C’est à Fresnes-sur-Escaut, il y a 300 ans, le 3 février 1720, que fut découvert pour la première fois dans la région le charbon de terre. C’est l’origine de la naissance du bassin minier du Pas-de-Calais, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 2012. Alors que l’industrie du charbon s’est arrêté en 1990 dans la région, la commune du valenciennois s’apprête à fêter le tricentenaire de la découverte de la première gaillette dans les Haut de-France. Entre le 2 février et le 10 octobre 2020, Fresnes va faire revivre le passé et vivre au rythme d’événements riches et variés, dans de nombreux lieus de la ville.

Once Upon a Time… la découverte du charbon à Fresnes-sur-Escaut

C’est sous une pluie battante que la soirée d’inauguration a commencé sur la place Barbusse au Trieu. Plus d’une centaine de personnes étaient là pour accueillir et commémorer la découverte de la première gaillette mais aussi et surtout les mineurs. D’ailleurs, des représentants de l’association Les enfants de Ledoux ont fièrement rendu hommages à leurs pères ou grands-pères mineurs.

Valérie Fornies, la maire de Fresnes-sur-Escaut, a emmené le public, nombreux, devant le monument et son discours, émouvant, s’est terminé par un recueillement en musique, au son d’un accordéon.

C’est ensuite le député, Monsieur Fabien Roussel qui a le premier prit à la parole sous la tonnelle officielle, en plaisantant sur le fait que Jacques Mathieu avait dû s’exclamer : « J’ai une sacrée veine ! » en découvrant la première veine de charbon. C’est en effet le charbon qui a façonné le paysage du nord mais surtout l’humain, les hommes. Le fait que l’or noir soit depuis 8 ans inscrit au patrimoine de l’Unesco est une juste récompense pour tout ce labeur. Les mineurs ont, selon lui, fait émerger les notions de partage, de solidarité, la lutte ouvrière aussi et s’est à eux qu’il s’est adressé : « Votre dignité, nous la ferons toujours respecter ».

Béatrice Descamps, députée du nord a également parlé avec conviction de cette découverte extraordinaire qui n’est pas simplement une découverte technique mais une découverte essentielle ou « comment un premier coup de pioche est devenu un bassin minier ».

Le président de la région n’ayant pas pu venir, c’est le vice-président Salvatore Castiglione, en charge des solidarités avec les territoires et les relations internationales qui l’a remplacé avec grand plaisir.

Aymeric Robin, le vice-président de la communauté d’agglomération de la porte du Hainaut a parlé de « Cathédrales industrielles » pour évoquer l’industrie minière, et est revenue sur les propos de Fabien Roussel pour insister sur le fait que l’ADN de notre région s’est forgé dans le charbon : la solidarité, les luttes ouvrières. Cet héritage est maintenant à faire évoluer avec tous les défis liés au durable notamment. C’est un travail à faire avec et pour les habitants, un « engagement collectif ».

Jean Marcel Grandame, le vice-président de la communauté d’agglomération de Valenciennes métropole a insisté sur le devoir de mémoire par le projet de réhabilitation des cités minières. Lui-même enfant de mineurs, il a évoqué quelques-uns de ses souvenirs avec émotion.

Jean-Pierre Kucheida, le président de l’association des communes minières, nous a donné le vertige avec ses chiffres. Le charbon : 300 ans / 350 terrils, 620 000 kilomètres de galeries souterraines, 2 milliards de tonnes d’or noir sorti de la terre et 139 m de hauteur pour un terril qui est également celui de la pyramide de Khéops.

Son discours, émouvant, est celui d’un fils et petit-fils de mineurs, tous deux atteints et morts de la silicose : « Nous leur devons tout dans le domaine social ».

Il a conclu avec vigueur: « Le charbon, c’était le pain de l’industrie, et nous devons tout aux mineurs dans le domaine social. »

Valérie Fornies a repris la parole, accompagné de Vincent Coukard, président de l’association Fresnes 1720. Ils ont évoqué la belle dynamique qui a commencé il y a déjà un an, grâce aux Ambassadeurs de la mine, les bénévoles de l’association mais aussi et surtout grâce à l’idée d’une conseillère, appuyée par l’ancien maire Mr Luc Coppin. En 2012, elle avait proposé l’idée de fêter la découverte de la première gaillette, le premier week-end de février. Depuis, c’est devenu un rituel qui va cette année, pour le tricentenaire, prendre une ampleur particulière.

Elle a parlé des festivités qui ont déjà commencé avec une journée d’avance. Des animations musicales, des expériences culinaires dans le noir, un escape mine, un feu d’artifice… ont amenés, dans la joie, jusqu’à la commémoration.

De nombreuses familles étaient au rendez-vous. Les activités proposées ont rencontré un vif succès, à tel point qu’à l’exemple de l’escape game ou de l’expérience culinaire, les organisateurs ont dû refuser du monde faute de temps et de stock. Heureusement, les personnes présentes ont pu tout de même largement profiter des autres ateliers. Le feu d’artifice et sa bande son qui retraçait l’histoire de la découverte du charbon a séduit le public présent. Les organisateurs estiment à environ 800 personnes sur l’ensemble de la journée.

  

 

 

 

 

 

Vincent Coukard a profité de l’occasion pour présenter la marque Label Mine. L’idée principale est de développer une marque à vocation plus touristique, moins institutionnelle pour en faire un vecteur de communication différent.

Elle apparaîtra logiquement sur bon nombre des supports de communication mais aussi sur les produits dérivés que les Ambassadeurs de la mine sont en train de concevoir.

Parmi les produits existants, on trouve une pâtisserie créée par Rachel Levesque, une bière blonde « la 1720 » brassée par la Brasserie d’Amblise à Crespin (tous deux servis lors de la soirée), 2 recettes de sablés conçus et fabriqués par les Ambassadeurs (les petits Sarteau (au genièvre) et les petits galibots (à la chicorée et à la vergeoise), un foulard floqué à la marque Label Mine conçu et fabriqué également par les Ambassadeurs et également une bouteille de sirop mures genièvre conçu en partenariat avec l’entreprise locale Sirops Guiot (Monin)

 

 

 

 

 

Un programme dense est prévu jusqu’à l’automne prochain : balades contées, expositions, et surtout toutes les associations de la ville et les lieus culturels qui sont sollicités, notamment le centre des arts plastiques le quARTier, le musée vivant des enfants, les centres de loisirs, le musée de la mine de Fresnes mais aussi celui de Lewarde.

 

 

 

Le programme complet des festivités est à retrouver sur www.fresnes-sur-escaut.fr

 

 

 

 

 

 

Un pot de l’amitié a enfin réuni l’assemblée, avec en fond sonore, l’harmonie de Fresnes-sur-Escaut. Valérie Fornies a parlé d’un moment « officiel mais émouvant », entre les anciens qui se souviennent et les jeunes qui apprennent. S’approprier des valeurs, du labeur, en être les passeurs. Car c’est un héritage !

Jane Huvelle

 

 

 

 

 

Publié par Jane Huvelle le 5 février 2020
Fresnes-sur-Escaut tricentenaire de la découverte de la mine
Du premier coup de pioche au bassin minier
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