Depuis 15 jours face à l’évolution inquiétante des chiffres sanitaires sur le territoire, le Sous-Préfet de Valenciennes, et ses services, ont engagé une phase de concertation avec les maires, et les présidents des deux EPCI du Valenciennois. Ce jeudi marquait la fin d’une 1ère phase avec des décisions communes dans l’attente du discours du Ministre de la Santé ce jeudi 22 octobre 2020.

(Laurent Degallaix, Michel Chpilevsky, et Aymeric Robin)

Michel Chpilevsky : « Nous sommes en concertation étroite avec les collectivités locales et territoriales »

Déjà pour mémoire, il faut rappeler que la sémantique a complètement évolué depuis le vendredi 16 octobre dernier minuit. En effet, nous ne sommes plus dans une cartographie avec des zones en vigilance, en alerte, alerte renforcée, et maximale, mais dans une (nouvelle) loi avec un état d’urgence sanitaire « couvre-feu comme la MEL (à ce stade) ou un état d’urgence sanitaire simple », précise le Sous-Préfet de Valenciennes. A l’heure de diffusion de cet article, le Valenciennois est dans un état d’urgence sanitaire simple.

Plus que des mots, voire des images, les chiffres sanitaires sur ce bassin de vie sont éloquents. « Sur le taux d’incidence pour 100 000 habitants sur les 2 agglo, nous sommes passés de 90, à 100, 130, 180, 200, et aujourd’hui 317 sur La Porte du Hainaut et 348 sur Valenciennes Métropole, sachant que nous sommes à 234 au niveau national. Concernant le taux de positivité, nous sommes entre 13 et 14, alors que la moyenne nationale est entre 12 et 13 », souligne Michel Chpilevsky.

Ce chiffre a explosé en 15 jours « sans être très positif tout de même à cette époque », tempère le Sous-Préfet, mais force est de constater que la progression fut spectaculaire ! Donc, depuis ce week-end, vous avez un nouveau panel de mesures, Hors MEL, à respecter. « Nous contrôlons au bon respect des nouvelles mesures en vigueur », insiste le Sous-Préfet (arrêté ci-joint).

« Nous attendons la conférence du Ministre de la Santé (ce jeudi 22/10) afin de connaître les mesures contraignantes supplémentaires, si c’est le cas, pour notre territoire », poursuit le Sous-Préfet. Il est également probable qu’Olivier Veran parle (encore) de zones d’alerte maximale avec le passage d’autres départements en mode couvre-feu, en sus des 9 métropoles déjà impactées.

L’entente sanitaire entre les deux agglos

Ces réunions de concertation ont un triple objectif : Prendre les mesures optimales autant que fait se peut afin de freiner la propagation du virus, veiller à ne pas dégrader plus encore l’économie de proximité, et enfin prendre en compte l’impact humain où la baisse de moral des populations est le plus tangible, même supérieure au confinement ce qui pourrait être paradoxal. « Les gens sont à fleur de peau, on est passé du bien-vivre ensemble au chacun pour soi », mentionne Laurent Degallaix à juste titre.

Pour Valenciennes Métropole, Laurent Degallaix, se félicite « de la collaboration entre les 2 présidents des EPCI, Il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre nos choix. C’est très important !  Ce comportement d’élus responsables, comprenant les maires, facilite le travail du Sous-Préfet de Valenciennes. Nous avons demandé au Sous-Préfet certaines adaptations de mesures pour nos entreprises comme les bars et restaurants (dans l’éventualité d’un couvre-feu), comme la fermeture à 22H, et pas 21H ».

Sur la même longueur d’onde, Aymeric Robin, le Président de la Porte du Hainaut souligne « des maires responsables, avec le souci de bien faire, sans excès de zèle, avec la bonne gradation des mesures à prendre pour freiner le virus. Il est essentiel qu’il n’y est pas de cacophonie entre les communes et entre nos deux agglos ».

Une mesure sanitaire très contraignante aujourd’hui, salvatrice pour demain ?

Bien sûr, les décisions liées à une commune sont multiples, elles s’imposent parfois comme dans le nouvel arrêté de ce week-end, mais elles se décident également au niveau des maires. « C’est pourquoi, nous avons pris des décisions communes. Pas de voeux 2021 dans les 82 communes, pas d’arbre de Noël, pas de marchés de Noël traditionnels tels que nous le connaissons. Il faut se réinventer même si nous savons que des mesures sanitaires plus contraignantes peuvent arriver. Il faut adopter un principe d’équité », indique Laurent Degallaix.

« Il faut éviter des différentes pratiques dans les communes durant cette période. Cela amènerait un déficit de lisibilité dans le message, un déport d’une commune à l’autre. Ensuite, nous devons activer les meilleures mesures pour entrer en résistance active face au virus Covid-19. Je veux souligner la qualité du dialogue entre les services de la Sous-Préfecture, l’ARS, et les collectivités », indique Aymeric Robin.

En toute logique, le Sous-Préfet de Valenciennes préfère cette entente cordiale plutôt qu’une guerre des clochers. « Je me félicite de cette harmonisation. J’ai trouvé des élus à l’écoute durant les 4 réunions, dont celle du jour en 2 fois (CAVM et CAPH). D’ailleurs, les élus sont tous venus (très édifiant) », indique Michel Chpilevsky.

Néanmoins, tout cela pourrait être balayé par une aggravation de cette deuxième vague au moment où le Gouvernement annonce que la loi d’urgence sanitaire pourrait être reconduite jusque mi-février.

« Des réunions utiles », Michel Chpilevsky

Toutefois, cette période singulière « a permis, quel que soit la suite et mesures sanitaires, de renforcer la concertation avec les collectivités locales et territoriales. Ce furent des réunions utiles », conclut Michel Chpilevsky. Certes, on ne perd jamais son temps dans l’échange, mais faut-il encore en avoir… du temps face à ce virus galopant !

En clair, outre les mesures annoncées dès demain par Olivier Véran, rien n’est à exclure d’ici la fin de l’année… !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 21 octobre 2020
Aymeric Robin Laurent Degallaix Michel Chpilevsky
Emballement du Covid-19 dans le Valenciennois
Facebook Twitter Linkedin
Print Friendly, PDF & Email