La radio est un outil de communication dont l’aura, malgré l’avènement d’internet, ne faiblit pas. Rencontre avec les fondateurs de Radio-Club en 1981, antenne de terrain sur Wallers, et les acteurs en 2019.

Radio-Club ((105.7FM), radio associative et… indépendante

On ne mesure pas du tout aujourd’hui le tremblement de terre de la libération des ondes FM, par François Mitterand, dans le courant de l’année 1981. Un film anglais a rendu un hommage magnifique à cette période irradiée, le film culte « Good Morning England » en 2009.

Donc en 1981, Fernand Dumez est un technicien dans l’électro-ménager. « Dès l’annonce de la libération des ondes par le Président de la République, je fabrique mon propre émetteur », explique avec délice Fernand Dumez. Inutile de souligner qu’il était pour le moins artisanal, très faible, mais il fonctionnait déjà sur Wallers. « Au début, en l’absence du décret d’autorisation, tout le monde était pirate pendant quelques mois », ajoute-t-il.

Le paradoxe est que ce temps hors la loi fut très utile. « Repérée comme une radio locale, je fus convoqué avec d’autres afin de rencontrer la présidente de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle, Michelle Cotta. Elle a choisi d’instaurer des quotas par département. Dans ce cadre, Radio Club a fait partie des 50 radios locales, obligatoirement associatives, dans le département du Nord », poursuit Fernand Dumez.

50 radios sur un territoire aussi vaste que le Nord, c’est famélique d’où une légion de radios pirates à cette époque. Dans le Valenciennois, suite à une plainte d’un particulier vexé par un message à l’antenne d’une radio pirate. Il y a eu une vague de répressions… « Près de 20 radios furent fermées, les installations arrachées etc. », ajoute Fernand Dumez… la Saint-Barthélémy des ondes !

« En 83, une grille de programme », Fernand Dumez

L’histoire de cette radio locale a pris une nouvelle dimension suite à un don familial. « Grâce à ce cadeau, j’ai pu acquérir un émetteur professionnel », précise Fernand Dumez. Chemin faisant, deux ans après, Radio-Club commence à structurer sa diffusion. « En 1983, nous avions notre grille de programme, disque à la demande (un grand classique radio), des émissions à thèmes comme avec un chanteur local, rétro, de la variété française, de la musique funky qui d’ailleurs fut notre 1er courant musical ».

« Nous sommes les compagnons du quotidien des auditeurs », Joris Naessens

En 2019, Radio-Club demeure plus que jamais une radio associative. « Nous sommes indépendants, nous sommes éligibles au fonds d’aide à l’expression radiophonique où vous ne pouvez pas enregistrer plus de 20% de recettes au global. Nous avons 3 salariés, un contrat aidé et un service civique », explique Sylvie Dumez, vice-présidente de l’association. « Mais nous demeurons à but non lucratif », s’exclame Fernand Dumez. A savoir que Eric Dumez est le trésorier, une histoire de famille Radio-Club !

Par contre, l’évolution est radicale. « On s’est professionnalisé, mais notre ADN demeure la proximité. Nous donnons la parole aux habitants dont beaucoup sont très fidèles. Nous sommes les compagnons du quotidien des auditeurs », mentionne Joris Naessens.

Parfois, cela va même plus loin. « Radio Club est une bouée de sauvetage, on devient le confident, un rempart contre la solitude », précise Fernand Dumez. Nul doute que cette seule vertu justifie à elle seule l’existence de ces radios locales, elles participent à cette rupture de l’isolement en principal des personnes âgées, la faucheuse d’âme par excellence.

La Fédération des radios associatives locales

Une grille de programme très construite avec des émissions à thème sur « des sujets de société comme sur le harcèlement scolaire à la rentrée, Paris-Roubaix, le rôle du maire etc, et tout dernièrement, tous les mardis à 19h, la nouvelle émission sport « Va y avoir du sport » avec Medhi et ses collègues fondus de sport. D’ailleurs, nous sommes également la seule radio encore avec une émission patoisante, le mercredi de 16H30 à 18H00 », indique Joris Naessens. La plus value évidente d’une base sur Wallers est la résilience du site minier, son nouveau destin d’Arenberg Creative Mine,

Bien sûr, cette période électorale est plus complexe pour donner la parole à des maires dans le cadre d’une promotion d’un événement. Après 38 ans, ils connaissent très bien la musique. « Nous avons de bons rapports avec le maire de Wallers, il est très ouvert », explique Sylvie Dumez. « Mais, cela ne sous-entend en rien un positionnement politique de radio-club », s’empresse de préciser Fernand Dumez, l’indépendance est une lutte quotidienne.

Reconnaissance indéniable, Radio Club bénéficie d’un cercle très fermé. « En effet, nous faisons partie de la Fédération des radios associatives locales avec seulement 19 radios dans les Hauts-de-France. Nous sommes très solidaires entre nous. D’ailleurs, on s’échange des sujets, il n’y a pas de concurrence. Nous avons même des actions communes à travers « Parlons FranF », précise Joris Naessens.

L’actualité de Radio Club, 105.7 FM

Durant la semaine bleue (7 au 13 octobre), Radio-Club organise un temps fort avec deux journées phares, le samedi 12 octobre au sein de la Grange Dimière, soirée année 80 de 20H00 à 1H00 (entrée 5 €), et le dimanche 13 octobre 2019, toujours dans la salle de la Grange Dimière, avec un thé dansant de 15H00 à 20H00 (entrée 5€). Réservations pour ces deux soirées, places limitées : 03 27 24 22 22

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 18 septembre 2019
Fernand Dumez Joris Naessens Radio club
Radio-Club, un passeur d’ondes de proximité depuis 38 ans
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