A la veille d’une élection municipale électrique en France, avec des mots qui claquent plus que de raison, il y a 75 ans, des hommes et des femmes ont laissé leur vie pour qu’aujourd’hui la paix soit notre quotidien. Le 02 septembre 1944, la ville de Saint-Amand-les-Eaux était libérée, émotion 75 ans après… !

Alain Bocquet : « Les conditions de l’occupation allemande étaient encore plus dures dans le Nord Pas-de-Calais, c’était la zone interdite »

Chaque année, cette journée du 02 septembre résonne dans les mémoires des citoyennes et citoyens de la cité thermale. Pour ce 75ème anniversaire « jour pour jour, le souvenir de cette journée est encore vif dans notre ville », entame Alain Bocquet.

En présence des associations patriotiques, de Mohammed Abdoune, secrétaire général à la Sous-Préfecture de Valenciennes, de Monique Huon, conseillère régionale, une messe, un dépôt de gerbe, et un défilé s’est déroulé avec des hommages à Malcom Kennedy, soldat américain mort sur le pont du Moulin des Loups, Arthur Defresnes mort au combat le 02 septembre, Maurice Carton et Fernand Deltombe imprimeurs de la Voix du Nord clandestine, Pierre Leroux, mort au combat le 02 septembre, mais également une exposition à la Médiathèque des Encres baptisée « La vie qui résiste ».

Sous la houlette d’Isabelle Vahé, du service culturel de la commune, une série de panneaux avec textes et photos retracent la ville occupée et libérée le 02 septembre 1944. Cette exposition très instructive est à découvrir jusqu’au 28 septembre.

Dans la France occupée, et plus particulièrement dans le Nord Pas-de-Calais « les conditions de l’occupation allemande étaient encore plus dures dans le Nord Pas-de-Calais, c’était la zone interdite », commente Alain Bocquet. Le maire de la commune rappelle les actes de résistance à Saint-Amand-les-Eaux et ses résistants célèbres, Madeleine Davaine, qui hébergea des enfants juifs, Goerges Wallers, emprisonné et torturé pendant des mois, voire le Général Charles Delestraint nommé chef de l’armée secrète par le Général de Gaulle en novembre 1942, ou encore du chef de section d’un contingent Nord Africains, Moussa Ouakid, grand-père du Ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin.

Ouverture de l’exposition « La vie qui Résiste » à la Médiathèque des Encres

De 09H30 à 20H00, une ville occupée est redevenue libre, les troupes américaines conjuguées aux forces de la résistance, sous toutes ses formes, ont réussi à ce libérer du joug de quatre d’ans d’occupation allemande. Pour la première fois depuis 4 ans d’occupation, le carillon a résonné dans la soirée du 02 septembre 1944 à Saint-Amand-les-Eaux, la liesse populaire, la liberté retrouvée, les avancées sociales à travers le Conseil national de la Résistance. Replongeons-nous dans le contexte, car le concept de la Sécurité sociale, absent dans bien des pays sur le globe en 2019, est né à cette date. C’était vraiment brillant !

« Ce combat pour anéantir la bête immonde est loin d’être terminé », Alain Bocquet

« Aujourd’hui, jamais la Paix dans le monde n’a été aussi fragilisée, les conflits guerriers se multiplient, le terrorisme sévit toujours, les relations internationales n’ont jamais été à ce point soumis à des rapports de domination, de bras de fer, de coups de mentons (voir de tweets), de menaces, de sanctions, de guerres économiques et commerciales mortifiées pour les peuples ».

D’ailleurs, l’actualité politique nous ramène au retour des populismes en Europe, en Allemagne dimanche avec une percée remarquée de l’extrême droite dans deux régions, mais également en France où le Rassemblement National est plus que présent. « Ce combat pour anéantir la bête immonde est loin d’être terminé », assène Alain Bocquet.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 2 septembre 2019
02 septembre 1944 Alain Bocquet Saint-Amand-les-Eaux
Et le carillon retentit à Saint-Amand le 02 septembre 1944
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