Nous avions rencontré Samira Dulongpont en janvier 2017, quelques mois après la création de cette structure dédiée à la récupération, mais surtout au réemploi des déchets. Trois ans après ce challenge ambitieux, elle s’est enrichie d’ateliers multiples, d’une lisibilité remarquable sur le Valenciennois, de partenariats, et pourtant tout ceci pourrait s’arrêter dans quelques mois si la puissance publique ne vient au secours de la Boîte Atout. Samira Dulongpont, la fondatrice de cette association nous livre cet état des lieux en sortie de confinement.

Les visiteurs présents, Nathalie, Sylvette, Sylvie, et Larbi, avec Samira à droite de la photo)

Samira Dulongpont : « Depuis mars 2020, nous sommes classés comme RÉPAR’ACTEUR sur Valenciennes Métropole »

Dès que vous poussez la porte de ce local au débotté, rue Ferrand à Valenciennes, vous sentez qu’il y a de la vie dans ces objets recyclés, des acheteurs curieux en continu, des apporteurs spontanés de déchets, des ami(e)s toujours, on respire à plein poumons même à travers un masque, une âme transformée habite cet endroit !

Basée à sa création au 84 rue de Paris, la Boite Atout a déménagé rue Ferrand, non loin de l’association Burkina Faso. « Notre objet associatif n’a pas changé. Nous récupérons tous les déchets, et principalement grâce à des apports volontaires. Nous transformons tout ce que que nous pouvons. A ce titre, nous nous sommes ancrés très fort sur le zéro déchet. D’ailleurs, depuis mars 2020, nous sommes classés comme RÉPAR’ACTEUR sur Valenciennes Métropole », mentionne Samira Dulongpont.

Pour ce label délivré par Valenciennes Métropole, la Boite Atout a rempli 8 critères très précis comme le réemploi, la réutilisation, la réparation… de tous les déchets passant en transit avant transformation au sein de cette association.

« En 2019, nos activités ont touché près de 2 000 personnes », Samira Dulongpont

Comme toutes les activités jugées non essentielles, la Boite Atout a fermé ses portes le 17 mars. « Nous avons réouvert le mardi 12 mai dans les conditions sanitaires indispensables. Nous visiteurs s’habituent, ils comprennent qu’ils ne peuvent pas tous venir en même temps. Nous avons 45 membres dans l’association, mais notre campagne d’inscription s’est interrompue avec le Covid-19 », précise-t-elle.

Bien plus que le nombre de ses membres tenant des permanences durant cette sortie de confinement, cette association s’est imposée dans le milieu du développement durable sur une période assez courte. « En 2019, j’estime que nos activités ont touché près de 2 000 personnes », souligne Samira Dulongpont.

« On se lance des challenges », Samira Dulongpont

Dans ses actions du quotidien, la Boite Atout n’hésite pas à relever des défis improbables. « On se lance des challenges. Par exemple, avec des jeunes d’Onnaing, on s’est lancé un challenge, celui de réaliser un décor et des costumes pour une pièce de théâtre. Défi réussi, et tout a été revendu sur Onnaing au bénéfice d’une enfant malade », poursuit-elle.

Les incontournables et les nouveautés de la Boite Atout

En trois ans, cette association a installé quelques rendez-vous incontournables. Elle a rodé un atelier très prisé, le « Coin couture » où vous pouvez venir faire de la couture avec un tissu, de récupération évidemment, fourni par l’association. Par ailleurs, des partenariats se nouent au fil des rencontres comme avec l’association Fil’Ambule pour d’autres Ateliers Couture au sein de ce local très très occupé… !

La Boite Atout travaille aussi régulièrement avec le Lycée Notre-Dame et le Groupe scolaire Jean-Baptiste de Lasalle, sans oublier la récente innovation. « Nous avons lancé l’atelier Recré-Récup en novembre 2019. C’est une animation pour les jeunes de 6 à 16 ans, le mercredi et samedi à 14H30, deux fois par mois. Tout recommence en septembre si… », explique-t-elle.

Evidemment, tous ces objets transformés sont à la vente, mais la Boite Atout va chercher aussi des recettes privées extérieures. En effet, elle se positionne également sur des commandes « où par exemple, nous fournissons l’entreprise « Day by Day » en contenant de savons », ajoute-t-elle.

Voilà, cet enthousiasme débordant pourrait disparaître comme une fleur fanée, car la Boite Atout doit fait face à un Mur financier.

« Nous pouvons encore tenir deux à trois mois maximum sans subvention », Samira Dulongpont

La réalité chiffrée de l’exploitation est sans appel, même avec les aides d’Etat… « puisque nous avons perdu tous nos ateliers de mars, avril, et ceux programmés en mai, et tous les marchés des quartiers d’été, cette période est le printemps de la récupération. En effet, nous travaillons avec de nombreux CCAS, Wallers, Beuvrages, Valenciennes…. Au début, nous nous déplacions dans les communes. Aujourd’hui, nous sommes bien identifiés, elles viennent chez nous. Aujourd’hui, nos recettes sont réduites au minimum », indique-t-elle

L’association la Boite Atout a reçu une subvention de fonctionnement en 2019 par la ville de Valenciennes. « C’est une catastrophe financière, nous pouvons encore tenir deux à trois mois sans subvention, mais cela sera tout ! Nous allons réitéré cette demande en 2020, et nous espérons un retour positif », précise-t-elle.

Espérons que cet appel citoyen sera entendu… !

Plus d’infos sur cette association : https://www.facebook.com/lesfeesdesbennes/

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 21 mai 2020
La Boîte Atout Samira Dulongpont Valenciennes
La Boîte Atout en sursis à Valenciennes !
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