Nous le savons tous, si la crise sanitaire baisse en intensité, une autre crise commence à poindre. En effet, celle de l’économie de proximité, dont les ravages seront tout aussi dévastateurs, devient de plus en plus lisible. L’Etat, les agglos, le Département, la Région, les communes, la Caisse de retraite, etc., tout le monde essaye de pondérer une crise économique gigantesque. Dans cette optique, on observe que l’impact le plus significatif frappe les TPE et PME, toute la différence entre la crise de 2008 et celle de 2020… ! (visuel restaurant le Presbytère à Millonfosse).

(Visuel Restaurant l’Epicurien à Valenciennes)

Une crise retardée par le chômage partiel ?

Parfois, il est utile de comparer les systèmes de soutien à l’économie dans les pays dits «développés ». Ainsi, nous voyons que dans les pays anglo-saxons, la Grande-Bretagne, le Canada, et plus encore les Etats-Unis le chômage explose immédiatement (environ 20 à 25% à ce stade aux USA).

Par contre, en France le système du chômage partiel, le plus généreux connu, permet de pallier à une vague de licenciement immédiat et massive. Pour autant, la question est de savoir si cette mesure coûteuse en argent public permettra de sauver des millions d’emplois ?

C’est pourquoi, une kyrielle de mesures viennent accompagner ce dispositif, soutien financier direct, report de charges, exonération etc. Dans cette ligne directrice, les autres acteurs institutionnels suivent avec des niveaux d’interventions très différents (toutes les mesures d’Etat sur https://www.economie.gouv.fr/covid19-soutien-entreprises/pret-garanti-par-letat)

Par contre, dès la communication des bénéficiaires (en terme de taille) des aides aux entreprises, on s’aperçoit que le carnage va s’opérer sur l’économie de proximité. La crise financière de 2008 est restée dans les hautes sphères, la Bourse, les carnets de commande des multinationales, mais pas votre Boulanger de proximité, votre cordonnier du coin de la rue, votre restaurant préféré, votre petite boutique où vous alliez vous (ra)habiller quand vous n’étiez pas à découvert bancaire…, c’est de cette économie les yeux dans les yeux dont nous parlons.

Si l’effet typhon pourrait se différer compte tenu d’un soutien massif des acteurs publics à tous les niveaux, l’heure des choix, quand cela sera encore possible, va intervenir après l’été. A un moment donné, l’économie privée ne pourra être exonérée de tout. C’est à cet instant que 500 000 voire 1 000 000 de chômeurs uniquement issus de l’économie de proximité supprimant, sans autre choix, un ou deux postes va payer le prix fort. La publicité, les Artisans 1er employeur de France, trop souvent mis de côté compte tenu qu’un Artisan mort économiquement n’enlève que quelques emplois, vont faire du bruit d’ici fin 2020 sur le front de l’emploi détruit.

Deux agglo en ordre de bataille

Sur le Valenciennois, les deux intercommunalités sont à la manoeuvre. D’ailleurs, Alain Bocquet, le Président de la Porte du Hainaut a livré les premiers résultats de cette 1ère vague d’aide aux entreprises.

«  881 entreprises ont déjà bénéficié des mesures de La Porte du Hainaut », précise Alain Bocquet dont vous pouvez retrouver la communication intégrale sur https://www.va-infos.fr/breve/caph-point-detape-des-dispositifs-economiques-covid-19/

Sur la Porte du Hainaut, les TPE et PME peuvent continuer à solliciter sur aideseco-covid19@caph.fr.

Concernant Valenciennes Métropole, le Bureau communautaire du 07 mai dernier a validé une batterie de mesures du même acabit que son homologue, la crise économique n’a pas de frontière administrative ! Les EPCI sont présentes dans le Valenciennois indéniablement.

Les banques au coeur de cette crise des TPE

Les banques font également partie intégrante de cette aide aux entreprises. On pourrait même dire que sans les banques, point de salut ! « Déjà plus de 20.700 entreprises et professionnels accompagnés par les banques des Hauts-de-France avec le PGE », explique le Représentant de la Fédération Bancaire Française, Comité Hauts-de-France. Sur ces 20.700 entreprises, 9 567 se situent dans le Nord avec un ratio de 89% de TPE.

Un témoin particulièrement au fait de cette situation tendue est l’expert-comptable. « Les entreprises se posent beaucoup de questions. Si le PGE est garanti par l’Etat à 90% sur 12 mois. Le prêt sur 5 ans proposé 12 mois après, si l’entreprise ne peut rembourser, est-il garanti par l’Etat ? », s’interroge un expert-comptable dans le Valenciennois.

Etat, collectivités, banques, cette aide collégiale est sine qua non, mais au bout du bout, le seul acteur indispensable au passage de cet ouragan économique est le consommateur. En clair, ce n’est pas le moment d’épargner sur votre Livret A (entre 8 et 10 milliards épargnés en avril 2020, phénoménal), mais celui de consommer au coin de votre rue si vous ne voulez pas que cela vous coûte plus cher… après, et loin de chez vous ! L’après Covid-19, c’est maintenant !!

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 18 mai 2020
Crise économique Soutien aux entreprise
Les TPE dans le tourbillon de la crise économique
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