Dans la continuité de la manifestation réussie, en terme d’affluence, du 05 décembre dernier, rendez-vous était donné sur la Place d’Armes par les syndicats réunis sauf que… Cette fois, la manifestation a tourné court avec plusieurs séances de gaz lacrymogènes, c’était inattendu sur la forme, ceci expliquant le reste… !

Emile Vendeville : « Nous voulons savoir qui a ordonné le gazage des manifestants sans sommation »

Sur un territoire où seul Laurent Degallaix, maire de Valenciennes est le porteur local de la politique du gouvernement, cet affrontement est symbolique d’un dialogue qui n’existe plus !

Dans la logique de la contestation à la Réforme des Retraites, mais bien plus encore soulignent tous les militants présents ; cette lutte contre les choix politiques, d’un président élu, vient s’agglomérer une violence inhabituelle sur le Valenciennois, pourtant rompu aux mouvements sociaux.

En effet, ce nouveau temps fort revendicatif démarrait vers 10H sur la lancée de jeudi dernier avec « entre 1 500 à 2000 personnes », selon les syndicats. La coutume syndicale locale, même dans le cadre d’une manifestation dûment déclarée en Sous-Prefecture de Valenciennes, veut qu’aucun parcours n’est déclaré en amont, c’est historique « cela ne s’est jamais fait à Valenciennes », précise Emile Vendeville.

Donc, les manifestants se dirigeaient après un 1er passage Place du Canada, puis vers l’Avenue Pompidou. Au 1er rond point, un cordon de CRS s’est interposé « avec un gazage sans aucune sommation, nous avons été copieusement gazés. De plus, c’étaient des gaz lacrymogènes très agressifs, comme sur Paris », explique Ludovic Bouvier. Un jeune militant ajoute « il n’y a pas eu la moindre violence des manifestants avant ce gazage (vidéos à l’appui) ». Une sommation dans les règles est pourtant intervenue lors de cette opération de maintien de l’ordre.

Emile Vendeville conforte ces propos « on n’est pas habitué sur Valenciennes avec ces méthodes. Qui a donné l’ordre, le commissaire divisionnaire, le Sous-Préfet de Valenciennes, le préfet de Région (voire tout autre personne décisionnaire localement ou nationalement) ? . Nous voulons savoir qui a ordonné le gazage des manifestants sans sommation. Il faut qu’ils prennent leurs responsabilités », commente Emile Vendeville. 

« Nous avons 6 manifestants en garde à vue », Ludovic Bouvier

Suite à ce 1er échange, les manifestants furent gazés de nouveau Place du Canada, puis devant le Commissariat de Police. « La première fois, nous avons eu 4 collèges interpellés. Trois furent libérés rapidement, mais à cette occasion 5 autres ont été interpellés. Donc, actuellement, nous avons 6 militants en garde à vue au Commissariat de Valenciennes. J’espère que ces derniers vont être libérés dans la soirée. Sinon, dès demain matin, une manifestation avec des militants de toute la région vont converger sur Valenciennes devant le Commissariat de Police », ajoute Ludovic Bouvier. « Des femmes et des enfants, des commerçants ont été gazés », poursuit un manifestant.

« Cela va très mal se passer si les libérations n’interviennent pas ce soir ou demain ! », Ludovic Bouvier

« Nous obtiendrons la libération de nos camarades », Emile Vendeville, c’est un casus belli sans aucun doute. « Cela va très mal se passer si les libérations n’interviennent pas ce soir ou demain ! », ajoute Ludovic Bouvier.

De nombreux gilets jaunes, dont Manu, étaient présents pour cette réunion d’urgence avec la presse locale, puis en Assemblée générale. « Ils n’arriveront pas à diviser les syndicalistes et les Gilets Jaunes », lance en terme plus fleuri un syndicaliste bien connu. De fait, ces manifestations, à la base, contre la Réforme des Retraites ont réussi par ricochet à unifier deux mouvements que les formes d’organisations séparaient, le syndicalisme et les Gilets Jaunes, c’est une réalité sur le Valenciennois. « Nous avons les mêmes objectifs, seule la sémantique change entre nos revendications », précise Emile Vandeville.

On peut souligner un fait durant cette réunion. On n’a même pas entendu le nom d’un syndicat en terme de prise de parole au nom de…, c’est donc une convergence syndicale et des Gilets Jaunes qui se construit sur le Valenciennois.

Sur la forme, le cortège a été surpris totalement par la tournure des événements, un modus opérandi sur le déroulé d’une manifestation s’est brisé aujourd’hui à Valenciennes, un quasi tabou syndical sur le territoire depuis les années USINOR ! Gageons que le Droit de manifester en démocratie retrouve un calme plus propice aux revendications à écouter par les gouvernants… ! Les forces de l’ordre et les manifestants peuvent, comme durant les autres manifestations, retrouver une forme pacifique, c’est mieux pour tout le monde.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 10 décembre 2019
Emile Vendeville Laurent Degallaix Ludovic Bouvier Marc Lambert
Une manifestation populaire et revendicative, trois gazages et beaucoup de questions !!!
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