Dans le cadre des journées des sites qualifiants au sein de l’IRTS Hauts-de-France, l’établissement de Valenciennes a organisé une conférence sur la fracture numérique, et ses impacts sur le travail social, au sein de la salle Pierre Richard de la ville centre.

Le numérique, moteur d’un progrès fracturé !

Si vous compilez deux données tangibles ; plus de 10 millions de Français reconnaissent leur difficulté à utiliser un ordinateur et internet, avec la dernière enquête par un média national révélant que 6 à 7 millions de Françaises et de Français n’ont pas accès à internet. Oui, la fracture numérique a encore de multiples visages en France métropolitaine et ses Dom Tom.

Incontestablement, l’arrivée en force de l’outil numérique à travers la dématérialisation administrative entreprise par l’Etat de proximité, voire les services privés, la multiplicité des applications, les plates-formes etc. plonge une frange de la population dans le désarroi.

L’erreur serait de croire que cette fracture numérique ne concerne que les personnes les plus âgées ! Que nenni, elle touche toutes les tranches d’âges, même celle très en phase avec les réseaux sociaux, quasi geek en la matière, mais complètement perdue face à une démarche e-administrative voire recherche sur le web. Par contre, elle n’est pas mécaniquement liée à la catégorie sociale. En effet, l’INSEE note une différence de 10% de taux de connexion entre les différentes catégories sociales, plus et moins aisées financièrement. Donc, cela a plus attrait à la perception, à l’environnement urbain et humain de cette approche digitale, l’isolement ou pas de la dite personne, en résumé des facteurs satellites multiples vont concourir à cette inégalité sociale criante en 2019.

Le travailleur social 2.0

Le constat est identique pour les professionnels du travail social comme pour les apprenants. La formation à distance n’est pas magique. « L’éruption du numérique dans notre société, à travers la dématérialisation des services, ne doit pas faire oublier la place de l’humain », explique Bruno Malvoisin, de l’IRTS Hauts-de-France.

Julie Denouël

Julie Denouël, Maître de conférences en Sciences de l’Education à l’Université Rennes 2 –Centre de Recherche sur l’Education, les Apprentissages et la Didactique, était donc la conférencière du jour sur cet item du quotidien pour les travailleurs sociaux.

Au festival des nouveaux maux de notre société, des nouveaux mots viennent graver dans notre inconscient collectif cette problématique sociale. Celle du jour constitue un véritable défi sociétal. En effet, Julie DENOUËL a évoqué cette notion du XXIème siècle, l’llectronisme, le terme désormais retenu pour nommer l’illettrisme numérique. C’est à dire la difficulté à utiliser internet dans la vie de tous les jours, et près d’un quart des Français sont victimes de ce phénomène du quotidien.

Le numérique est présenté sous de multiples facettes. « Depuis le début, le techno-déterminisme, comme pour le film Matrix, expose le monde numérique comme un changement radical, et négatif », indique Julie DENOUËL. D’autres regards sont bienveillants face à cette nouvelle démocratie sociale digitale, immédiate, instantanée, créant aussi du lien indéniablement dans certains cas. Le numérique est de facto nécessaire et incontournable au moteur du progrès.

Pour autant, son déploiement social, parfois sans d’autres alternatives, laisse sur le bord de la route une partie de la population. Voilà, le champ complexe dans lequel intervient le travail social 2.0, entre un dialogue les yeux dans les yeux et quelques clics !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 28 mars 2019
Illectronisme IRTS Hauts-de-France IRTS Valenciennes
L’illectronisme participe à la fracture sociale
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