 12 mois », Beatrice Descamps

Chaque conseiller départemental s’était vu attribué une thématique. Béatrice Descamps, Conseillère départementale et député de la 21ème, a rappelé les obligations budgétaires. « Depuis 2015, nous payons les pots cassés. Oui, une année a 12 mois, et l’Etat ne compense pas totalement ce financement du RSA. Néanmoins, nous engageons une lutte contre la fraude accompagnée d’une volonté d’insertion des allocataires du RSA  », assène Béatrice Descamps. Cet équilibre complexe se traduit dans les lignes budgétaires avec une conséquence palpable, le département du Nord doit rajouter des financements pour le paiement du RSA toute l’année.

La finalité d’une réduction de la dépense sociale n’est pas uniquement celle d’une réduction de la dette, même indispensable pour cette institution. « Elle est nécessaire pour dégager des marges afin de conserver une capacité de manoeuvre pour l’aménagement du territoire. Le Département du Nord a toujours investi dans ses territoires », précise Beatrice Descamps.

Appel à projet sur l’insertion

Pour le Conseil départemental, l’année 2019 marque également le lancement d’un appel à projets dans le domaine de l’insertion. « Nous avons réussi un maillage sur l’intégralité du territoire. Aucun allocataire du RSA n’est oublié, il a proche de chez lui des solutions de formations, d’insertion etc. Nous constatons qu’à partir du moment où l’allocataire du RSA est pris en charge très tôt pour un retour vers l’emploi, cela peut prendre seulement quelques mois, voire quelques semaines. Le RSA n’est pas une fatalité ! », déclare Jean-Noël Verfaillie. Bien évidemment, la problématique demeure pour les citoyen(n)es très éloigné(e)s de l’emploi. C’est un vrai sujet de société, certains ne seront plus jamais dans un profil « d’employabilité », il faut en être conscient et apporter les réponses sociales nécessaires.

Cet enchevêtrement budgétaire permet au département « de récupérer des financements, et par suite une capacité d’investissement sur ses autres missions », conclut Jean-Noël Verfaillie.

« Nous avons répondu à l’appel à projet 100% inclusion », Geneviève Mannarino

La vice-présidente en charge du handicap et de l’autonomie pose quelques données de contexte. « Le département du Nord compte 2,6 millions d’habitants, c’est le plus peuplé de France », entame-t-elle…, c’est pourquoi il est mécaniquement un terrain propice aux innovations sociales. « Aujourd’hui, nous avons 560 000 habitants de plus de 60 ans, et en 2020 plus de 600 000 habitants, mais également environ 235 000 personnes en situation de handicap », commente Geneviève Mannarino.

Sur cet item, le Conseil départemental du Nord s’inscrit dans une « politique de l’inclusion, de l’autonomie. Cela doit (ou devrait) être le choix de la personne, à domicile, en co-location, voire en établissements. Bien sûr, je ne dis pas que les établissements sont inutiles. Ils sont nécessaires, mais il faut respecter un lieu de vie, veiller à lutter contre l’isolement des personnes âgées », ajoute la vice-présidente.

Dans cette optique, le département prend la balle au bond. « Nous avons actuellement 15 projets accompagnés conjuguant personne âgée et personne en situation de handicap. Dans cette logique, nous avons répondu à l’appel à projets 100% inclusion lancé par le Ministère », poursuit Geneviève Mannarino.

Membres de l’équipe technique au Conseil départemental

Enfin, la vice-présidente lance une promesse ambitieuse : « D’ici la fin de l’année, un numéro unique existera pour les différentes MDPH du Nord avec 95 % de taux de réponse. Ensuite, dès cet été, un portail internet sera disponible avec la possibilité de consulter son dossier et d’effectuer des démarches en ligne ». Si on ne doute pas un instant de la pertinence du site web, pour le numéro unique de la MDPH avec 95% de taux de réponse, oups ! Vu la ligne de départ, c’est quasi Moïse ouvrant la Mer Rouge…, mais on souhaite se tromper !

Le Plan Pauvreté

Yves Dusart, nouveau vice-président en charge de la jeunesse, enfance, famille, a exposé un autre pan de l’action sociale du Conseil départemental, le Plan Pauvreté. Une action rendue possible même s’il fallait avant toute chose « rendre vie au département, car nous étions étranglés financièrement ».

Dans un département où l’action sociale des acteurs publics est reconnue, le Conseil départemental occupe une place de premier rang dans la gestion des besoins sociaux. C’est pourquoi, le Nord est une terre d’innovation sociale, presque un laboratoire sociétal sur certains aspects.

En toute logique,  le souffle des idées vient d’ici. « Le 18 décembre 2018, nous sommes devenus le 1er département à conventionner avec l’Etat dans le cadre du Plan Pauvreté. Premier arrivé, premier servi, sur 3 ans l’Etat va injecter 25 millions d’euros dans son plan à l’instar du département, soit 50 millions d’euros, dans le cadre d’actions innovantes dans le domaine », déclare Yves Dusart.

Enfin, l’ensemble des conseillers ont souhaité un temps d’apaisement et de concertation. Dans le cadre de ce Grand débat national  » le maire est évidemment le premier acteur de cet échange avec les citoyens « , conclut Yves Dusart.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 12 janvier 2019
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Jean-Noël Verfaillie « le RSA n’est pas une fatalité »
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