Le commerce de proximité redevient (enfin) pour tous les acteurs publics un incontournable lien social. Pour autant, depuis 22 ans, un acteur public méconnu est présent dans les quartiers, voire au coeur de nos villes, comme sur Bruay’Co, sur Vieux-Condé, et la Chasse Royale à Valenciennes. On vous dit tout de l’actualité chez EPARECA avec Valérie Lasek, directrice générale au siège national à Lille.

(Cellules commerciales ouvertes sur le quartier de la Chasse Royale à Valenciennes)

Valerie Lasek : « EPARECA, entre politique de la ville et urbanisme »

L’action publique depuis plusieurs années (re))découvre l’utilité du commerce près de chez soi. Au milieu des années 90, une agence publique dédiée à la redynamisation du commerce dans les quartiers est lancée. Son siège national est situé sur Lille avec des antennes très sur Paris, Lyon et Marseille très récemment. « A l’origine, notre mission était de remettre une activité commerciale uniquement dans les quartiers périphériques en difficultés, ceux référencés dans la « Politique de la Ville » par l’Etat. Par contre, ce sont les communes ou les EPCI (Etablissements publics de coopération intercommunale) qui sollicitent notre (éventuelle) intervention », entame Valérie Lasek.

Cela se traduit comment ?

EPARECA engage des fonds publics pour l’installation d’une ou plusieurs cellules, voire une petite surface commerciale, dans un quartier en difficultés. Ensuite, il loue de manière temporaire cet emplacement commercial pour un montant de loyer très accessible. « D’ailleurs, nous réalisons des locaux avec un souci de réduction maximale des charges (efficacité thermique…), il est important de minimiser le couple loyer +.charge pour l’exploitant », ajoute la directrice générale.

« Nous, on dit les choses », Valérie Lasek

Par contre, cet acteur public n’est pas là pour faire un chèque en blanc à la collectivité locale. « Nous réalisons une étude pointue sur l’environnement commercial, le tissu de la population etc. Nous intervenons avec un regard sur la sortie vers un investisseur. Nous, on dit les choses aux élus », ajoute-telle.

Cette logique s’explique même à travers le financement de cette agence publique. En effet, elle dépend de deux ministères ( Economie et des Finances, et Cohésion des Territoires ) avec un budget annuel de 6 millions d’euros pour un chiffre d’affaire de 30 millions d’euros, et 43 salariés de contrats privés (hors direction). EPARECA est de facto un acteur, certes public, mais avec une réflexion sur le coup d’après via la revente d’un pôle commercial à un investisseur. En clair, un taux de rentabilité est essentiel pour une sortie positive. « Nous portons nos projets durant une moyenne de 8 ans avant la mise en vente pour des investisseurs. Néanmoins, le raisonnement économique en sortie n’est pas le seul critère. Parfois, c’est un choix politique d’une collectivité qui peut se porter acquéreur », poursuit-elle.

Dans cette optique, l’intervention d’EPARECA dans un milieu urbain complexe se traduit à différents niveaux. « Nous pouvons prendre en charge complètement le risque/chantier ou intervenir seulement sur le foncier commercial comme dans le futur projet sur Vieux-Condé (rue Gambetta) avec une intervention du bailleur social », commente la directrice générale.

Les évolutions vers le coeur de ville

Cantonné sur des projets dans les quartiers périphériques, comme Chasse Royale à Valenciennes, EPARECA est devenu également un intervenant dans le centre-ville. « Nous sommes signataires de la convention « Coeur de Ville ». A ce titre, cela nous permet de réaliser des chantiers en centre-ville à la demandes collectivités qui pourront choisir un périmètre », ajoute Valérie Lasek.

C’est un point essentiel, car il instille plus de souplesse sur les 222 communes concernées ( de 30 000 à 50 000 habitants) en permettant aux maires de choisir l’espace de vie. En effet, les autres zones d’interventions d’EPARECA sont dictées par la classification  » Politique de la Ville  » ou pas.

Dans la même lignée, mais cette fois pour toutes les communes urbaines de France, la loi ELAN permet aux communes également de saisir cette agence publique, que ce soit les villes ou les intercommunalités. En conséquence; la mission d’EPARECA s’est élargie tant sur son périmètre que sur sa méthodologie d’intervention.

L’actualité EPARECA dans le Valenciennois.

Valenciennes. Epareca. 25 juillet 2016

En 2019, EPARECA est surtout déployé pour l’instant, dans les Hauts-de-France, le Grand Est (région de Nancy), île de France, la région de Lyon, le sud de la France, mais plus ponctuellement sur l’Ouest du Pays. En chiffres, EPARECA à une vingtaine de chantiers en production, comme sur Vieux-Condé, une quarantaine en exploitation, comme sur Chasse Royale à Valenciennes, une vingtaine déjà vendus, et d’autres en vente actuellement, c’est l’actualité du moment sur notre territoire. « Bruay’co (ex Pole Eco situé juste après le pont de la Bleuse Borne)) est en vente depuis la fin du semestre 2018. C’était la 1ère fois que nous intervenions sur un village artisanal. Il comprend 22 cellules occupées ou sans vacance structurelle. Nous vendons toujours en bloc et jamais à la découpe. Nous attendons des propositions », commente Valérie Lasek.

EPARECA en route vers une nouvelle agence nationale

A la tête de l’EPARECA depuis 2016, Valérie Lasek, originaire de Carvin a été nommée par le Ministère. Après deux séjours professionnels dans les ministères, de Cécile Duflot notamment, mais également au sein de l’ANRU : «  Je souhaitais m’engager dans une structure plus opérationnelle. EPARECA est une synthèse entre politique de la ville et urbanisme », commente-t-elle.

L’actualité de cet acteur public est brûlante. « Je suis auditionnée ce mardi 15 janvier 2019 à l’Assemblée nationale, car il y a un projet de création d’une Agence nationale de Cohésion des Territoires regroupant EPARECA, l’Agence du Numérique, et le Commissariat général à l’égalité des territoires. Cette nouvelle Agence verra le jour au 01 janvier 2020 avec une nouvelle force de frappe. Nous serons très mobilisés en 2019 sur cette fusion », conclut Valérie Lasek.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 15 janvier 2019
Bruay’co EPARECA Valérie Lasek
EPARECA, le soutien public au commerce
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