Après 4 ans de rebondissements industriels, l’Usine sidérurgique de Saint-Saulve va connaître (enfin) une reprise industrielle pérenne (?) par un acteur britannique connu dans le monde de l’acier.

Nacim Bardi, délégué syndical CGT : « Quand l’Etat est là, tout est possible ! »

Le Tribunal de Strasbourg, section commerciale, a rendu dès 14H une décision attendue. En effet, parmi les 3 repreneurs, l’offre de reprise la plus sérieuse semblait être British Steel. « Elle part sur un plan d’investissement plus raisonnable, cela rassure les partenaires », précise Nacim Bardi. Toutefois, par rapport à la reprise d’ALTOFORT, avortée faute de fonds suffisants en février 2019, le délégué syndical CGT précise aux interlocuteurs tirant sur l’ambulance Altifort : « Si Altifort n’avait pas été là pour nous reprendre en décembre 2018, nous ne serions plus là, cela nous a permis d’obtenir un sursis, et l’entrée en jeu de British Steel ».

Sur ce dossier, l’entreprise spécialisée British Steel, numéro 2 en Angleterre sur ce segment d’activité, a un plan d’investissement de 45 à 50 millions d’euros. Pour sa part, l’Etat au sens large va injecter 47 millions d’euros sur un plan global d’investissement de 150 à 200 millions d’euros.

Le coup de pouce du Brexit ?

Même si le Président exécutif de British Steel, Roland Junck, dément toute relation avec les tribulations de la Grande-Bretagne au sein de l’Union européenne, la question se pose. En effet, absent totalement des offres de reprises précédentes, on peut légitimement s’interroger sur l’effet, Brexit or not Brexit. En effet, la taxation de l’acier serait préjudiciable pour cet acteur avec 5 usines en Grande-Bretagne, mais également une aux Pays-Bas, et surtout en Moselle à Hayange. « Nous avons signé un accord avec la SNCF pour la livraison par voie ferrée du site de Hayange. Je remercie la SNCF pour cette autorisation. Ensuite, nous pouvons livrer le site néerlandais par voie fluviale », précise Nacim Bardi.

« Une volonté politique industrielle », Nacim Bardi

Le message fort posé par le syndicaliste réside dans la volonté politique industrielle ou pas ! « Quand l’Etat est là, tout est possible. Lorsque vous avez une volonté politique industrielle, on peut tout envisager. Malheureusement, ASCOVAL est l’arbre qui cache la forêt, il y a plein d’ASCOVAL en France », ajoute Nacim Bardi.

Assurément, sur le dossier ASCOVAL, la mobilisation territoriale des élus fut exemplaire, tout comme celle de l’Etat en la matière. Toutefois, si cette dernière eut été du même acabit en 2013, notamment localement, dès les prémices d’un gros clash industriel, les événements auraient pu être tout autre. Quand le bébé est beau, beaucoup de pères vont fleurir dans les déclarations. Le principal est que les 270 salariés sont sauvés même si l’avenir d’ASCOVAL se conjugue avec le changement.

« Tout reste à faire, le carnet de commandes est vide », Nacim Bardi

Le premier changement de taille est le type de produit demandé à cette aciérie de Saint-Saulve. « Nous devons fabriquer des tubes longs carrés. Aujourd’hui, nous produisons des tubes longs ronds. Après une petite formation pour la salariés, c’est surtout la transformation de l’outil industriel qui est importante. Elle sera réalisée normalement en janvier/février 2020, mais nous continuons notre production de tubes longs ronds durant cette période. Cela va accroître notre palette de production », poursuit le syndicaliste.

Ensuite, le chemin est long. « « Tout reste à faire, le carnet de commandes est vide », conclut Nacim Bardi. Incontestablement, cette nouvelle symbolise une autre aventure « que nous espérons très longue », précise Nacim Bardi, soulagé et enthousiaste pour la suite.

Longue vie à  British Steel Saint-Saulve dès le 15 mai prochain

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 2 mai 2019
Ascoval British Steel Nacim Bardi
ASCOVAL deviendra le 15 mai 2019 British Steel Saint-Saulve
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