Sur le Valenciennois, la présentation du bilan 2018 sur la délinquance était attendue compte tenu d’un nouveau dispositif mis en place par le gouvernement, la PSQ (Police de Sécurité du Quotidien). Les thématiques abordées furent pléthoriques tant l’ordre public est multi-facettes (visuel rue Vieille Poissonnerie à Valenciennes).

(Patrouille mixte composée de la Police Nationale et de la Police Municipale)

La sécurité de proximité en coproduction

En présence du Commissaire divisionnaire Thierry Courtecuisse, du Capitaine de Gendarmerie François Malbrancq, du Procureur de la République Jean-Pierre Vicentini, et du Sous-Préfet de Valenciennes Christian Rock, cette information s’inscrivait dans la mise en place d’ une nouvelle organisation des forces de l’ordre sur le terrain . « La PSQ est lancée le début de l’année 2018, la volonté de cette PSQ est une nouvelle collaboration entre la Police nationale, la Gendarmerie, et les Polices Municipales à travers plus de terrain, c’est la proximité qui est recherchée », entame le Sous-Préfet de Valenciennes.

En toute logique, les collectivités locales sont une partie prenante dans cette approche de proximité. « Il y a un référent dans chaque commune, nous avons des échanges réguliers sur le sujet de la sécurité », poursuit Christian Rock.

« Fermeture très fâcheuse en terme d’image », Jean-Pierre Vicentini

Jean-Pierre Vincentini, Christian Rock, et Guy Marchand

Le Procureur de la République abonde sur cette collégialité à travers un exemple très concret. Avec tous les acteurs précités « c’est une coproduction avec les maires du Valenciennois, nous échangeons régulièrement avec les élus sur cette thématique. Je ne m’interdis rien en terme d’échanges pour plus de proximité. Nous avons mis en place un groupe de travail avec les forces de l’ordre, la Sous-Préfecture, et les maires ». Pour illustrer par les faits, Jean-Pierre Vicentini évoque un dossier très médiatisé sur la ville de Valenciennes, la fameuse fermeture de la station de tramway « hôtel de ville » rue Vieille Poissonnerie. « La fermeture d’un arrêt de tramway pendant plus d’une année était très fâcheuse en terme d’image. Nous avons trouvé des solutions ensemble (avec le SIMOUV) pour sa réouverture », indique Jean-Pierre Vicentini.

La traduction concrète sur le terrain est expliquée par le Commissaire divisionnaire Courtecuisse : « Sur les arrêts de tramway en tension Clemenceau, Gare SNCF et Hôtel de Ville, la tolérance zéro est de mise concernant les stupéfiants, les incivilités, voire les agressions, garde à vue, comparution immédiate, de nombreuses actions coup de poing. Nous n’avons plus de problèmes particuliers sur ces stations ».

Le Sous-Préfet de Valenciennes confirme « la rue Vieille Poissonnerie est redevenue une rue comme les autres, c’est une situation apaisée ! ».

Outre le passage du tramway dès 2006 dans cette rue commerçante de la ville de Valenciennes, la tension permanente relative à des faits délictueux, l’incivilité, à générer un taux de vacance commerciale très très très élevé. Les élus de la commune se devaient de réagir. Plusieurs outils sont aujourd’hui en place comme la convention « Coeur de Ville » signée avec l’Etat, le CRAC permettant à la ville de Valenciennes de préempter sur des rues ciblées, via un opérateur à désigner, un local commercial afin de le proposer à un loyer très accessible. « Des cellules commerciales vont s’ouvrir de nouveau dès 2019. Nous collaborons aussi avec la BGE pour l’installation de nouveaux commerces (10 000 € par dossier par la ville de Valenciennes) », explique Guy Marchand, adjoint à la ville centre. Durant cette période, le mobilier urbain a été retiré dans sa totalité au sein de la rue Vielle Poissonnerie.

Enfin, pour pérenniser cette stabilisation, une initiative originale est opérationnelle. « Nous patrouillons tous les jours avec une équipe mixte, 3 membres de la Police Nationale, et 2 membres de la Police Municipale. C’est une démarche innovante, et unique dans la région des Hauts-de-France, voire peu répandue en France », commente le directeur de la Police Municipale de Valenciennes.

« La PSQ est partout », Thierry Courtecuisse

Rappelons que le Valenciennois est composé de 82 communes dont 36 en zone gendarmerie, soit 1/4 de la population, et 46 dans la zone police pour environ 3/4 de la population du territoire.

