L’Assemblée nationale et le Sénat étaient à la manoeuvre afin de voter la loi « d’urgence sanitaire ». Fabien Roussel, député sur le Hainaut, mais également représentant du Groupe parlementaire du PCF à l’Assemblée nationale, participait à cette séance exceptionnelle. L’Assemblée nationale à l’heure du Covid-19 avec Fabien Roussel… !

Fabien Roussel : « L’heure n’est pas à la polémique, mais à la mobilisation générale »

Dans un Etat de droit, le parlement quoi qu’il en coûte doit continuer à contrôler l’action du gouvernement, examiner, et voter le contenu des lois. Trois députés étaient autorisés à siéger par Groupe parlementaire, quel que soit sa taille, soit au total « 21 députés représentant les 577 députés », précise l’élu. En compagnie d’un député PCF de Seine Saint-Denis, et d’un autre sur Le Havre, Fabien Roussel se félicitait compte tenu « que la démocratie a pu s’exercer. L’activité du Parlement ne s’est pas interrompue malgré le Covid-19, c’est essentiel. Nous avons voté et achevé cette session à 3 heures du matin (dimanche 22 mars) ». C’est presque rassurant au bout de la chaîne, mais dans ce contexte particulier, cette situation imposait un règlement sanitaire adapté par les institutions avec des mesures barrières drastiques.

« Pas d’accès à nos bureaux, pas de collaborateurs… », Fabien Roussel

Avant d’évoquer le contenu des débats, on ne peut passer au dessus des conditions de cet exercice de la démocratie. Rappelons que 18 députés ont été déclarés positifs au Covid-19 !

Un huissier nettoie le micro…

Depuis ce jeudi 19 mars, les députés de l’Assemblée nationale ont débattu sur les articles du texte de loi instaurant « l’urgence sanitaire » dans un climat singulier. « Nous n’avions pas d’accès à nos bureaux, pas de collaborateurs présents à l’Assemblée nationale, un seul micro possible par député, pas d’imprimantes, des sacs repas, et des hôtels avaient été réservés en lieu et place de notre lit dans notre bureau », explique le député de la 20ème circonscription. Rien n’était laissé au hasard comme durant les suspensions de séance « dans une salle avec des tables disposées en cercle où nous avions les distances sanitaires requises », poursuit Fabien Roussel.

« Protéger la vie d’abord», Fabien Roussel

Pour autant, l’ambiance parlementaire était marquée d’une « volonté de travailler ensemble avec un souci de participer aux mesures, au contrôle du Gouvernement, et à ses choix. Il y a eu des désaccords sur deux mesures principalement, l’octroi des pleins pouvoirs, mais également la possibilité de procéder par ordonnance pour déroger au droit du travail. Il y avait une véritable divergence de fond entre notre Groupe parlementaire et le Gouvernement », explique la député.

Toutefois, il souligne ce débat « sans aucune volonté de faire obstruction. Nous avons seulement déposé 15 amendements, le Gouvernement a prix acte de notre opposition sur ce texte de loi (d’urgence sanitaire). L’heure n’est pas à la polémique, mais à la mobilisation générale », poursuit-il.

Ensuite, une vision de fond diffère sur la gestion de cette crise sanitaire, car « nous tardons trop à annoncer la prolongation de la durée de confinement. L’Italie (où le Covid-19 est une hécatombe) vient de valider l’arrêt de « toute activité de production » non essentielle. Nous devons faire la même chose en France afin de limiter la propagation du Coronavirus. Au contraire, Bruno Lemaire veut poursuivre l’activité industrielle dans son ensemble pour payer le moins possible de chômage partiel. J’ai eu un coup de colère dans la nuit face à Mme Pénicaud indiquant vouloir maintenir à tout prix l’activité. Non, il faut protéger la vie d’abord. Là, on tarde à prendre des mesures de protection des salariés. Nous maintenons des secteurs d’activité (comme le BTP) où les salariés peuvent répandre plus encore le virus. Il y a une véritable différence de fond entre nous et le Gouvernement sur le volet économique de cette gestion de crise », indique Fabien Roussel.

« L’Etat veut contrôler par le haut sans faire appel à la base », Fabien Roussel

Durant cette période de pandémie, le rôle du député de terrain ne s’arrête pas non plus. Sur le problème très prégnant des masques, Fabien Roussel évoque le directeur du Centre Hospitalier de Saint-Amand-les-Eaux. « Il est allé réceptionner des masques pour son établissement de santé. Il a récupéré seulement une boîte de 50 masques aux normes (pour un établissement complet), il était dévasté ! », tance le député de la 20ème circonscription.

L’heure n’est pas à la résignation, c’est pourquoi « j’ai lancé un appel, grâce aux service de la CAPH avec l’accord du Président Alain Bocquet, aux entreprises du territoire afin de fabriquer des masques. Même sans être aux normes, ils sont une mesure de protection, c’est mieux que rien. En moins d’une heure, quatre entreprises ont répondu favorablement pour fabriquer des masques en tissu. Il faut mobiliser la base », commente-t-il.

Ensuite, dans la même ligne de conduite « j’ai demandé au Préfet du Nord le cahier des charges pour fabriquer des masques aux normes. On ne le connaît même pas ! », poursuit-il.

Sur les réseaux sociaux, des initiatives ici et là se multiplient afin de fabriquer des masques ou donner leur stock existant aux normes ou pas. Preuve que la population, les entreprises, voire le tissu associatif, est prêt à donner beaucoup de temps pour l’intérêt général qui est de protéger et de vaincre ce virus par tous les moyens.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 22 mars 2020
Assemblée nationale Coronavirus Covid-19 Fabien Roussel
Fabien Roussel : « Protéger la vie d’abord face au Coronavirus »
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