Voilà le 4ème et dernier candidat à se déclarer sur la cité thermale, il s’agit d’Eric Castelain. Sur l’échiquier politique, il part en conquête d’une ville singulière où un électorat significatif, plutôt à droite, vote Alain Bocquet depuis plusieurs mandats, voire ne se déplace pas du tout pour une élection pliée d’avance en faveur du maire sortant

Eric Castelain : « Que les partis politiques m’oublient ! »

Eric Castelain est resté dans l’antichambre de cette élection, très attentif ! « J’ai écouté les uns, les autres. Je suis déçu par l’offre politique pour les Amandinoises et Amandinois. Nous avons un offre partisane avec le Rassemblement National, une continuité de la majorité actuelle qui montre ses limites, et une autre candidature règlement de compte. Je pense qu’il faut un souffle nouveau sur cette commune », entame Eric Castelain.

Elu en 2001, Eric Castelain, 50 ans, chef d’entreprise, se lance pour la 3ème fois comme tête de liste sur la commune de Saint-Amand-les-Eaux. Quasi d’entrée de jeu, il se détache d’une étiquette via les partis politiques. « Ce n’est pas un scoop, chacun sait que je suis de droite, je l’assume. Par contre, je ne recherche aucune investiture. En terme de référence politique, je me sens plus proche d’un Chevènement (le père de l’intercommunalité) que d’un Macron. Mais que les partis politiques m’oublient ! », poursuit-il.

Un fait politique méritait un éclairage. En effet, en fin de mandant, Eric Castelain et ses colistiers ont voté le budget primitif de la commune. La Bible politique vous dicte que le non vote d’un budget par un ou des membres de la majorité signifie une dissidence immédiate, comme une partie de la gauche à Marly (7 membres) en 2019, ou dans le sens contraire implique un rapprochement prochain de l’opposition comme des membres du PCF pourtant très divisé sur Denain en 2014. « Quand sur un budget, vous validez l’essentiel et qui plus est vous obtenez satisfaction à certaines demandes, notamment sur la taxe foncière et la baisse de la fiscalité de l’énergie. Il n’est pas sérieux de voter contre », répond tout de go Eric Castelain.

Attractivité et expérience

La communication est un art consommé et la perception d’un message pour tout communicant est fondamentale. Eric Castelain fonde tout son programme sur « l’attractivité », une thématique que l’on peut décliner sur quasi tous les sujets, facile à retenir et compréhensible pour le commun des mortels. « L’attractivité sera mon fil rouge de cette campagne, qu’elle concerne l’économie, le logement, la sécurité, la propreté, voire un coup de jeune et de modernité », explique le candidat.

Sur cet item de l’attractivité, Eric Castelain veut « plus associer les élus et la population aux grands dossiers locaux. Aujourd’hui, nous avons plus une gouvernance solitaire, verticale. Je souhaite un pilotage différent des dossiers communaux avec des élu(e)s en provenance du secteur privé, du secteur public, une équipe avec des compétences dans tous les domaines ».

L’autre particularité de cette commune entre ville et campagne est son budget. En effet, la ville de Saint-Amand-les-Eaux est composée de « 17 000 habitants avec un budget d’une ville de 30 000 habitants compte tenu de la présence d’un Casino, des thermes, des eaux minérales, voire d’une grande entreprise pharmaceutique », précise Eric Castelain. D’autant plus que le Brexit en cours a recentré certains produits de GSK sur le site de Saint-Amand, pas une mauvaise affaire pour l’Amandinois.

« C’est pourquoi, si vous êtes aux responsabilités d’une ville comme Saint-Amand, il est indispensable d’avoir une certaine connaissance des dossiers, une expérience pour gérer 40 millions de budget avec une équipe compétente. D’autant plus que je ne suis un politicien professionnel et que je n’entends pas le devenir », poursuit-il.

La gestion des projets

Pour illustrer son propos : « Je vous cite trois exemples. Premièrement la Grand Place, on a fait les choses à l’envers. Certes, elle est indéniablement plus belle, mais chacun savait que ces travaux conduiraient à des découvertes patrimoniales. Tout le monde le savait, mais le maire a voulu passer en force. Résultat, ces fouilles coûtent plus d’un million d’euros d’argent public », explique Eric Castelain.

Toujours sur le centre-ville, son activité commerciale demeure complexe sur la cité thermale. « Il faut créer un nouveau flux vers les commerces, une animation, en fait remettre en route l’activité de notre centre-ville ».

Sur le pilotage de la dette « on se rappelle qu’à l’époque Eric Renaud était aux manettes avec le choix d’emprunts toxiques adossés au Franc Suisse…, coût un autre million d’euros pour se défaire de ces contrats de prêts ».

Enfin, le fameux « Palais des Seniors. Là également, on découvre après le lancement des travaux la présence d’amiante, soit ! Que va-ton en faire ? On ne sait toujours pas ! »

« Trouver une identité thermale », Eric Castelain

Bien sûr, le sujet incontournable est le développement thermal, un gisement économique même au Nord de Paris sur un périmètre de clients au delà des frontières. « Ce n’est pas ce contrat thermal signé en grande pompe avec le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, le président, Laurent Degallaix, du Pôle Métropolitain, etc. qui change quelque chose, c’est une coquille vide. Nous devons trouver une identité thermale. Trouvez-moi un panneau indicateur pour signaler que nous avons une station thermale à Saint-Amand-les-Eaux », poursuit-il. En fait, ce sujet emblématique illustre le sentiment « d’une ville qui s’essouffle », assène Eric Castelain.

« On a atteint des limites du logement social », Eric Castelain

Sur le volet du logement, la politique du peuplement de la majorité municipale agace le candidat : « L’excuse d’un projet via un bailleur social comme seul moyen de construire du logement n’est plus recevable. Sur certains sites, nous avions l’occasion, notamment sur l’Avenue Henri Durre, de passer par la promotion privée. Il faut attirer une population travaillant sur Lille ou Valenciennes avec un pouvoir fiscal grâce à une offre de logements qualitative. Ensuite, la population de cette commune vieillit, il faut une approche du logement pour le 3ème et 4ème âge. Nous manquons de solutions ».

Pourquoi pas de vidéo surveillance ?

Sur la sécurité, la proposition est limpide :  » Nous avons encore connu une vague de cambriolages récemment. Pourquoi ne pas installer de la vidéo surveillance sur Saint-Amand-les-Eaux ?, clame-t-il. Concrètement, on observe une diminution des délits dans les communes où elle est présente.

« Agir pour Saint-Amand »

Eric Castelain va emmener comme en 2014 la liste « Agir pour Saint-Amand » au sein d’un paysage politique très différent des élections en 2001, 2008, et 2014. « Cette élection est très ouverte. En 2014, la majorité sortante est élue avec 5 400 voix, mais les abstentionnistes sont proches de 5 500 voix. Je pense que beaucoup d’électrices et d’électeurs ne se déplaçaient même pas, car l’élection était jouée d’avance en faveur d’Alain Bocquet », explique-t-il

Cette fois, la division à gauche peut permettre à une candidature de droite de se frayer un chemin, rien n’est écrit d’avance contrairement aux élections antérieures.

Enfin, le constat positif est que les différents candidats en lice sont, à cette heure, dans le cadre d’une campagne d’un bon niveau, non délétère, très loin du caniveau !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 19 janvier 2020
Eric Castelain Saint-Amand-les-Eaux
Eric Castelain : « Cette élection est très ouverte »
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