A Quiévrechain, la campagne électorale commence au ralenti. Pour autant, la France Insoumise a décidé de lancer sa campagne municipale sous les couleurs affichées de son parti politique. Au sein d’une gauche divisée à Quiévrechain, elle assume son choix de présenter une liste de gauche, car cette élection sera, selon la tête de liste, politique ou ne sera pas !

Patrick Kolebacki : « L’électorat de LREM est partout et nulle part, votez contre Pierre Griner, c’est voté contre Macron »

Cette candidature sur la ville de Quiévrechain n’est pas le fruit d’un coup de menton un beau matin. Non, dès le mois de septembre, le parti de la France Insoumise a désigné ses chefs de file dans les différents territoires voire communes. « Nous avons été désignés à l’unanimité avec Françoise Colson », précise Patrick Kolebacki. Rappelons que Patrick Kolebacki a failli réaliser l’unité du PCF et de la France Insoumise aux législatives 2017, sauf que les instances nationales ont sifflé la fin de l’entente cordiale « nous aurions pu dépasser les 20% en regroupant nos forces », explique-t-il.

Pourtant, cette fois-ci, c’est bien la France Insoumise qui décide de monter sa propre liste. La raison est limpide.  » Depuis septembre, Joël Gaillet et Fernande Guisgand ont déjà tout décidé pour cette élection municipale. On ne peut pas décider à 3 (les élus de l’opposition au Conseil municipal) de tout. C’est pourquoi, je me suis émancipé de ce trio, nous avons lancé un collectif d’habitants fin 2019 afin de créer un contenu de programme. De ce collectif est issu une liste de la France insoumise pour cette élection municipale. C’est vrai, c’est un risque politique de diviser la gauche, mais les électeurs trancheront entre nos listes et laquelle finira devant l’autre « , précise Patrick Kolebacki

« C’est une hypocrisie totale cette nouvelle étiquette « sans étiquette » ! », Patrick Kolebacki

Ensuite, presque a contre courant de la valse des listes « sans étiquette » sur le Hainaut où le simple fait de faire figurer le logo d’un parti serait assorti du Coronavirus, Patrick Kolebacki revendique haut et fort la candidature d’une liste politique, baptisée « Décidez pour Quièvrechain » . « Il faut redonner des lettres de noblesse à la Politique. C’est une hypocrisie totale cette nouvelle étiquette « sans étiquette ». D’ailleurs, ces élections municipales seront très politiques. Nous avons eu des mouvements sociaux comme les Gilets Jaunes, actuellement contre la Réforme des Retraites etc. L’électorat de LREM est partout et nulle part, voter contre Pierre Griner, c’est voté contre Macron. Notre liste incarne le vote protestataire », assène le candidat de la France Insoumise.

Françoise Colson, l’autre figure de proue de cette liste précise « que nous avons des colistières et colistiers compétents impliqués dans le tissu associatif, le handicap, l’environnement etc. »

« Ce mandat dans l’opposition fut difficile », Patrick Kolebacki

La carrière de Patrick Kolebacki est déjà très riche en terme de mandat politique. Elu en 1995, 2001 et 2008 dans la majorité, puis en 2014, le tsunami Pierre Griner, un dès plus jeune élu de France, renverse l’expérimenté Michel Lefebvre. « Ce mandat dans l’opposition fut difficile. Le maire est très peu accessible par la population. Ensuite, durant la période des attentats 2015, le maire a eu certaines attitudes, voire choix, anxiogènes, alors que le message national était de continuer à vivre, ne rien céder au terrorisme sur notre mode de vie. Ensuite, nous devons renouer des partenariats sur certains sujets sans dévoiler notre programme. Enfin, il y a eu beaucoup d’effets d’annonces, notamment sur les friches industrielles où le dossier a un vécu administratif dans le temps ».

« C’est le mode de gouvernance de Valenciennes Métropole qu’il faut changer ! », Patrick Kolebacki

Sur le plan intercommunal, Patrick Kolebacki rappelle qu’en 2008, année de l’élection de Valérie Létard à la présidence de Valenciennes Métropole, « Michel Lefebvre avait présenté sa candidature contre Valérie Létard, mais le groupe du PCF ne l’avait pas suivi, notamment Joël Gaillet. C’est le mode de gouvernance de Valenciennes Métropole qu’il faut changer ! Il faut en terminer avec cette agglo de projet et respecter chaque commune. Moi élu, j’irais à Valenciennes Métropole », tance Patrick Kolebacki.

En résumé, la fin du donnant/donnant, c’est pour le moins le discours le plus en rupture de toutes les pratiques en vigueur, bonnes ou mauvaises, au sein de Valenciennes Métropole. A la question, si une vice-présidence est à la clé (avec une indemnité) « il faudra refuser et réintroduire un rapport de force politique ». C’est clair et courageux !

Au niveau de la liste, elle est bouclée (Annexe1cerfa 14997-03_-liste-conseillers-municipaux-21nov-1), et « j’ai pris un rendez-vous à la Préfecture dès le 1er jour, le 10 février à 9 heures »… Pas de doute possible, aucune alliance avant le second tour « où la porte n’est pas fermée, il y aura un désistement républicain en faveur de la liste avec le meilleur score à gauche », conclut Patrick Kolebacki.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 4 février 2020
Patrick Kolebacki Quiévrechain
Patrick Kolebacki : « Ces élections municipales seront très politiques »
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