Pour illustrer cette dynamique du déploiement de la vidéo-protection, la commune de Flines-lès-Mortagne s’est engagée dans le choix d’une installation de caméras. Son maire Bernard Lebrun-Vandermouten a présenté cette initiative encore rare en zone rurale.

« J’assume complètement le choix de la vidéo-protection », Bernard Lebrun-Vandermouten.

Sur le Valenciennois, la vidéo-protection gagne du terrain peu à peu. Le volet philosophique de la surveillance des biens et des individus est définitivement un argument suranné dans les consciences collectives. Seule l’évolution sémantique est à souligner, nous ne parlons plus de vidéo-surveillance, mais de vidéo-protection très encadrée par la loi sur l’utilisation et la conservation des données. « Vous avez 38 communes, sur 82 dans le Valenciennois, qui ont installé un équipement de vidéo-protection », précise Christian Rock le Sous-Préfet de Valenciennes.

Le Capitaine de Gendarmerie Francois Malbrancq est ravi de cette installation en zone rurale. « J’ai installé sept caméras, 3 sur des bâtiments publics, et 4 sur la voie publique depuis un an. La baisse des délits est spectaculaire, notamment les « rodéo nocturne », mais également les dégradations sur les bâtiments publics. «  Elle est dissuasive, j’assume complètement le choix de la vidéo-protection», déclare le premier magistrat de la commune.

Caméras sur la mairie de Flines-Lès-Mortagne

Au niveau des voies publiques, Flines-lès-Mortagne est un axe routier très fréquenté par les poids lourds, voire les visiteurs vers l’Etang d’Amaury au sein du Parc Naturel Régional. Dans ce cadre, la Gendarmerie a conseillé les élus locaux concernant le positionnement des caméras. D’ailleurs, parmi les quatre caméras sur la voie publique, il y a une caméra LAPI ( Lecture automatique des plaques d’immatriculation). « Elle peut lire les plaques avant et arrière d’un véhicule, enregistre une petite vidéo où nous pouvons découvrir le modèle du véhicule, et l’heure de passage », précise Emmanuel Bronsart, un technicien sur la commune de Flines-lès-Mortagne.

Bien sûr, ces captations d’images sont des outils pour les investigations judiciaires. « Sur cette commune, les images ne sont consultables que par moi, et un adjoint. De plus, elles ne sont exploitables que sur réquisition du Parquet », précise le maire. Cette gestion d’images est de fait très encadrée par la loi.

Caméra LAPI positionnée à un endroit stratégique

« Je cite comme exemple cette commune à tous les autres maires en zone rurale. Flines-lès-Mortagne est également un chemin pour le passage de la drogue venant de la Belgique, ces caméras nous permettent des investigations. Toutefois, cette commune n’est pas reliée a un Centre de Surveillance Unique, comme celui de Villeneuve d’Ascq », souligne le Capitaine de Gendarmerie.

Dans cette dynamique, l’édile de cette commune rurale de 1 694 habitants souhaite installer une caméra de vidéo-protection dans le cimetière… « les dégradations sont nombreuses ».

Eviter le vol par ruse

Sans corrélation avec le sujet de l’article, il est important de rappeler que ce soit en zone rurale, voire urbaine, l’existence du phénomène du « vol par ruse ». « Les personnes âgées, voire fragiles, sont des cibles. Il faut rappeler les consignes de prudence », souligne Christian Rock.

Ne pas laisser rentrer chez soi un agent (présumé) du service public ou privé sans présentation d’une carte professionnelle, se méfier des démarcheurs à domicile, voire de toute autre demande à votre porte, etc. La prudence est de mise, car cette problématique est statistiquement toujours très présente dans le bilan annuel de la délinquance sur un territoire.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 7 mars 2019
Bernard Lebrun-Vandermouten. Capitaine de Gendarmerie Francois Malbrancq Flines-Lès-Mortagne
La ruralité à l’heure de la vidéo protection avec Flines-lès-Mortagne (3/3)
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