Âgée de 19 ans, résidente sur Condé-sur-l’Escaut, Sarah Moussadak étudie le Droit en 1ère année à la Faculté de Droit de Valenciennes aux Tertiales. Jusque là, ce récit est assez banal sauf si nous ajoutons que cette jeune femme est aussi une professionnelle déjà redoutée mondialement en Kick-Boxing… !

Sarah Moussadak : « Je suis capable de passer N°1 mondiale de Kick-Boxing »

Pour le premier sujet de l’année 2020 très épidermique par son calendrier, électoral notamment, il fallait un(e) citoyen(ne) du cru extraordinaire, un(e) singularité sportive ou artistique hors du commun. Tel est le profil de Sarah Moussadak, passée professionnelle de Kick-Boxing à 18 ans, le combat pieds-poing pour les spécialistes.

Son père était le champion de Box-Thaï, Omar Moussadak, 5 fois champion du monde, 3 fois champion d’Europe. Presque logiquement, Sarah a baigné dans l’univers du combat dès sa plus tendre enfance. Âgée de 4 ans, elle commence l’entraînement sous l’attention bienveillante de son père. « C’était inné. Je ne trouve pas les mots pour dire ô combien cela me semblait naturel. Ce sport véhicule des valeurs comme celle du respect des adversaires et bien d’autres. Cette pratique sportive a également canalisé mon énergie, car j’étais une enfant hyper active », explique la championne.

Comme quoi, le destin d’un(e) champion(ne) trouve parfois sa source dans le regard d’une enfant sur un sport parfois très décrié pour les femmes. « Durant toutes mes premières années de Kick-Boxing, j’étais toujours la seule boxeuse du club. Par contre, depuis 5 ans environ, il y a beaucoup plus de pratiquantes en Kick-Boxing. Avant, on voyait le coté brutal et violent. Aujourd’hui, la perception est plus sur l’aspect Fitness, autodéfense dans un sport de combat », commente Sarah Moussadak.

La différence technique entre la Boxe-Thaï et le Kick-Boxing réside dans l’absence de coup de coude et moins de corps à corps pour le Kick-Boxing.

« Le combat sans les protections fut une libération pour moi », Sarah Moussadak

Après une carrière riche en amateur, Sarah est passée professionnelle dès l’âge de 18 ans en signant un contrat de deux ans avec l’organisation « Glory ». « C’est la plus plus grosse structure de Kick-Boxing au monde. Tous les champions et championnes sont en contrat avec cette organisation mondiale. Au mois de mars 2020, je bouclerai ma 1ère année avec eux », explique-t-elle.

Outre le passage à une activité sportive rémunérée pour combattre, le mode de combat a tout changé pour Sarah. « Avant le passage en Pro, j’avais des protections, casque, plastron, protège- tibias…. Aujourd’hui, un protège-dents et des gants, le combat sans les protections fut une libération pour moi », poursuit-elle. Comme corsetée derrière des règles castratrices, Sarah libère son potentiel « plutôt offensif. Certaines combattantes sont défensives, moi j’avance ! », ajoute-t-elle.

« J’ai trouvé dans mon club en Belgique une solidarité entre les combattantes », Sarah Moussadak

La vie de cette étudiante est assez mouvementée. Habitant sur le chef lieu du Pays de Condé, elle étudie le Droit aux Tertiales à Valenciennes, mais part s’entraîner six fois par semaine dans la banlieue de Bruxelles, c’est la meilleure structure d’entraînement pour Sarah en adéquation avec ses ambitions. Outre les bonnes conditions de pratique, Sarah « a trouvé dans mon club en Belgique une solidarité entre les combattantes que je ne retrouvais pas en France », indique-t-elle. Par contre, il est hors de question de quitter la France. « Etre proche de ma famille, étudier à Valenciennes, c’est un repère très important pour moi », ajoute la championne.

Une ambition affichée

Dans cette fameuse organisation « Glory », vous retrouvez les 20 meilleures Kick-Boxeuses de la planète. Un meeting de combats d’hommes et de femmes est organisé chaque mois, voire plus, à travers la planète. « J’ai quatre combats par an. C’est suffisant, le temps de la préparation, le déplacement notamment à l’étranger, et la période de repos », précise Sarah Moussadak. A cette heure, elle a disputé onze combats, 10 victoires, dont 3 par Ko. Elle a battu la N°5 (au moment du combat) de l’organisation Glory où les combattantes s’affrontent afin d’obtenir le meilleur rang possible dans ce classement, tout simplement celui du Top mondial de la discipline féminine.

La jeune femme espère d’abord reconduire son contrat avec Glory pour poursuivre sa carrière professionnelle, mais plus encore elle ne se cache pas derrière son petit doigt. « Dans les 18 mois à deux ans, je suis capable de passer N°1 mondiale de Kick Boxing ! », déclare-t-elle, sans l’ombre d’une hésitation, avec une voix très posée assez bluffante à 19 ans… !

Pour autant, elle a la tête sur les épaules. « Pour l’instant, entre mes études et le Kick-Boxing, il n’y pas de choix. Je sais très bien qu’en cas de grave blessure… ! Je veux obtenir un diplôme », poursuit-elle aussi déterminée que son ambition de numéro un mondiale putative.

Voilà dans l’univers du chacun pour soi du sport de combat, une jeune femme affiche sa dualité, celle d’une championne déjà en action avec une ambition chevillée au corps et celle d’une étudiante bien dans sa tête.

Pour entamer une année très punchy sur le Valenciennois, Sarah est assurément un beau symbole d’une jeune femme du XXIème siècle.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 1 janvier 2020
Condé-sur-l'Escaut Glory Kick-Boxing Sarah Moussadak
Sarah Moussadak, une championne de Kick-Boxing sur le Valenciennois
Facebook Twitter Linkedin
Print Friendly, PDF & Email