Thierry Courtecuisse

« Le premier bilan de la PSQ affiche une tendance baissière que ce soit dans la zone police, mais également dans la zone gendarmerie », entame le Sous-Préfet de Valenciennes. Concrètement, sur le territoire, mais sans distinctions des quatre subdivisions, les atteintes aux biens ont baissé de 5,11% avec une nette diminution des cambriolages de – 17%. Sur ce point, le commissaire divisionnaire précise « les bandes organisées ont été démantelées, nous n’avons plus cette problématique avec certaines communautés. Par ailleurs, je souligne le taux d’élucidation de 49,59 % sur le Valenciennois ». Ensuite, les vols de véhicules ont diminué également de – 4,3%.

Concernant les atteintes à l’intégrité physique, la tendance baissière se confirme à hauteur de – 1,6% avec une baisse des violences intrafamilales – 3,5% (article édition du vendredi 08 mars). Par contre, une hausse importante est constatée dans le domaine des stupéfiants, + 6%. « Sur le volet stupéfiant, grâce au travail conjoint avec la Gendarmerie et la douane, nous avons obtenu des résultats importants. De plus, nous procédons maintenant à la saisie des avoirs criminels, notamment les voitures de luxe », précise-t-il.

Sur la zone police représentant environ 305 000 habitants en terme de volumétrie, la baisse continue en 2018, comme en 2017, avec – 3,24%, soit près de 500 victimes de moins. « La PSQ est partout, elle s’accompagne de la réforme territoriale visant à mieux répartir les effectifs sur le terrain avec moins de taches administratives redondantes. D’ailleurs, c’est une révolution interne, nous avons des plates-formes communes aux 4 pôles Valenciennes, Denain, Saint-Amand, et Condé. Enfin, nous avons mis en place des patrouilles pédestres, voie en VTT d’avril à octobre sur la zone police », ajoute le Commissaire divisionnaire Courtecuisse.

« La vidéo protection est notre cheval de bataille », François Malbrancq

François Malbrancq

Là également en zone gendarmerie, la baisse est significative avec – 17%, soit 210 faits de moins. « Sur les communes signataires des conventions « Participations Citoyennes », avec des référents sécurité, nous avons des réunions avec eux deux fois par an. Ce résultat est le fruit d’une action de partenariat avec les élus, la population, la Police Municipale, et les commerçants », explique le Capitaine de Gendarmerie.

Comme pour la Police nationale, les forces de la Gendarmerie «  vivent avec leur temps, nous utilisons les outils numériques de communication comme les réseaux sociaux, notamment un Groupe Facebook « .

Bien sûr, les disparités sont importantes entre les communes dans la ruralité, les plus exposées sont situées en sortie d’autoroute.

En zone rurale, le monde agricole est visé également « avec des vols de carburant voire de machines outils. Nous avons initié des réunions d’informations transfrontalières avec des agriculteurs français et belges ».

L’objectif 2019 est clairement affiché. « La vidéo protection est notre cheval de bataille. Sur Sars-et-Rosières, le parc d’activités Eco-Park a installé un système de vidéo protection », poursuit le capitaine de Gendarmerie. Christian Rock conforte cette volonté « nous espérons que les Parcs d’activités vont s’équiper sur le Valenciennois ». A savoir que les zones d’activités sont sous la responsabilité des deux intercommunalités compte tenu de la compétence économique dédiée aux  communautés d’agglomérations.

« En ce qui concerne les communes, il y a environ 1/3 des communes avec une vidéo protection. Les images sont une aide importante à l’enquête « , poursuit le capitaine de Gendarmerie. Logiquement, le problème de la supervision des images constitue une problématique forte. Evidemment, regarder les images en temps réel dans toutes les communes équipées seraient le rêve. Pourtant, seules des communes importantes comme Valenciennes ont un centre de supervision « avec des images d’une qualité impressionnante, nous pouvons réaliser des reconnaissances d’identité. D’ailleurs, Valenciennes est interconnectée avec les caméras de la Police municipale, et bientôt avec celle du réseau Transvilles », précise le commissaire divisionnaire. 

( Un exemple de vidéo-protection sur le terrain avec la commune de Flines-lez-Mortagne dans l’édition du vendredi 08 mars, mais également sur la thématique des violences intrafamiliales)

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 6 mars 2019
Christian Rock François Malbrancq Jean-Pierre Vicentini PSQ Thierry Courtecuisse
La Police de Sécurité du Quotidien à l’épreuve du terrain (1/3)
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